Résidence de recherche action Faire Tiers-lieu avec le Vivant dans l'Ain
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- Information sur l'évenement
- Participants : Maïlis Renaudin, Isabelle Radtke
- Organisations impliquées : Lab01
- Horaire de début : 2026-06-19T10:30:53.000Z
- Enregistrement vidéo : https://visio.arles-linux.org/playback/video/83bd39601bca542964c034f38aca50a9e965b5ec-1788771574016/
- Eléments complémentaires
- Thème : Animation, Coopération, Environnement
- Lieu : Lab01, atelier FICA
- Type d'événement : Rencontre
Collectif "Faire Tiers-lieux avec le vivant"[modifier | modifier le wikicode]
Nous avons créé fin 2022 un groupe de recherche-action national mettant en lien biodiversité et tiers-lieux sous la forme d'un collectif dénommé "Faire Tiers-lieux avec le vivant". Lien vers la page Movilab ici.
Ce groupe est en autogestion, et a reçu un financement lors de l'appel à Communs des Tiers-lieux organisé par France Tiers-lieux fin 2024 pour être développé courant 2025-2026.
Pour lire plus d'informations sur le Commun développé c'est ici.
Dans le cadre de ce groupe et de l'appel à communs, nous avons proposé en 2025 une journée recherche action sous la forme d'un atelier participatif Samedi 5 Avril 2025 à Lille Helemmes avec le collectif des Saprophytes.
Plus d'informations sur la résidence atelier à Lille.
Puis en 2026 nous avons proposé une journée atelier dans l'Ain.
Cette session s’est déroulée dans l’Ain, entre l’Atelier FICA à Meximieux et LAB01 à Ambérieu-en-Bugey, avec également l’implication de La Maison 8.
Cette quatrième expérimentation avait notamment pour objectif de tester la réplicabilité de la démarche sur un nouveau territoire, en adaptant la méthode et les supports développés lors des précédentes sessions.
11 participant·es ont pris part à la journée, auxquels se sont ajoutés des stagiaires de 3e lors du premier temps de retour d’expérience.
Nous rejoindre[modifier | modifier le wikicode]
Si vous êtes intéressé.es par ces thématiques, abonnez vous sur la liste de discussion: https://framagroupes.org/sympa/info/vivantnonhumainencommun
ou écrivez nous un mail à: vivantnonhumainencommun (a) framagroupes.org
Intention de la journée[modifier | modifier le wikicode]
« Sur la piste des vivants » propose une exploration sensible d’un lieu et de son territoire pour déplacer notre regard et porter attention aux multiples êtres qui l’habitent : plantes, arbres, insectes, oiseaux, sols, champignons…
L’objectif n’est pas d’apprendre à connaître scientifiquement les espèces rencontrées, mais de prendre le temps de les observer, de se décentrer, de ressentir et d’interroger notre manière de cohabiter avec elles.
Dans l’Ain, la journée avait une double intention :
- poursuivre l’expérimentation sensible de la méthode ;
- tester et documenter ce qui permet de l’adapter à d’autres territoires, afin d’en faire un commun réutilisable.
La démarche repose sur une logique d’expérimentation entre pairs : on explore, on expérimente, on documente, on partage les retours et on fait évoluer la méthode.
--- Matinée : l’Atelier FICA – Meximieux ---[modifier | modifier le wikicode]
Après un temps d’accueil et de découverte du lieu, la matinée a commencé par un temps d’ancrage d’environ 5 minutes, permettant à chacun·e de ralentir et de se rendre disponible à l’expérience.
Étape 1 – Communiquer avec un non-humain[modifier | modifier le wikicode]
Les participant·es ont ensuite choisi un être non-humain avec lequel entrer en relation : arbre, insecte, champignon, plante…
Pendant 30 à 45 minutes, chacun·e a porté une attention prolongée à cet être, en utilisant l’écriture et le dessin pour consigner ses observations.
L’exercice invitait notamment à :
- observer les sons, les odeurs, les textures et les mouvements ;
- identifier ses propres sensations et émotions ;
- changer d’échelle et de point de vue ;
- formuler une question à partir de cette rencontre, à destination des humains.
