S'acculturer : un espace de fabrication, c'est quoi ?
Avant de se lancer, il est utile de bien comprendre ce que sont les fablabs, makerspaces, espaces du faire ou encore la fabrication distribuée.
Cette page rassemble les principales définitions, retrace l'origine du mouvement et propose des ressources pour s'acculturer à cet écosystème.
Définitions[modifier | modifier le wikicode]
C'est quoi la fabrication distribuée ?[modifier | modifier le wikicode]
La fabrication distribuée est un mode de production décentralisé rendu possible par le déploiement d’Internet. Elle repose sur la mise en commun de compétences, de moyens de production à taille humaine, dans le but de concevoir, fabriquer et distribuer d’artefacts, de produits, d’éléments d’architecture au plus proche des besoins. La dynamique singulière de ce réseau repose sur la grande variété de ses acteurs et de leurs savoir-faire, leurs connaissances, allant des citoyen.ne.s équipé.e.s d’imprimantes 3D, aux Espaces du Faire en passant par les TPE, les PME et parfois les Grands Groupes, entre micro et macro factory, au travers des productions locales globalement connectées qui unissent artisanat et industrie. C'est une des solutions pour arriver à une économie circulaire, collaborative et durable dans le domaine de la production/consommation.
Concrètement, la fabrication distribuée s’appuie sur les Espaces du Faire et leurs FabTerritoires pour concevoir, fabriquer, documenter et distribuer des objets où les fichiers circulent, s’adaptent et se fork. Sur le principe de partage temps-financier, le.la futur·e client·e est invité à télécharger et adapter des fichiers en design ouvert avec notice de montage (commercial ou gratuit), récupérer un kit complet (matière, notice de montage, fichier) ou directement acheter l’objet à un·e acteur·rice du Faire en local tout en ayant la possibilité de l’adapter (conception, matière, personnalisation...).
La Fabrication Distribuée renforce les modèles économiques des Espaces du Faire. Elle n’a pas encore de définitions précises, il en existe de nombreuses et nous proposons de l’expérimenter encore avant de peut-être la définir précisément. Les infos sur la page du GT fabrication distribuée
- Fablab - Laboratoire de fabrication : Espace ouvert de création et de prototypage d’objets Description: Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non.
Les lieux de la fabrication[modifier | modifier le wikicode]
- Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, "intelligents" ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle…
Le concept de FabLab a été défini en 2004 par Neil Gershenfeld, directeur du Center for Bits and Atoms, au sein du MIT (Massachussets Institute of Technology).
Un fablab "type" regroupe un ensemble de machines à commande numérique de niveau professionnel, mais standards et peu coûteuses : une machine à découpe laser capable de produire des structure en 2D et 3D, une machine à sérigraphie qui fabrique des antennes et des circuits flexibles, une fraiseuse à haute résolution pour fabriquer des circuits imprimés et des moules, une autre plus importante pour créer des pièces volumineuses. On y trouve également des composants électroniques standards, ainsi que des outils de programmation associés à des microcontrôleurs ouverts, peu coûteux et performants. L’ensemble de ces dispositifs est contrôlé à l’aide de logiciels communs de conception et fabrication assistés par ordinateur. D’autres équipements plus avancés, tels que des imprimantes 3D, peuvent également équiper certains fablab.
Les différents Fab Labs dans le monde combinent tous, de manières différentes, cinq fonctions correspondant à cinq publics : la simple découverte du pouvoir de faire, de fabriquer, qui s’adresse aux enfants ou aux bricoleurs ; l’éducation par l’action, qui s’adresse aux écoles et universités ; le prototypage rapide, qui s’adresse aux entrepreneurs et créateurs ; la production locale, qui répond notamment aux besoins de pays en développement, mais aussi à ceux d’artistes, designers ou bricoleurs qui ne cherchent pas la grande série ; et l’innovation, l’invention des objets, des espaces, des formes de demain.
