Webinaire "On envisage des travaux dans notre lieu : par où commencer ?"
Ce webinaire a eu lieu le 12 mai 2025, dans le cadre du SAV des tiers-lieux (par La Compagnie des Tiers-Lieux).
Intervenant : Damien Grava (Les Saprophytes).
Animateurices : Séverine Giret et Louis Michel (Compagnie des tiers-lieux)
Présentation de Damien Grava[modifier | modifier le wikicode]
Louis Michel est investi sur les sujets fonciers et immobiliers liés aux tiers-lieux à la Compagnie. Urbaniste de formation, il a acquis une expérience en maîtrise d’ouvrage, principalement dans des projets de réhabilitation de bâtiments (pas spécifiquement de tiers-lieux).
Damien Grava est architecte et cofondateur de la coopérative Les Saprophytes, une coopérative située à Hellemmes, Lille. Cette SCOP d'architecture et de paysage a été crée il y a 18 ans maintenant. Elle travaille essentiellement sur des projets qui créent des communs. L’équipe intervient sur des projets variés, allant de l’aménagement d’espaces publics à des réalisations architecturales, avec une spécialisation marquée dans les tiers-lieux et l’habitat participatif. Une attention particulière est portée à la transformation d’espaces publics en espaces véritablement communs.
Les projets sont majoritairement menés en collaboration avec des collectivités territoriales, mais peuvent également impliquer des associations ou des collectifs d’habitants.
Parallèlement à ces missions d’accompagnement, l’équipe porte également ses propres projets dans le quartier de l’Épeule à Roubaix (aussi appelé "LM"). Plusieurs initiatives y sont développées autour de la notion de communs :
- un projet de "quartier comestible" dans une zone de grands ensembles, avec la plantation d’arbres fruitiers et la création de potagers collectifs ;
- la PEP'S (Pépinière Éphémère de Proximité), un projet de pépinière de quartier fondé sur le végétal partagé, la greffe, le bouturage et la transmission d’histoires locales à travers les espèces cultivées ;
- la réhabilitation de l’ancienne chaufferie d’unefilature, transformée en tiers-lieu. Ce lieu accueille aujourd’hui à la fois les bureaux de l’équipe et un espace collectif au rez-de-chaussée, dédié à des expositions, cantines, conférences et projections, en lien avec les enjeux de résilience urbaine.
L'implication des futurs usagers dans le futur lieu[modifier | modifier le wikicode]
Une des spécificités de la démarche consiste à associer étroitement la maîtrise d’usage — c’est-à-dire les futurs usagers des lieux — à toutes les étapes du projet : définition du programme, construction du récit partagé, élaboration de l’esquisse et organisation de chantiers participatifs.
Cette approche repose sur la conviction que la question des communs constitue un levier essentiel de la transition écologique.
Il faut absolument impliquer les habitants, les usagers dans ces projets pour qu'ils s'en emparent et qu'il y ait une vraie dynamique collective de transition. La méthodologie des Saprophytes consiste à impliquer un maximum cette maîtrise d'usage. Elle suppose une implication active des habitants dans l’aménagement de leur territoire, que ce soit à travers la biorégion, la résilience urbaine ou encore la production agricole locale. En favorisant cette participation, les porteurs de projet s’approprient les usages futurs des lieux et deviennent pleinement investis dans leur gestion à long terme.
Exemple : un projet de tiers-lieu dans les Ardennes, où la maîtrise d’ouvrage est assurée par la commune de Poitéron, tandis que la maîtrise d’usage revient au porteur de projet tiers (pour qui la mairie réhabilite le bâtiment). Bien que ce dernier ne soit pas légalement décisionnaire, il est intégré dès les premières phases afin de garantir une cohérence entre les usages imaginés et la gestion future du lieu.