Les échanges qui ont suivi ont fait apparaître une grande diversité de perceptions : une colonie de fourmis et sa possible organisation collective, une plante « indésirable » poussant entre les dalles, une araignée attentive aux vibrations, une coccinelle immobile sur une feuille…
L’exercice a permis de rendre visibles des êtres habituellement ignorés et de questionner notre capacité à cohabiter avec les autres vivants.
Plusieurs participant·es ont également décrit une dimension apaisante, philosophique et introspective de cette attention prolongée.
Un apprentissage important : l’ancrage
Les temps d’ancrage ont été identifiés comme particulièrement importants pour entrer dans l’exercice et se sentir légitime dans une démarche qui peut sembler inhabituelle. L’accompagnement de ces temps constitue donc un point important à prévoir dans l’organisation d’une nouvelle session.
Étape 2 – Le trajet et le « tiers paysage »[modifier | modifier le wikicode]
Le déplacement entre Meximieux et Ambérieu-en-Bugey s’est fait en train.
Ce trajet a été pensé comme un temps d’observation du paysage et notamment des espaces intermédiaires, délaissés ou en lisière : le « tiers paysage », ces espaces où peuvent se développer d’autres formes de vie.
Le voyage a également été vécu comme un temps de slow travel, permettant de poursuivre progressivement l’observation du territoire tout en rencontrant les autres participant·es.
Un exercice consistait à poser les questions formulées le matin à d’autres humains présents lors du repas. Cette partie a moins bien fonctionné : les personnes sollicitées n’avaient pas participé à l’exercice du matin et ne comprenaient pas toujours ce qui leur était demandé.
--- Après-midi : la rue et LAB01 – Ambérieu-en-Bugey ---[modifier | modifier le wikicode]
Étape 3 – Expérimenter la rue depuis le point de vue d’une autre espèce[modifier | modifier le wikicode]
L’après-midi a proposé une nouvelle immersion sensorielle dans le quartier autour de LAB01.
Chaque participant·e a choisi une espèce et a tenté d’expérimenter la rue depuis son point de vue : en prenant en compte sa taille, ses déplacements, ses besoins, ses obstacles, ses sens et ses possibilités d’abri.
Des traces matérielles et immatérielles ont également été relevées : plumes, branches, odeurs, sons, températures, espaces d’ombre…
Quelques points de vue explorés :
- La fourmi : attention portée aux odeurs, aux murs, aux obstacles et aux déplacements au ras du sol.
- Le rat et la souris : recherche d’ombre, d’abris et de passages protégés, avec une forte sensation d’insécurité dans les espaces ouverts.
- La graine de hêtre : perception du béton chaud, des déchets et des obstacles à la germination.
- L’hérisson : recherche de nourriture dans les jardins et composts, et importance de clôtures permettant de circuler entre les propriétés.
- L’hirondelle : observation depuis une perspective aérienne, recherche de recoins pour nicher et attention portée aux bruits.
Jardin et rue : deux expériences très différentes
Le contraste entre les espaces explorés a été particulièrement marquant.
Le jardin a été vécu comme un espace de refuge, de fraîcheur et de connexion.
À l’inverse, la rue a souvent été ressentie comme un milieu hostile : chaleur, bruit, béton, obstacles, manque d’abris.
Cette expérience a permis de comprendre de manière très concrète ce que peuvent représenter les espaces urbains pour d’autres vivants et de rendre plus tangible la notion de tiers paysage.
La forte chaleur du jour a cependant montré les limites d’un parcours trop long en extérieur. Pour de futures expérimentations, les participant·es recommandent de prévoir davantage de pauses et de privilégier des espaces permettant de ralentir et de s’abriter.
Étape 4 – Cartographie sensible à LAB01[modifier | modifier le wikicode]
La journée s’est poursuivie par la réalisation d’une cartographie sensible collective.
L’objectif était de mettre en commun les observations, émotions, sensations et imaginaires rencontrés au cours de la journée.
Pour ne pas figer trop rapidement la production, plusieurs supports ont été utilisés :
- calques ;
- impressions et impressions 3D pour la réalisation de tampons ;
- dessins ;
- écritures ;
- cyanotypes ;
- collages.
