Redynamiser l'implication des salariés au sein de l'entreprise

De Movilab.org
Homo-Oeconomicus



"Comment redynamiser l'implication des salariés au sein de l'entreprise ?"




C’est au XIème siècle qu’apparaît le verbe « travailler ». Prenant ses racines dans le latin populaire « tripaliare », qui signifie « torturer avec le tripalium » (instrument de torture à « trois pieux »), travailler désigne littéralement « tourmenter » ou « torturer ». Coïncidence ? Peut-être. En tout cas, aujourd’hui tout est fait pour se détourner de cette corrélation étymologique entre la souffrance et le travail. Du Mythe de Sisyphe de Camus en 1942 à la création de l’institut « A Great Place to Work » en 2002 en passant par la publication de The 100 Best Companies to Work for in America par les économistes Robert Levering et Milton Moskowitz en 1981, le rapport entre la performance économique et la performance sociale a pris toute sa place dans notre société moderne. La question du bien-être au travail est devenue inhérente à celle de la performance et fait partie intégrante du rayonnement de l’entreprise, autant par son image de marque que par son attractivité. Prévention du mal être ou bien promotion du bien être ? Comment concilier le bien être et la performance au travail ? Ou encore, comment redynamiser et revaloriser la place du salarié au sein même de l’entreprise ? Autant d’interrogations auxquelles nous allons tenter de trouver réponse durant notre reportage...

Notre dossier de production

Notre reportage





Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à ce projet, et particulièrement: Mme Catherine Boche, directrice RH de la MAF pour ces quelques minutes accordées ainsi qu'aux différents participants de notre micro-trottoir.

Notre article journalistique sur la problématique


Redynamiser l'implication des salariés au sein de l'entreprise : le bien-être au travail comme source d’une performance durable.

Comme chaque année depuis 12 ans, l’Institut Great Place to Work dévoile son classement annuel, avec une entreprise française en tête : Davidson Consulting. Si ce classement semble susciter grandement l’intérêt du public, c’est qu’en effet le travail se veut désormais être un facteur de satisfaction pour l’individu, et non plus une « torture ». Dans l’étude effectuée par l’Insee, intitulée « France, portrait social 2011 – Satisfaction dans la vie », le travail, en tant que facteur de satisfaction, est positionnée à la troisième place pour les personnes interrogées. Un défi donc pour les entreprises, pour lesquelles le paradigme a évolué : Le travail est perçu comme un outil supplémentaire pour l’individu de s’épanouir dans la société. Ce n’apparait plus un tourment « en soi ». La question pour les entreprises peut se poser donc de la manière suivante : un individu plus « heureux » au travail est-il davantage efficace?

La notion du bien être au travail se conjugue presque toujours avec l’idée de reconnaissance, de considération, de responsabilité. La qualité « du travail » n’est donc pas résumée à un volet purement matériel : salaire, fournitures, avantage en nature. Mais c’est aussi un sentiment, que l’entreprise crée vis-à-vis de ses salariés. Nous avons dans notre démarche, nous avons analysé par exemple ce qu’était pour des entreprises comme Google, qui se place parmi les premières entreprises où « il fait bon travailler », la RSE : responsabilité sociale des entreprises. La Commission européenne (2011) la définit comme étant « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société », en termes de législation, conventions collectives, environnement, éthique, etc. Nous avons donc étudié l’exemple de Google. Les « Googlers » (surnom des employés de Google) profitent d’un environnement qui mêle relaxation et atmosphère de travail, afin que les employés se sentent comme à la maison au travail. Dans leurs bureaux parisiens, les Googlers ont à leur disposition de nombreux services gratuits, tel que des salles de sports, cuisine, espace musical etc. Le géant américain considère que le bien être au travail est nécessaire pour accroitre la créativité, l’esprit d’initiative, l’innovation. Un autre volet de la responsabilisation et de la considération des employés s’illustre par leur « Golden Rule ». En effet, pour chaque Googler, 80% de son emploi est consacré aux taches et missions qui lui sont assignées. Rien de révolutionnaire, si ce n’est les 20% du temps restant : celui-ci est dédié à des projets personnels, en rapport, ou non, avec l’entreprise. C’est ainsi que de nombreuses nouveautés ont vu le jour, telle que la plateforme Gmail.

Cet exemple soulève pour nous plusieurs enjeux importants :est-ce bien à l'entreprise seule de devoir prendre soin de ses salariés? Comme le soulignait Mme Boche, il serait intéressant de se demander quelle serait le rôle à jouer d'un salarié, entre acteur et spectateur? A travers la question du bien-être au travail, le collaborateur n'en vient-il pas parfois à être dans l'expectatif, attendant alors qu'on lui apporte son propre bonheur? Une approche pragmatique nous amènerait-elle pas à nous demander si, pour être épanoui, le collaborateur ne doit-il pas avoir au préalable muri son projet et définit ses propres aspirations? Si en effet, le bien être semble être un facteur crucial pour la performance durable d’une entreprise, le travail doit être nécessairement séparé de la vie personnelle de l’employé, et ne pas empiéter sur son temps pour que la performance durable soit pertinent. En effet, le rapport dans le cas contraire devient un rapport de coercition et non plus un épanouissement. Des employés de certains grands groupes ont pu se plaindre du fait que malheureusement, l’entreprise prenait trop de place dans leurs vies de familles, et qu’il n’y avait plus de dichotomie entre travail et temps libre.

Le travail comme la maison, oui, mais pas trop !

Learning log : quels sont nos apprentissages lors de ce cours ?

Avant de commencer notre reportage, nous avions en tête que les entreprises ne faisaient peut-être, voire surement pas encore assez pour que les collaborateurs soient épanouis au travail. En revanche, nous nous étions que peu mis du côté de l'entreprise... Nous avons pris conscience, à travers l'entretien avec Mme Boche qui est au coeur de notre reportage, que la RSE est un engagement gagnant-gagnant entre les deux parties: aussi bien l'entreprise que le salarié. Voilà notre véritable apprentissage.