Les Communs

De Movilab.org

Cette page vise à proposer des éléments de définition et de compréhension du concept de communs. Elle sert aussi à orienter vers les meilleures ressources existantes sur d'autres plateformes.

Présenter les communs.

En parlant de l'essence de ce mouvement.

Un commun évoque bien une ressource, cependant lorsque l'on aborde le sujet des communs c'est généralement le mode de gestion dont on a envie de parler. On souhaite explorer les avantages et inconvénients d'un mode de gestion en commun, comparé à un mode de gestion privée ou publique qui sont les deux autres modes de gestion connus. Soyez donc bien vigilent à préciser de quoi vous parlez. Dans ce sens vous pouvez évoquer une troisième voie de gestion de la propriété (et des modalités d'exploitation ou de sauvegardes qui en découle), il ne s'agit ni d'une propriété privée (même les associations fonctionnent selon les règles de la propriété privée) , ni d'une propriété publique mais bien d'une propriété collective, qui n'est pas l’agrégation de propriété privée.

En parlant des 3 composantes majeures du concept.

Un commun naît de la rencontre entre une ressource et une communauté. De cette rencontre émerge des règles de gouvernance. Ici sont mentionnés les 3 piliers de la gestion en commun.

Une ressource ? Elle doit être perceptible par les membres de la communauté. Elle est donc délimitée, les membres de la communauté sont capables de dire quel est le périmètre de la ressource. Les individus doivent être en mesure de prendre soin de cette ressource. En dehors de ces considérations, vous ne pourrez déployer une gestion en commun.

Une communauté ? Il existe de nombreux travaux sur ce qu'est une communauté. On identifie en général plusieurs ingrédients ; des projets, des valeurs, des lieux et des événements. Les membres de votre groupe sont-ils solidaires ? Sont-ils en mesure de relever des défis et de travailler ensemble sans liens de subordinations ? Avez-vous des modes de délibération et de prises de décisions que vous avez éprouvés ? Si oui votre groupe ressemble à une communauté.

Lorsque ces deux objets se rencontrent il peut y avoir naissance d'un commun. A condition qu'une gouvernance se mette en place.

Des règles de gouvernances ? Ces règles et pratiques se construisent petit à petit au gré des besoins et des problèmes rencontrés. Leur première caractéristique est d'être évolutive, les membres de la communauté doivent disposer de moyens pour les remettre en cause et les faire évoluer. Ces règles peuvent relever de nombreux sujets ; l'accès à la ressource, les délibérations sur la gestion de la ressource, les modes de contributions et rétributions, les parcours d'accueil de nouveaux membres, l'accès à la ressource par des acteurs extérieurs à la communauté et les réciprocités éventuelles, les modalités de création de valeur à partir de la ressource et la répartition de cette valeur, etc.

En citant celles et ceux qui en parlent le mieux.

Extrait d'une interview de Gaël Giraud par ADN.

Comment sorganise-t-on autour d’un bien commun ?

Gaël Giraud : Les biens communs se distinguent des biens privés, bien sûr, puisque toute la communauté a accès aux ressources qui sont partagées : ça peut aussi bien être les poissons dans un étang des forêts guinéennes que la gestion du réseau Internet. Mais le commun, ce n’est pas non plus un bien public, car ses règles de fonctionnement ne s’imposent pas de manière universelle et verticale à la manière de la loi d’État. Au contraire, un commun, ce sont avant tout les règles particulières sur lesquelles une communauté s’est mise d’accord. Et qui vont être, pour les usagers de ce commun, l’objet d’une interprétation constante.

D’où la proposition essentielle de la prix Nobel d’économie Elinor Ostrom : un commun, quel qui soit, doit adopter certaines « métarègles » incontournables pour fonctionner et perdurer. Et d’abord : il faut absolument une métarègle qui nous dise comment on va résoudre les conflits d'interprétation des règles. Parce que, tôt ou tard, on ne sera pas d'accord. Et c'est normal, c'est l'humanité. Or si on n'a pas prévu un procédé facile à mettre en œuvre, peu coûteux, sur lequel tout le monde est d'accord, pour résoudre nos débats sur l’interprétation des règles, on ne s'en sortira pas. C’est l’erreur de l’Union européenne que de ne pas avoir prévu ce genre de métarègle — on s’en est rendu compte par exemple lors de la crise grecque.