Les Saprophytes organisent aussi chantiers participatifs, considérés comme un outil privilégié pour favoriser l’appropriation collective des lieux. Cette implication est bénéfique tant pour les maîtrises d’ouvrage, qui responsabilisent les acteurs locaux, que pour les usagers, qui deviennent co-gestionnaires des espaces créés ou transformés.
Le projet de la Chaufferie[modifier | modifier le wikicode]
Voir histoire et genèse du projet sur la page Movilab de La Chaufferie
La réhabilitation de l’ancienne chaufferie d’une filature, initiée en 2017, a été menée selon une double maîtrise d’ouvrage et d’usage par le collectif porteur du projet. Le bâtiment, initialement vide, a fait l’objet d’une conception architecturale sobre, consistant principalement en la création de deux niveaux intérieurs en structure bois.
Une des particularités de cette réhabilitation réside dans l’organisation d’un chantier participatif d’envergure, mené sur une année complète. La structure bois a été confiée à deux charpentières professionnelles, chargées de garantir la solidité de l’ouvrage ainsi que la couverture assurantielle (responsabilité décennale). Celles-ci ont encadré une vingtaine de bénévoles, formés en début de chantier, qui ont activement participé à la construction de l’ossature. En parallèle, une trentaine d'autres bénévoles sont intervenus sur l’aménagement intérieur, portant à environ cinquante le nombre total de participants volontaires au chantier.
Les profils des bénévoles étaient variés : étudiants en architecture ayant découvert une vocation pour les métiers du bois (certains sont par la suite devenus charpentiers ou ont intégré les Compagnons du Devoir), retraités, personnes en situation de réinsertion professionnelle, ou habitants désireux d’acquérir des compétences techniques pour des projets personnels. Ce chantier a permis non seulement de réduire les coûts de construction, mais aussi de favoriser des parcours d’apprentissage et de remobilisation autour des métiers du bâtiment.
Sur le plan technique, la rénovation a été conduite dans une démarche écologique : utilisation de matériaux biosourcés tels que le chanvre pour l’isolation, recours à la chaux, ainsi que des matériaux de réemploi. Le choix de techniques perspirantes et saines s’inscrivait dans une volonté de limiter l’impact environnemental tout en garantissant la qualité sanitaire des espaces.
Conseils aux porteurs de projet de tiers-lieux en vue d'une réhabilitation[modifier | modifier le wikicode]
"Et là, imaginons que je sois un porteur de projet ou un collectif de tiers-lieu, qu'il ne soit pas forcément expert, en tout cas qu'il soit plutôt profane, donc qu'il ne soit pas un architecte ou un quelqu'un du bâtiment qui ne soit pas vraiment qualifié. On a récupéré un lieu, on a la maîtrise. Donc, avoir la maîtrise de son lieu, c'est un autre sujet qui fera l'objet peut-être d'un autre SAV.
Mais là, donc, j'ai la maîtrise et j'ai des travaux à faire, plutôt des travaux un peu lourds, des travaux de réhab, de rénovation importante. Je ne sais pas vraiment par quoi commencer, en fait. Du coup, ce serait quoi tes premiers conseils comme ça ? Peut-être les petits points de vigilance sur lesquels il faut faire attention."
La réhabilitation d’un bâtiment dans une logique de tiers-lieu ou d’espace à vocation collective suppose une série d’étapes techniques, juridiques et organisationnelles, ainsi que la mobilisation de professionnels spécialisés.
0. Clarification du portage juridique et financier[modifier | modifier le wikicode]
Il est indispensable de clarifier les droits réels et les responsabilités sur le bâtiment :
- Le collectif est-il propriétaire du bâtiment ou titulaire d’un bail de longue durée ?
- Est-il en mesure de réaliser des travaux lourds ?
- Qui finance les travaux ?
Ces éléments conditionnent le degré d’autonomie du collectif et orientent les premières démarches à effectuer.
