En quoi le gaspillage alimentaire est-il devenu plus qu’un enjeu environnemental ?

De Movilab.org

Présentation de notre problématique

La problématique que nous avons choisi de développer est la suivante :
"En quoi le gaspillage alimentaire est-il devenu plus qu’un enjeu environnemental ?"

En effet le gaspillage dans nos sociétés est devenu l'une des préoccupations majeures de ces dernières années. En effet, près d'un tiers de la nourriture produite est gaspillée ce qui représente de graves conséquences tant sur les ressources naturelles que sur le plan économique. A cela, il faut ajouter les impacts sociaux : alors que le gaspillage alimentaire ne cesse d'augmenter, plus de 800 millions souffrent de la faim dans le monde. Le gaspillage concerne ainsi tout le monde et se retrouve partout : dans les ménages, les restaurants, la grande distribution, les entreprises etc. Une prise de conscience est donc nécessaire. C'est ce qu'on compris certaines entreprises qui aujourd'hui tentent de produire en gaspillant moins. Mais quand est-il des autres ? Se sentent-elles impliquer par ce phénomène qui est désormais bien plus qu'un seul enjeu environnemental ?

Notre dossier de production

Notre reportage



Nous tenons à remercier chaleureusement Océane LEFEBVRE (employée de Phénix) et Mélissa ESSENGUÉ (directrice de mission du directeur d'exploitation de Leader Price) pour leur aide à la réalisation de ce projet.

Notre article journalistique sur la problématique : En quoi le gaspillage alimentaire est-il devenu plus qu’un enjeu environnemental ?

Alors qu’il faudrait 3,2 milliards de dollars par an pour nourrir les enfants du tiers-monde, nous gaspillons chaque année plus de 100 milliards de dollars en termes de denrées alimentaires toujours consommables, voire même toujours emballées. Chaque année la situation devient de plus en plus critique, que ce soit sur le plan social, éthique ou environnemental. Les associations luttant contre ce fléau tentent de plus en plus de se faire entendre afin de déclencher une prise de conscience chez les citoyens du monde. Selon la Commission Européenne, les origines du gaspillage sont reparties entre : les ménages (42 %), l’industrie agroalimentaire (39 %), le secteur de la restauration (14 %) et les détaillants (5 %).

Mais n’est-ce pas d’abord le rôle du gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent pour réveiller les consciences ? La situation face au gaspillage alimentaire devient critique, « près de 50 % d’aliments sains sont gaspillés chaque année dans l’Union européenne, par les ménages, les supermarchés, les restaurants et la chaîne alimentaire » précise le Parlement européen. C’est pourquoi il a adopté en 2012 une résolution comprenant des mesures pour diminuer de moitié le gaspillage d’ici 2025. La France, qui avait déjà lancé en Novembre 2010 le Grenelle Environnement (loi Grenelle 2) visant à réduire les déchets alimentaires dans la grande distribution, a ainsi mis en place un Pacte National de Lutte contre le Gaspillage Alimentaire.

Point positif, de plus en plus d’entreprises l’ont bien compris et en ont fait l’une de leur préoccupation principale. Comment ces entreprises gèrent-elles alors au quotidien la réduction du gaspillage ? Prenant conscience que celui-ci est devenu un enjeu d’ordre moral, de nombreuses entreprises mais aussi de restaurants tentent d’agir de façon durable et solidaire. Cette dimension éco-responsable leur confère une bonne image auprès des consommateurs, car il est désormais de bon ton de réduire ses déchets.

La start-up Phenix, que nous avons rencontrée, dédie, elle, toute son activité à la réduction du gaspillage alimentaire en donnant une seconde vie aux produits en fin de vie. Pour elle, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Elle aide et incite les entreprises à s’inscrire dans une démarche éco-responsable et peut aussi être avantageuse financièrement parlant.

Cependant, les entreprises peuvent également gérer elle-même leurs déchets. Un des moyens les plus connus est le don aux associations et banques alimentaires. La Fédération des banques alimentaires, regroupant une centaine de banques et antennes qui redistribuent les denrées alimentaires a constaté que «sur les 100.000 tonnes collectées en 2012, 32.000 venaient des grandes et moyennes surfaces [ce qui représente près de 318 millions d’euros. La Grande Distribution est donc le plus grand donateur.] De fait, le don fonctionne déjà très bien en France grâce aux déductions fiscales qui l'accompagnent.» précise Gaétan Lassalle, chargé des affaires institutionnelles de cette Fédération. Ainsi, de nombreuses enseignes de la Grande Distribution peuvent combattre ce fléau du gaspillage par différents moyens. Nous avons pris le cas de Leader Price qui utilise le don mais qui essaye également d’avoir une meilleure gestion des stocks et de leur date de péremption en entrepôt.