Source : FabLab
- Un fab lab ou fablab (contraction de l'anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication ») est un tiers-lieu de type makerspace cadré par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et la FabFoundation en proposant un inventaire minimal permettant la création des principaux projets fab labs, un ensemble de logiciels et solutions libre et open source, les Fab Modules, et une charte de gouvernance, la Fab Charter.
Pour être identifié en tant que fab lab par la FabFoundation, il faut passer par plusieurs étapes de certification. Les personnes intéressées peuvent également suivre une formation à la Fab Academy, qui donne des cours sur la fabrication numérique et les technologies associées.
Les fab labs forment un réseau mondial dynamique de fabrication numérique, composé de plus de 2 000 laboratoires à travers le monde, dont la mission principale est de démocratiser les processus de fabrication manufacturiers. Initié par Neil Gershenfeld, ce réseau permet aux créateurs de partager des connaissances et des projets à une échelle globale, favorisant ainsi l'innovation collaborative.
Le logo des fab labs est composé de trois couleurs, chacune ayant une signification spécifique : vert pour le modèle commercial et économique ; bleu pour l'impact social et la durabilité ; rouge pour la recherche et l'éducation.
Source : Wikipédia
- Les hackespace : Un HackerSpace est donc un espace dédié à des ateliers spécifiques, autour d’un outil ou d’un projet numérique, qui rassemblent des groupes de passionnés, souvent issus d'associations locales. En mode coworking ou travail collaboratif, les catégories apprenant et guide explorateur n'y sont pas figés, et chacun assume tour à tour les deux rôles dans l’esprit « école mutuelle ».
- Les repair cafés : Les Repair Cafés sont le lieu où l’on répare ensemble vêtements, appareils électriques et électroniques, vélos, jouets, informatique, … Des bénévoles aident des participants à réparer leur objet en panne ou cassé. Beaucoup d’objets que nous jetons ne demandent qu’une réparation basique pour être à nouveau parfaitement utilisables, mais la plupart des gens ne le font pas, faute de compétences ou d’outils.
- Les ateliers partagés : Les ateliers partagés permettent la mise en commun d'espaces et de matériels servant à la création et la fabrication. Ils permettent la mise en commun d'espaces et de matériels servant à la création et la fabrication. Dans ces lieux, nous retrouvons des artistes et artisans œuvrant dans les métiers manuels, artistiques et numériques.
S'acculturer au sujet de la fabrication[modifier | modifier le wikicode]
Open design. Fabrication numérique et mouvement maker[modifier | modifier le wikicode]
"Camille Bosqué fait partie des premiers chercheurs français à orienter les projecteurs de l’investigation scientifique vers les activités hébergées dans des espaces aux appellations variées – fablab, makerspace, hackerspace, hacklab, techshop, fabrique de territoire, manufacture de proximité – dont l’essaimage sur la planète ne cesse de croître encore aujourd’hui.
Dès 2012, elle s’est lancée dans une grande exploration, de la baie de San Francisco à Dakar en passant par les zones arctiques de la Norvège, en quête de témoignages des amateurs, bricoleurs, makers qui font naître ces zones hybrides. Ces trois années d’enquête ont été jalonnées de plusieurs publications en collaboration avec des chercheurs ou des acteurs de terrain et d’une thèse soutenue en 2016 qui alimente en grande partie le présent essai. À la croisée des milieux artistiques, scientifiques, associatifs, industriels et institutionnels, Camille Bosqué poursuit son cheminement dans l’écosystème des espaces du faire.
Aujourd’hui designer, docteure en Esthétique et Design et professeure agrégée d’arts appliqués, elle enseigne à l’École Boulle et à l’ENSCI – Les Ateliers tout en nourrissant les débats autour du design dit « ouvert » auxquels son dernier ouvrage : Open design. Fabrication numérique et mouvement maker, paru en août 2012, offre un angle de vue riche en références historiques et observations de terrain."
Source : la fiche de lecture de l'ouvrage, disponible sur l'Observatoire des tiers-lieux.