Les participant·es ont pu s’entraider pour retranscrire les expériences des autres, notamment pour le dessin et l’écriture.
Le fablab de LAB01 a également permis de fabriquer des tampons représentant des pattes de hérisson, utilisés dans la cartographie.
La carte constitue une trace collective de l’expérience : elle permet de faire apparaître la diversité des perceptions d’un même lieu et de raconter le territoire autrement que par une cartographie classique.
La carte réalisée lors de cette session est actuellement visible à l’Atelier FICA.
Ce que l’expérimentation nous apprend[modifier | modifier le wikicode]
Le retour des participant·es fait apparaître plusieurs enseignements.
Se déconnecter pour se reconnecter[modifier | modifier le wikicode]
La journée a été vécue comme une rupture avec le rythme quotidien et comme une reconnexion au territoire et aux autres vivants.
Le fait de prendre le temps d’observer, parfois pendant plusieurs dizaines de minutes, a été identifié comme une expérience inhabituelle mais précieuse.
Plusieurs personnes ont parlé d’un voyage intérieur, d’une expérience qui reste avec soi après la journée.
Déplacer son regard[modifier | modifier le wikicode]
Les exercices ont permis de sortir, au moins temporairement, d’un regard exclusivement humain sur le territoire.
Se mettre à la place d’une fourmi, d’un hérisson, d’une graine ou d’une hirondelle fait apparaître d’autres contraintes, d’autres rythmes et d’autres manières d’habiter un même espace.
Accepter de ne pas savoir[modifier | modifier le wikicode]
Un des enseignements importants du collectif est de commencer l’expérience par l’idée qu’« on ne sait pas ».
Il n’y a rien à réussir ni de bonne manière de ressentir ou d’interpréter.
Cette posture rejoint l’esprit des fablabs et des tiers-lieux : on essaie, on observe, on se trompe, on apprend et on invente ensemble.
Comme l’a formulé un participant : « on ne parle pas la langue mais on ose quand même ».
Prendre conscience des autres rythmes du vivant[modifier | modifier le wikicode]
L’expérience a également permis de questionner notre rapport au temps.
Rester longtemps auprès d’un être vivant, observer ses déplacements ou simplement attendre, amène à sortir du rythme humain habituel et à prendre conscience d’autres temporalités.
Voir autrement ce que le vivant nous donne[modifier | modifier le wikicode]
La chaleur a notamment fait prendre conscience du rôle des arbres comme refuges et infrastructures de fraîcheur.
L’arbre n’est alors plus seulement perçu comme un élément du paysage : il devient celui qui offre un abri, de l’ombre et de la fraîcheur.
Cette expérience a fait émerger l’idée du vivant comme « cadeau », et une forme de gratitude envers ce qui rend nos milieux habitables.
Retours sur la méthode[modifier | modifier le wikicode]
Cette quatrième expérimentation a également permis d’identifier plusieurs points d’attention pour la réutilisation de la méthode.
Garder une structure, sans figer l’expérience[modifier | modifier le wikicode]
La méthode doit conserver son équilibre entre :
- temps individuels ;
- silence et attention ;
- exploration ;
- échanges collectifs ;
- production commune.
Mais elle ne doit pas devenir une recette figée. Chaque territoire doit pouvoir adapter les lieux, les exercices, les supports et le rythme à son contexte.
Ne pas vouloir trop en faire[modifier | modifier le wikicode]
La journée a montré l’intérêt d’un programme plus léger, avec davantage de temps de pause.
Les conditions météorologiques doivent notamment être prises en compte dans le choix des parcours et des horaires.
Soigner les temps d’ancrage[modifier | modifier le wikicode]
Une personne dédiée à l’accompagnement des temps d’ancrage est un vrai soutien pour l’organisation : elle permet à la personne qui coordonne la journée de ne pas avoir à gérer simultanément la logistique et l’entrée dans l’expérience.
Laisser de la place à l’interprétation[modifier | modifier le wikicode]
Le dessin, l’écriture, le collage ou d’autres formes artistiques permettent de traduire des expériences difficiles à raconter avec des mots.
La production collective peut être soignée, mais sans chercher la perfection ni imposer une esthétique qui limiterait l’expression des participant·es.
