Biomimétisme et Intelligence collective au service des économies d'énergie

De Movilab.org

Présentation de notre problématique

La problématique que nous avons choisi de développer est la suivante : Biomimétisme et Intelligence collective au service des économies d'énergie.

Notre dossier de production


Rendu sur Slideshare

Notre reportage



Nous tenons à remercier chaleureusement:


Gilles Boeuf
Président du Muséum national d'histoire naturelle
Président du CEEBIOS
Membre du conseil scientifique du Patrimoine naturel et de la biodiversité
Président du Conseil Scientifique du CIRAD
Membre des Conseils d’Administration des aires marines protégées et d'Humanité & Biodiversité
Membre du comité de perfectionnement du centre des sciences de la mer de Monaco
Président du conseil scientifique d’Agropolis International à Montpellier
Président de la réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane (Pyrénées Orientales)
Professeur invité au Collège de France
Membre de la Commission Française de l’Unesco
Chevalier de l’Ordre national de la Légion d'Honneur et du Mérite


Olivier Zara
Expert des réseaux sociaux & médias sociaux, du management de l’intelligence collective et du Personal Branding
Co-fondateur & Chief Technology Officer de 3-6TY
Consultant en management et médias sociaux de Synergy4 Conseil
Co-fondateur de L'Académie du Personal Branding
Auteur du livre
"Le Management de l’intelligence collective, vers une nouvelle gouvernance"


Martin Träsch
Ingénieur R&D à EEL Energy

Notre article journalistique sur la problématique

Biomimétisme et Intelligence collective au service des économies d'énergie

Le terme de biomimétisme apparaît pour la toute première fois avec Otto Schmitt et son invention de la bascule de Schmitt, pour décrire le transfert des processus de la biologie vers la technologie. Mais c’est l’américaine Janine Benyus qui rendra le concept plus accessible par ses travaux en la matière en 1997, avec son ouvrage Biomimicry : Innovation Inspired by Nature[1].

Le biomimétisme se définit comme une inspiration de la nature dans la diversité de ses formes, procédés et stratégies par l'Homme, pour en comprendre et en reproduire les mécanismes. L’idée n’est pas nouvelle : «Apprenez de la nature, vous y trouverez votre futur» disait Léonard de Vinci[2], qui s’inspirait déjà des oiseaux pour ses dessins de machines volantes. L‘Homme va ainsi reproduire les propriétés essentielles des systèmes biologiques dans l’objectif de les transférer en processus technologiques ingénieux et innovants.

La nature peut-elle ainsi nous inspirer les innovations énergétiques de demain ? Afin d’optimiser les recherches sur les économies d’énergie et le biomimétisme, scientifiques et entreprises partagent leurs connaissances dans le but de trouver des systèmes de production novateurs et économes. Dès lors, le partage de la connaissance sous forme d’intelligence collective ne serait-il pas un moyen supplémentaire de lutter contre le gaspillage énergétique ?

Pourquoi cette question est importante?

Se poser la question des économies d’énergie, c’est se poser la question de notre futur. Face aux nombreux gaspillages, abus, nous avons tendance à faire passer notre intérêt personnel avant l’intérêt de la planète. Si la problématique est connue, comment faire alors pour réaliser des économies d’énergie ?

Et si la réponse se trouvait ici ? Sur notre planète, depuis des millions d’années… Après maintes recherches au sujet des économies d’énergie, nous nous sommes rendu compte que nous pouvions répondre à cette problématique en s’inspirant directement de ce que la nature avait à nous offrir et qu’en mettant en commun nos connaissances, il devenait possible d’œuvrer pour l’économie d’énergie. Cette question est importante car elle est en lien direct avec les nouveaux enjeux mondiaux, à savoir la réduction des dépenses énergétiques.

Les éléments de réponses

Indéniablement, le biomimétisme et l’intelligence collective peuvent participer aux économies d’énergie. Le biomimétisme, tout d’abord, permet la découverte ou la redécouverte d’innovations inscrites au sein de la nature et au service du développement durable. Ainsi, il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver des éléments naturels dont l’homme pourrait s’inspirer : l’aigle des steppes par exemple, a inspiré les ailettes placées aux extrémités des ailes d’avion qui améliorent l’efficacité du vol tout en réduisant la consommation d’énergie[3].

Autre exemple, l’étude des termitières a également permis la construction de bâtiments économes en énergies dépensées dans la climatisation. En effet, les termites savent autoréguler la température de leur habitat par une technique de circulation de l’air grâce à des cheminés centrales et des tunnels souterrains qui permettent à l’air chaud de s’échapper. Ainsi, l’Eastgate building au Zimbabwe possède un système de ventilation similaire à celui des termitières ; c’est-à-dire sans aucune climatisation électrique et simplement à l’aide de cheminées sur le toit pour évacuer l’air et d’une multitude de cavités en bas, pour faire rentrer l’air. Cette technique astucieuse permet de faire près de 35 % d’économie d’énergie[4].