1. Diagnostic initial[modifier | modifier le wikicode]
Avant d’envisager les travaux, il faut évaluer l’état sanitaire du bâtiment. Cela implique de vérifier s’il est structurellement sain, s’il nécessite une simple reconfiguration intérieure ou des interventions plus lourdes (réfection de la toiture, remplacement des menuiseries, amélioration de l’isolation, etc.).
Dans le cas d’une réhabilitation, les exigences réglementaires diffèrent de celles d’une construction neuve : seuls les éléments modifiés doivent respecter la réglementation thermique en vigueur. Par exemple, en cas de remplacement de fenêtres, celles-ci doivent répondre aux normes actuelles, mais le bâtiment dans son ensemble n’a pas à atteindre une performance énergétique globale.
2. Recours à un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO)[modifier | modifier le wikicode]
Un assistant à maîtrise d’ouvrage peut être sollicité dès les premières phases du projet. Ce professionnel aide les porteurs de projet à :
- définir leurs responsabilités et contraintes ;
- formuler un programme fonctionnel ;
- estimer les coûts de l’opération ;
- identifier les profils d’architectes adaptés ;
- suivre l’ensemble du processus, de la conception à la réalisation.
L’AMO n’intervient pas sur l’usage du lieu, mais accompagne le maître d’ouvrage sur les volets techniques, réglementaires, contractuels et financiers.
3. Choix de l’architecte[modifier | modifier le wikicode]
L’architecte est un acteur central du projet. Son choix dépend de plusieurs critères :
- affinités avec des matériaux écologiques ou des démarches participatives ;
- style architectural (contemporain, vernaculaire, etc.) ;
- connaissance du territoire et du tissu d’entreprises locales ;
- capacité à constituer une équipe pluridisciplinaire (économistes, ingénieur·es, paysagistes, etc.).
L’architecte travaille généralement en groupement avec d'autres spécialistes. Ce groupement, appelé équipe de maîtrise d’œuvre, est coordonné par l’architecte, qui en est le mandataire.
4. Études préalables et conception[modifier | modifier le wikicode]
L’architecte débute par un diagnostic architectural et technique du bâtiment. Il fait appel à des bureaux d’études spécialisés (structures, thermiques, etc.) pour vérifier la faisabilité des transformations envisagées.
Le processus de conception se décompose en plusieurs phases :
- Esquisse (ESQ) : premières intentions architecturales, analyse des usages et surfaces nécessaires.
- Avant-projet (APS/APD) : consolidation des choix techniques, esthétiques et budgétaires.
- Permis de construire : dépôt du dossier si nécessaire.
- Projet (PRO) : plans détaillés, documents techniques et descriptifs nécessaires pour la consultation des entreprises.
Un économiste de la construction peut être mobilisé pour estimer précisément les coûts.
5. Consultation des entreprises[modifier | modifier le wikicode]
À partir des documents produits, des appels d’offres sont lancés. Les entreprises sont invitées à répondre avec :
- un devis détaillé (quantitatif et estimatif) ;
- une note technique décrivant les méthodes et matériaux prévus.
Des critères complémentaires peuvent être définis par la maîtrise d’ouvrage (provenance des matériaux, insertion locale, délais, etc.).
6. Préparation et suivi du chantier[modifier | modifier le wikicode]
Une fois les entreprises sélectionnées, une phase de préparation du chantier est engagée (1 à 2 mois). Le chantier peut alors démarrer, sous la coordination de l’architecte mandataire. Celui-ci assure la bonne exécution des travaux, le respect du budget, du calendrier et du programme défini.
Conseils aux porteurs de projet de tiers-lieux en vue d'un réaménagement[modifier | modifier le wikicode]
" Je vais jouer un autre rôle. Je suis toujours un collectif de tiers-lieu, on va dire une association qui fait de l'animation, qui a beaucoup d'activités.