Garder de la souplesse[modifier | modifier le wikicode]
La possibilité de rejoindre l’expérience en cours de journée est intéressante et permet d’ouvrir l’atelier à des personnes ayant des contraintes différentes.
Documentation et ressources[modifier | modifier le wikicode]
Cette expérimentation a produit plusieurs ressources ouvertes :
- Carnet d’exploration de l’Ain, adapté à partir du carnet développé à Lille et conçu pour être imprimé en A3 puis plié.
- Compte rendu de la journée et documentation de l’expérimentation.
- Cartographie sensible collective, actuellement visible à l’Atelier FICA.
- Questionnaire d’évaluation de la journée.
- Mode d’emploi pour adapter et reproduire « Sur la piste des vivants » sur un nouveau territoire.
Le mode d’emploi rappelle notamment que la méthode n’est pas une recette : pour réaliser un « fork » de l’atelier, il est recommandé d’avoir soi-même vécu l’expérience, de s’entourer de personnes ayant déjà participé à une session et d’adapter le squelette de l’animation au territoire.
La démarche repose également sur une logique de réciprocité : toute personne qui réutilise les outils est invitée à documenter son expérience, partager les réussites et les « bugs » rencontrés et remettre ces apprentissages dans le commun.
Et après ?[modifier | modifier le wikicode]
Cette quatrième expérimentation marque une étape dans la construction du commun : la méthode a maintenant été testée à plusieurs reprises, adaptée à différents contextes et documentée.
L’expérimentation dans l’Ain permet notamment de passer d’une logique de transmission d’un atelier à une réflexion plus large sur les conditions de sa réutilisation et de son adaptation par d’autres territoires.
La suite du travail porte notamment sur la documentation des méthodes et des pratiques développées par le collectif, et sur la manière dont celles-ci peuvent être transmises et appropriées.
Une prochaine session de travail du collectif est consacrée aux fiches métiers en lien avec le vivant.
Ressources[modifier | modifier le wikicode]
[Carnet d’exploration – version Ain] https://canva.link/ciev5zbseyu794n
[Contenu du carnet] https://pad.relief-aura.fr/56IJ4qQETRKs8Nq_PqClHg?view
[Mode d’emploi pour reproduire/adaptater « Sur la piste des vivants »] https://pad.relief-aura.fr/R%C3%A9sidence_de_recherche_action_Faire_Tiers-lieu_avec_le_Vivant_Ain#MODE-d%E2%80%99EMPLOI
[Cartographie sensible réalisée à l’Atelier FICA] https://pad.relief-aura.fr/R%C3%A9sidence_de_recherche_action_Faire_Tiers-lieu_avec_le_Vivant_Ain#carto-sensible-r%C3%A9alis%C3%A9e-en-commun---actuellement-visible-%C3%A0-l%E2%80%99Atelier-FICA
[Questionnaire d’évaluation] https://framaforms.org/evaluation-de-la-journee-recherche-action-faire-tiers-lieux-avec-le-vivant-ain-19-6-1784179061
[Compte rendu de la journée] https://pad.relief-aura.fr/R%C3%A9sidence_de_recherche_action_Faire_Tiers-lieu_avec_le_Vivant_Ain?both#%E2%80%9CSur-la-piste-des-vivants%E2%80%9D-19-juin-2026
[Page générale du collectif Faire Tiers-Lieux avec le Vivant] https://movilab.org/wiki/Faire_Tiers-Lieux_avec_le_Vivant
[Documentation de l’expérimentation à Arles] https://movilab.org/wiki/R%C3%A9sidence_de_recherche_action_Faire_Tiers-lieu_avec_le_Vivant
[Documentation de l’expérimentation à Lille] https://movilab.org/wiki/R%C3%A9sidence_de_recherche_action_Faire_Tiers-lieu_avec_le_Vivant_%C3%A0_Lille
Collectif Faire Tiers-Lieux avec le Vivant[modifier | modifier le wikicode]
Liste de discussion : vivantnonhumainencommun@framagroupes.org
La démarche et les ressources produites sont partagées comme communs et ont vocation à être réutilisées, adaptées et enrichies par d’autres collectifs et territoires.