Pour une meilleure gestion des stocks, un supermarché en Ukraine a, quant à lui, fait le pari de tester un nouvel indicateur de température sur les barquettes de viande afin de savoir si celles-ci ont bien été réfrigérées sans interruption. La date de péremption n’est ainsi plus associée à la durée mais à une température : plus l’indicateur affiche une température basse, moins les bactéries ont pu se reproduire dans la viande, et donc plus longtemps la nourriture pourra se conserver. Cependant, pour des raisons légales, cet indicateur ne pourra pas remplacer la date limite de vente. Il sera plus un complément pour un meilleur contrôle de la qualité en permettant de savoir si l’on peut consommer un aliment même après sa date de péremption. En ce qui concerne les déchets alimentaires non-consommables, il existe également un nouveau système appelé la « méthanisation ». Celui-ci permet de collecter les déchets agricoles et des grandes surfaces pour les transformer, par un processus de fermentation, en une ressource renouvelable appelée « biogaz ». Ce dernier produit une énergie qui peut ainsi être utilisée en bio carburant, en électricité ou encore en source de chaleur.

Gérer le gaspillage devient donc aujourd’hui un objectif à part entière pour certaines entreprises qui y voient là un intérêt économique et un nouveau moyen de répondre à une demande toujours plus soucieuse de l’environnement. La gestion du gaspillage ne relève donc plus uniquement du plan environnemental, il y a bel et bien un véritable enjeu économique et moral. Tous ces plans restent cependant étroitement liés et doivent permettre une véritable prise de conscience dans l’industrie agro-alimentaire. Cependant, de nombreux efforts restent à fournir de la part de tous. En effet, à ce jour aucune mesure prise par le gouvernement n’oblige la Grande Distribution à respecter certaines limites en matière de gaspillage.


Sources http://www.consoglobe.com/gaspillage-monde-mangerait-faim-3029-cg http://alimentation.gouv.fr/pacte-national-lutte-antigaspillage http://fr.wfp.org/faim/faits-et-chiffres http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-methanisation.html http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Le-Grenelle-de-l-environnement-de-.html http://www.wearephenix.com/ http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/08/05/01016-20140805ARTFIG00293-les-supermarches-pourraient-etre-obliges-de-donner-leurs-invendus.php

Learning log

Ce cours nous a permis à tous d’enrichir nos connaissances sur les enjeux liés au gaspillage et a même déclenché une prise de conscience chez certains membres du groupe. Selon nous, s’inscrire dans une stratégie durable et/ou solidaire devrait aujourd’hui être une préoccupation majeure de toute entreprise ou manager.

Apprentissage théorique :
Nous avons découvert de nouveaux concepts s’adaptant à cette demande soucieuse de l’environnement et avons mieux compris la gestion des déchets dans des grandes enseignes de l’industrie agro-alimentaire.

Apprentissage technique :
Ce fut également l’occasion pour nous de développer de nouvelles compétences techniques dans certains domaines encore inconnus comme dans le tournage d’un film, le montage vidéo, les procédures post production à suivre etc.

Développement des compétences managériales :
Ce cours nous a apporté énormément en professionnalisme. En effet, nous avons appris à démarcher les entreprises, leur présenter notre projet de façon attractive et professionnelle. De plus, nous avons dû nous adapter à certains aléas car plusieurs entreprises ont refusé d’être interviewées. Nous avons ainsi mis du temps avant de trouver une compagnie répondant à nos critères, cohérente avec notre problématique et ouverte au dialogue.

Enfin, le travail en équipe dans ce cours fut un point central et indispensable. Nous avons pu développer nos compétences managériales. Par exemple, aucun membre du groupe n’ayant tourné de reportage auparavant, chacun a dû apporter sa contribution dans un but commun afin de parvenir au résultat final.

En somme, nous nous accordons tous sur le fait que ce cours nous a vraiment permis de développer aussi bien nos compétences techniques et théoriques.