J'occupe un local depuis déjà quelques années, et là, mes activités, elles commencent à se diversifier, elles ont pris un peu d'ampleur, et je vais être amené à accueillir de plus en plus de public. En conséquence, je vais faire des travaux, plutôt des travaux de réaménagement de mon lieu, et je m'interroge sur ce qu'il faut faire, notamment pour pouvoir recevoir du public. Par rapport à ce qu'on se disait avant, est-ce qu'il y a des choses qui changent ? Est-ce que, je fais appel aux mêmes interlocuteurs, est-ce qu'il y a des trucs qui sont plus ou moins assouplis, etc. Donc, dans ce deuxième scénario, qui peut souvent arriver dans notre écosystème des tiers-lieu, qu'est-ce que tu pourrais suggérer, et qu'est-ce qui change surtout par rapport à ce qu'on s'est dit avant, qui était déjà très complet ?"
Dans le cadre du développement de ses activités, une structure occupant un local depuis plusieurs années — comme une association gérant un tiers-lieu — peut être amenée à envisager des travaux de réaménagement afin d’adapter les espaces à une fréquentation croissante. Ce type d’évolution implique plusieurs questionnements, notamment en ce qui concerne la conformité du lieu aux normes d’accessibilité et de sécurité incendie, ainsi que les démarches administratives à anticiper.
1. Nature des travaux et obligations réglementaires[modifier | modifier le wikicode]
Lorsque les travaux envisagés portent uniquement sur des réaménagements intérieurs (reconfiguration d'espaces, cloisonnements, création de sanitaires, etc.), sans modification de façade ni extension, il n’est pas nécessaire de déposer un permis de construire. Toutefois, si le lieu est destiné à accueillir du public, il devient de facto un Établissement Recevant du Public (ERP), ce qui implique certaines obligations :
- Respect des normes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (PMR)
- Respect des règles de sécurité incendie
- Dépôt d’une déclaration de travaux en mairie, accompagnée d’un dossier de mise en conformité ERP (soumis à l’examen de la commission de sécurité et de la commission d’accessibilité)
2. Faut-il faire appel à un architecte ou à un maître d’œuvre ?[modifier | modifier le wikicode]
Deux métiers sont à distinguer :
- L’architecte est habilité à concevoir les aménagements et à déposer des permis de construire (obligatoire dès que la surface créée ou modifiée dépasse 150 m² pour une personne morale). Il peut aussi accompagner le projet jusqu’à la phase chantier et au suivi des normes ERP. Il est également apte à produire les documents techniques à joindre au dossier de déclaration de travaux.
- Le maître d’œuvre (non obligatoirement architecte) intervient principalement pour organiser et coordonner le chantier. Il peut être sollicité en complément ou à la place d’un architecte, surtout lorsqu’il s’agit uniquement de réaménagements intérieurs sans changement de structure ni besoin de permis.
Certains architectes assurent également la mission de maîtrise d’œuvre, tandis que d’autres s’arrêtent à la phase de conception et de dépôt de permis. Il convient donc de bien clarifier les missions confiées à chacun.
3. Coordination des entreprises et organisation du chantier[modifier | modifier le wikicode]
Dès que plusieurs corps de métier interviennent (électricité, plomberie, menuiserie, etc.), la coordination devient une tâche complexe nécessitant un pilotage. C’est le rôle du maître d’œuvre, qui s’assure :
- du bon phasage des interventions (électricité avant finitions, etc.) ;
- de la cohérence technique entre les travaux ;
- du respect du planning et du budget.
Dans les petits projets, les artisans (électricien, plombier, etc.) peuvent parfois réaliser eux-mêmes leurs plans. Toutefois, si les installations deviennent plus complexes, un bureau d’études techniques (fluide, thermique, etc.) peut être mobilisé pour clarifier les données et faciliter les devis.
