Évaluer son besoin de financement

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Avant de solliciter un financeur, il est indispensable de mesurer précisément le besoin réel de financement du tiers-lieu. Cette étape évite les déséquilibres (sous-financement ou endettement excessif) et permet d’établir un plan de financement réaliste et cohérent.

Évaluer son besoin, c’est répondre à trois questions simples :

- De quoi ai-je besoin pour créer, développer ou consolider le lieu

- Quel est le coût total de ces besoins ?

- Combien de temps vais-je utiliser les investissements effectués (sur combien d’années d’exploitation je réparti mes investissements) ?


Identifier et évaluer son besoin de financement[modifier | modifier le wikicode]

Les besoins de financement dépendent de la phase du projet et du modèle du tiers-lieu. Ils peuvent concerner à la fois l’investissement initial, le fonctionnement de démarrage, le développement d’un projet existant et la trésorerie de sécurité.

Pour être finançable, un besoin doit être clairement identifié dans sa nature et dans son montant. Il sera essentiel de démontrer :

  • pour les financeurs qui prêtent ou placent des fonds, en quoi l’investissement financé permettra d’augmenter la valeur créée par le projet et ainsi en assurer le remboursement.
  • pour les subventionneurs et donateurs, en quoi le financement permettra d’atteindre l’impact escompté dans le sens de l’intérêt général.
Note importante : Si le projet de Tiers-Lieux nécessite la création de plusieurs structures de gestion (par exemple des entités juridiques spécifiques à des activités de restauration, formation professionnelle...), il sera opportun d'évaluer les besoins pour chaque structure et de penser des montages financiers spécifiques.
Catégorie de besoin Description Exemples
Foncier et immobilier Acquisition, aménagement, rénovation, conformité. Travaux, diagnostics techniques.
Équipements et matériel Achat d’outils, mobilier, informatique, machines partagées. Fablab, atelier, cuisine partagée, mobilier de coworking.
Études et ingénierie Prestations de conception, d’architecture, d’ingénierie ou de communication. Études de faisabilité, maîtrise d’œuvre, graphisme, travail de conception des porteurs de projet.
Frais de lancement Coûts initiaux liés à la création juridique, à la communication, au recrutement. Dépôt des statuts, site web, préfiguration, inauguration.
Trésorerie Réserves permettant d’anticiper les délais de paiement ou d’amorcer l’activité. Fonds de roulement, avances sur subvention.

Ressources

Identifier les besoins de financement

Les différents besoins de financements de l’ESS

Typologies de besoins et étapes de développement

La trésorerie et ses outils

Financer ses besoins en investissement

Financer ses besoins en fond de roulement


Construire son plan de financement prévisionnel[modifier | modifier le wikicode]

Le plan de financement est un outil de pilotage indispensable pour toute structure souhaitant consolider ou développer son activité. Il présente, de manière synthétique, l’ensemble des besoins financiers d’un projet (investissements, équipements, fonds de roulement, etc.) et les ressources mobilisées pour les couvrir (apports, subventions, prêts, participations, dons, etc.).

Véritable document de référence, il permet de vérifier la cohérence et l’équilibre global du projet en s’assurant que chaque dépense est compensée par une ressource identifiée. Le plan de financement traduit ainsi la faisabilité financière du projet et sa capacité à mobiliser les moyens nécessaires à sa mise en œuvre. Il est construit sur plusieurs années, en fonction de la durée des investissements et intègre les échéances de remboursement.

Outil de dialogue avec les partenaires et les financeurs, il témoigne du sérieux de la démarche et facilite la compréhension des choix stratégiques opérés. C’est également un instrument de pilotage dans le temps, permettant de suivre l’évolution des besoins et des ressources, d’anticiper les ajustements nécessaires et de sécuriser la pérennité du modèle économique.

En résumé, le plan de financement constitue la base de la stratégie financière d’un projet : un document vivant, structurant et partagé.