Enfin, le vol du hibou et le plongeon du martin-pêcheur ont directement inspiré les ingénieurs du train à grande vitesse japonais (Shinkansen). En effet, le vol du hibou est particulièrement silencieux grâce à ses petites plumes dentelées qui limitent les tourbillons de vent faisant du bruit, et le plongeon du martin-pêcheur ne lui fait que très peu perdre de vitesse et limite les remous grâce à un bec aérodynamique. Ainsi, les ingénieurs du Shinkansen reproduisirent la structure des ailes du hibou pour dessiner les pantographes qui alimentent le train en énergie et donnèrent au train la forme du bec du martin-pêcheur, ce qui permit au train d’aller 10% plus vite, de baisser de 15% les dépenses énergétiques et de limiter très sérieusement la nuisance sonore dans les tunnels[5].

En cela le biomimétisme est pour beaucoup, plus une philosophie de respect et d’inspiration de la nature qu’une simple copie de celle-ci. Néanmoins il existe aujourd’hui des applications concrètes qui sont faites du biomimétisme au service des économies d’énergie. C’est le cas d’un projet comme la membrane ondulante d’EEL qui, de par sa réalisation, plus simple, et son coût moindre, sera à même de remplacer les éoliennes et ceci pour un meilleur rendement[6].

Enfin la création du CEEBIOS, un centre réunissant le monde de l’entreprise privée, de la science fondamentale et celui de l’ingénierie à Senlis, nous montre comment la conciliation concrète du biomimétisme et de l’intelligence collective peut permettre d’accéder à de nouvelles économies d’énergie[7]. L’intelligence collective, justement, permet de repousser les limites de la connaissance d’un seul individu, limitée par essence à une vision et perception partielle de l’environnement qui l’entoure. Il est important de comprendre que l’intelligence collective n’est pas une somme de QI, il s’agit en réalité de mettre en commun différentes intelligences et de les laisser interagir.

En fait, l’intelligence collective pourrait elle-même être considérée comme une application du biomimétisme ou de la bio-inspiration, comme certains préfèrent l’appeler. En effet, des insectes sociaux telle la fourmi, appliquent une sorte d’intelligence collective. Un anthropologue disait ainsi «La fourmi est un être collectivement intelligent et stupide individuellement, l’homme c’est l’inverse»[8]. À nous de changer cela, et le CEEBIOS est un formidable exemple de ce que l’homme peut accomplir collectivement.

Quel avenir ?

Le vivant est devenu une source permanente d'inspiration pour l'innovation technique. Notre problématique touche directement aux questions de l’innovation dans les économies d’énergies qui est un enjeu actuel, mais qui ira en s’aggravant dans les temps futurs. Le biomimétisme, peut-il devenir l’avenir de notre système économique actuel ? Sommes-nous capables de réétudier l’ensemble de nos processus de fabrication ? Le biomimétisme est-il la solution pour un avenir meilleur ?

Nos recherches et notre reportage prouvent que la question du biomimétisme et de l’intelligence collective dans les économies d’énergie est une question qui vaut la peine d’être posée. Nous en avons donné quelques exemples à travers cet article, mais d’autres applications pourraient voir le jour à l’avenir, car l’intelligence collective dans le domaine du biomimétisme laisse entrevoir un gisement d’innovations qui seront tout autant de solutions à nos défis contemporains et futurs et notamment ceux concernant les économies d’énergies.

Notes et références

  1. Biomimicry : Innovation Inspired by Nature sur Biomimicry 3.8
  2. Article du 03 décembre 2012 sur economie-avenir.com
  3. Interview du 15 septembre 2010 à l'Industrie nouvelle: "Les ailettes quasi verticales (ou winglets) en extrémité de voilure améliorent l’efficacité du vol pour une envergure donnée sont directement inspirées de la forme des ailes de l’aigle des steppes. Ce principe permet d’accommoder l’A380 aux limites aéroportuaires tout en garantissant d’excellentes performances aérodynamiques."
  4. Le Centre Eastgate, Zimbabwe article de l'Institut Biomimétisme Québec
  5. III: la Biomimétique sur Aérodynamisme et Environnement: I) Le martin-pêcheur, le hibou et le Shinkansen
  6. Site d'EEL Energy
  7. Site du CEEBIOS
  8. Karl Von Frich