4. Mise en conformité ERP : acteurs et documents[modifier | modifier le wikicode]
Le maître d’ouvrage, c’est-à-dire la structure porteuse du projet (ex. : association gestionnaire du tiers-lieu), est légalement responsable du respect des normes ERP. L’accompagnement d’un architecte est fortement recommandé, même lorsqu’il n’est pas juridiquement obligatoire, pour :
- anticiper les besoins d’accessibilité (rampe, WC PMR, signalétique, etc.) ;
- vérifier les obligations liées à la sécurité incendie (issues de secours, désenfumage, matériaux, etc.) ;
- préparer les documents à déposer auprès des services instructeurs de la commune, de la DREAL (accessibilité) et du SDIS/pompiers (sécurité incendie).
Il est important de noter que des travaux de mise en accessibilité peuvent être structurellement importants (création d’une rampe, modification d’une issue de secours, etc.).
Travaux, ERP et contractualisation : les enjeux juridiques à anticiper[modifier | modifier le wikicode]
Quand on envisage des travaux dans un tiers-lieu ou un bâtiment occupé à titre temporaire ou pérenne (bail, convention, occupation précaire…), il est essentiel de clarifier les droits réels sur le bien immobilier. Ces éléments ne relèvent pas uniquement du technique : le cadre juridique et économique doit être analysé en amont, car il conditionne ce qu’il est possible de faire.
1. A-t-on le droit de faire les travaux ?[modifier | modifier le wikicode]
Avant même de parler d’esquisse ou de plan, la première question à poser est : suis-je autorisé à engager des travaux sur ce bâtiment ?
Cela dépend du titre d’occupation (voir types de baux sur la boîte à outils foncier et immobilier des tiers-lieux) :
- Propriétaire : vous avez la pleine maîtrise des travaux.
- Bail classique ou bail professionnel : il faut vérifier les clauses liées à l’autorisation de travaux, à l’accession des améliorations au bailleur et à la restitution du bien.
- Bail emphytéotique : vous avez des droits étendus, mais attention à bien formaliser les responsabilités liées aux gros travaux et à leur entretien.
- Convention d’occupation précaire ou mise à disposition : ce sont les cas les plus fragiles ; les travaux sont souvent interdits ou doivent être réversibles, sauf accord explicite et bien encadré.
Sans autorisation écrite explicite, vous pourriez être tenu·e de restituer les lieux dans leur état d’origine. Ce qui peut représenter un coût énorme… et anéantir vos investissements.
2. Les clauses critiques à vérifier ou à négocier[modifier | modifier le wikicode]
Même quand le bail ou la convention prévoit la possibilité de faire des travaux, plusieurs points doivent faire l’objet d’une attention particulière dans la rédaction ou l’analyse du contrat :
- Qui finance les travaux ?
- À qui appartiennent les aménagements une fois réalisés ? (accession automatique au bailleur ? propriété du preneur ?)
- Qui assure l’entretien et la maintenance ?
- Quid des responsabilités en cas de sinistre ou de malfaçon ?
- Existe-t-il une obligation de remise en état à la fin du bail ?
Faire appel à un·e expert·e juridique ou un AMO spécialisé permet d’éviter des erreurs aux conséquences lourdes et de poser un cadre équilibré avec le bailleur.
3. Les rôles de l’architecte, de l’AMO et des autres intervenants[modifier | modifier le wikicode]
L’architecte est garant de la cohérence du projet, mais il n’est pas responsable de la sécurisation juridique du montage foncier et contractuel. Il peut vous alerter sur certaines incohérences, mais ne peut pas endosser le rôle de conseil juridique.
L’AMO (assistant à maîtrise d’ouvrage) peut, selon son profil, vous accompagner :
- sur la programmation des espaces et les usages,
- sur la coordination du projet architectural, technique et budgétaire,
- ou encore sur les aspects juridiques et fonciers (AMO juridique ou AMO montages complexes).
Certains AMO ont des profils d’urbanistes, d’autres viennent de la maîtrise d’œuvre ou du droit immobilier. Il est crucial de choisir le bon profil en fonction de vos besoins.