Dans la pratique, les plans de financement prennent deux formes principales :

  • Le plan de financement initial qui regroupe les besoins et les ressources initiales au projet
  • Le plan de financement prévisionnel qui répartit les besoins et les ressources sur plusieurs années et intègre la capacité de financement annuelle du projet et les remboursements aux financeurs


Ressources

Établir un plan de financement

Outil de génération de business plan

Les outils pour le financement d’un projet immobilier


Analyser la capacité de financement du projet[modifier | modifier le wikicode]

Évaluer le besoin, c’est aussi mesurer la capacité du tiers-lieu à rembourser les financements. Cette analyse se base sur les ressources internes (fonds propres, apports, autofinancement) et externes (subventions, prêts).

L’analyse de la solidité financière du projet permet de rassurer les financeurs et d’ajuster la stratégie de financement.

Indicateur Signification Objectif visé
Taux de fonds propres Part des fonds propres dans le financement total. Elle est la preuve de l’engagement des parties prenantes. Supérieur à 20 % pour inspirer confiance aux financeurs.
Capacité d’autofinancement (CAF) Excédent de recettes permettant de financer les investissements futurs (souvent égale au résultat escompté augmenté des amortissements prévus). CAF positive à partir de la 2ᵉ ou 3ᵉ année. Chaque année, La CAF cumulée avec les années précédentes doit couvrir les remboursements de financements cumulés.
Seuil de rentabilité Niveau d’activité nécessaire pour couvrir les charges. Identifier le point d’équilibre annuel.
Délai de trésorerie Temps moyen entre dépenses et recettes. Éviter la cessation de paiement.

Ressources

Calculer la Capacité d’autofinancement


Estimer le calendrier de financement[modifier | modifier le wikicode]

Le financement d’un tiers-lieu se déroule sur plusieurs mois. Chaque type de ressource a sa temporalité (délais de décision, de versement ou de remboursement).

Pour tout financement, le processus est similaire :

  • Étape 1 / Présenter son projet,  convaincre le financeur
  • Étape 2 / Déposer une demande formelle
  • Étape 3 / Instruction et acceptation de la demande par le financeur (possibles aller/retours d’ajustement)
  • Étape 4 / Réalisation des démarches administratives
  • Étape 5 / Versement du financement

Le temps qui s’écoule entre chaque étape est variable en fonction des types de financements et des partenaires. L’ensemble du processus est généralement compris dans une fourchette de 3 à 12 mois (voire 15 mois pour certains).

Astuce : un tableau de suivi des financements permet de suivre les dates clés (dépôt, notification, versement, remboursement).


Enjeu de la maîtrise foncière et immobilière[modifier | modifier le wikicode]

Pour un tiers-lieu, la maîtrise foncière de son espace, c’est-à-dire la propriété ou la sécurisation de long terme du lieu qu’il occupe, représente un enjeu stratégique majeur pour convaincre les partenaires financiers.

Détenir ou contrôler son foncier, c’est d’abord garantir la stabilité et la pérennité du projet. De nombreux tiers-lieux souffrent de baux précaires ou de mises à disposition temporaires, qui fragilisent leur capacité à investir dans les travaux, à contractualiser des prêts ou à mobiliser des subventions d’investissement. La maîtrise foncière offre au contraire une assise patrimoniale : elle renforce les fonds propres du porteur, sécurise les emplois et donne de la visibilité aux partenaires.

La propriété foncière permet de valoriser les investissements réalisés (rénovation, mise aux normes, aménagements), d’en amortir le coût sur plusieurs années et de créer un actif durable au service du territoire. C’est aussi un levier de dialogue avec les financeurs : un bien foncier peut être utilisé comme garantie bancaire, ou intégré dans des montages collectifs (foncières solidaires, sociétés coopératives, bail emphytéotique).

Enfin, maîtriser le foncier, c’est affirmer une autonomie stratégique vis-à-vis des aléas politiques ou économiques, et inscrire le tiers-lieu dans une logique d’utilité sociale durable. Pour les partenaires financiers, c’est la preuve d’un projet solide et structuré.

Les formes de maîtrise foncière solides sont la pleine propriété ou la quasi propriété (bail emphytéotique, bail à construction, bail à rénovation…)

La question des tiers lieux et du foncier / immobilier est traitée dans un portail dédié de Movilab : Portail foncier et immobilier


Ressources

Enjeux de la maitrise foncière


Les enjeux de l’acquisition foncière/immobilière

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