Conseil pratique : Avant de déposer un permis de construire ou de lancer un chantier, il faut valider juridiquement la capacité à faire ces travaux, et préciser par écrit les responsabilités et obligations dans un document contractuel sécurisé.
Accessibilité des ERP : obligations, dérogations possibles et conseils pratiques[modifier | modifier le wikicode]
Dans le cadre d’un projet de réaménagement ou de réhabilitation d’un lieu destiné à accueillir du public — comme un tiers-lieu associatif, un espace culturel ou un local d’animation — il est essentiel de s’assurer que le bâtiment respecte les normes accessibilité et sécurité incendie, applicables aux établissements recevant du public (ERP).
1. L’accessibilité : au-delà des rampes PMR[modifier | modifier le wikicode]
Un ERP doit être accessible à toutes les personnes en situation de handicap, et pas uniquement aux personnes à mobilité réduite (PMR). Cela comprend également les personnes souffrant de handicaps visuels, auditifs, cognitifs, etc. En conséquence, le projet devra intégrer :
- des rampes ou ascenseurs pour l’accessibilité physique,
- des cheminements adaptés (revêtements, pentes, largeurs),
- une signalétique lisible et contrastée,
- des dispositifs d’alerte sonore et visuelle,
- des équipements accessibles (sanitaires, guichets, etc.).
2. Cas des bâtiments existants : possibilité de dérogation[modifier | modifier le wikicode]
Dans le cas d’un bâtiment ancien ou difficile à adapter (par exemple si l’entrée est surélevée par rapport à la voirie), des dérogations aux normes d’accessibilité peuvent être sollicitées. Elles sont acceptées au cas par cas, et doivent être justifiées techniquement ou économiquement. La demande de dérogation doit être formalisée dans le dossier d’autorisation de travaux (DAT) déposé en mairie.
3. Qui consulter ? Des démarches à anticiper[modifier | modifier le wikicode]
Il est fortement recommandé de prendre contact en amont avec les services qui instruisent les dossiers :
- le service urbanisme de la mairie, qui examine les demandes d’autorisations d’urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable),
- le référent accessibilité (souvent en DDT(M) ou à la DREAL selon les départements),
- le service de prévention des pompiers (SDIS) pour les normes de sécurité incendie.
Ces échanges permettent d’ajuster le projet avant le dépôt officiel et d’éviter des refus liés à des points bloquants. Il arrive en effet que des projets soient rejetés pour des motifs mineurs mais réglementairement incontournables (absence de largeur suffisante d’un dégagement, oubli d’une porte de secours, etc.).
4. Catégories et types d’ERP : quelles conséquences ?[modifier | modifier le wikicode]
Les établissements recevant du public sont classés à la fois :
- par catégorie, en fonction du nombre de personnes accueillies (de 5 pour les plus petits, à 1 pour les plus grands comme les stades),
- par type, en fonction de la nature des activités : chaque type est associé à un régime spécifique de règles (évacuation, équipements de sécurité, nombre et dimension des sorties, etc.).
Ainsi, un tiers-lieu qui accueille ponctuellement du public ne sera pas soumis aux mêmes exigences qu’une salle de spectacle professionnelle recevant plus de 300 personnes de manière régulière. Il est donc indispensable d’identifier la catégorie et le type d’ERP visé dès la phase de conception, afin d’adapter le projet aux exigences correspondantes.
Voir ressources Movilab dédiées aux ERP et ERP
Chantier participatif & assurance : comment sécuriser la participation bénévole ?[modifier | modifier le wikicode]
1. Une règle de base : un chantier, ce n’est pas un lieu ouvert au public[modifier | modifier le wikicode]
Sur un chantier professionnel (notamment en marché public ou en ERP), seules les personnes habilitées, formées et assurées peuvent intervenir. L’entrée de personnes extérieures ou non professionnelles est strictement encadrée — voire interdite — pour des raisons de sécurité, de responsabilité et d’assurance.
Conclusion : il est interdit d’inviter des bénévoles à intervenir sur un chantier en cours sauf à créer un cadre spécifique dédié à la participation, clairement séparé du chantier principal.
2. Cas pratique : comment intégrer des chantiers participatifs[modifier | modifier le wikicode]
Pour permettre la participation de bénévoles, plusieurs stratégies existent :
- Créer un chantier participatif séparé dans l’espace : ➤ Ex. : sur le projet de Potéron, le gros chantier de réhabilitation était réservé aux professionnels, mais un préau-guinguette a été construit à l’extérieur, dans un cadre distinct, conçu pour accueillir des bénévoles.
- Créer un chantier participatif séparé dans le temps : ➤ En programmant les temps bénévoles en dehors des phases de travaux professionnels (avant ou après le gros œuvre par exemple).
- Isoler les lots non structurels ou non soumis à garantie : ➤ Peinture, mobiliers, finitions, cloisons non porteuses, etc., peuvent parfois être confiés à des bénévoles, à condition que ce soit bien séparé du reste.
3. Assurer les bénévoles : comment faire ?[modifier | modifier le wikicode]
Il faut absolument que les bénévoles soient assurés, car en cas d’accident corporel ou de dégât matériel, la responsabilité civile de l’organisateur du chantier peut être engagée.
Il existe deux options principales :
- Via une association organisatrice : Si le chantier est organisé par une association, l’assurance responsabilité civile de l’association peut couvrir les bénévoles (sous réserve de déclaration préalable et de garanties adaptées dans le contrat). ➤ Attention : toutes les assurances n’intègrent pas automatiquement les risques liés aux chantiers → il faut vérifier les garanties.
- Via une structure professionnelle porteuse du chantier : Une SCOP ou coopérative peut être l'organisatrice du chantier, et couvrir les bénévoles spécifiquement pour cette activité. ➤ C’est ce qu’a fait Damien dans le cadre du projet de la Chaufferie.
Mais attention : même si les bénévoles sont assurés, les ouvrages réalisés par des bénévoles ne sont pas assurables au titre de la garantie décennale.
4. Et la question des assurances des travaux ?[modifier | modifier le wikicode]
- Toute structure (association ou autre) qui porte des travaux dans le cadre d’un ERP ou d’un bâtiment recevant du public doit veiller à respecter les règles d’assurance construction (garantie décennale, dommages-ouvrage, etc.).
- Les éléments réalisés par des bénévoles (charpente, aménagements structurels…) ne peuvent pas être couverts par une assurance décennale, sauf s’ils sont encadrés par un professionnel assuré qui engage sa responsabilité (ex. : une charpentière qui forme et supervise les bénévoles).
C’est pourquoi, sur certains projets, le maître d’ouvrage choisit de confier les parties structurelles à un professionnel, qui accepte d’y intégrer des bénévoles formés et encadrés, ce qui permet de faire une part de participatif tout en maintenant une assurance.
Il faut adapter le choix des matériaux au fait que ce soit un chantier participatif : éviter les travaux en hauteur, avec beaucoup d'outillage...etc. Par exemple, la terre crue se prête très bien au chantier participatif.
Il est suggéré aux collectifs intéressés de se rapprocher de la FEDAC (Fédération des Autoconstructeurs), qui travaille activement sur ces sujets, notamment pour faire évoluer les pratiques et proposer un cadre assuranciel plus adapté :
5. Et le bureau de contrôle dans tout ça ?[modifier | modifier le wikicode]
- Sur certains projets (ERP, marché public, etc.), un bureau de contrôle est obligatoire.
- Son rôle est de vérifier la conformité aux normes (incendie, accessibilité, structure…).
- Il peut refuser de valider des éléments construits par des bénévoles s’ils ne répondent pas aux normes ou ne sont pas assurés.
Il est important de mobiliser bureau de contrôle en amont.
