Dématérialisation numérique des données : pourquoi la France traîne-t-elle les pieds?

De Movilab.org
Jeanne DUMONT
Victoria CRAPIE
Solène BOURGES
Marine NEVEU
Anthony MELONI

Problématique

La dématérialisation est l’un des enjeux majeurs du développement durable. Partant du principe que toute création physique est nuisible à l'environnement, il convient de revoir quelles alternatives nous sont aujourd'hui offertes pour palier aux exigences de la vie en entreprise tout en assurant la préservation de l'environnement sur le long terme.  Au quotidien en entreprise, le salarié manipule de nombreux documents en version papier. Est-il cependant nécessaire de produire une version matérielle de tous ces écrits? Beaucoup trop d’employés, par exemple, impriment encore tous leurs mails. On peut également remarquer que par ailleurs, l’évolution de la législation n’impose plus la conservation de duplicata des factures. Pour s’inscrire dans la tendance d’une performance durable, l’entreprise sera donc progressivement amenée à trouver une alternative au papier. La France, consciente de l’enjeu que représente cette alternative du zéro papier, cherche à suivre la tendance déjà largement amorcée par ses compères européens. A ce sujet elle ne fait pas figure de mauvais élève, mais on peut toutefois observer la réticence des entreprises et des particuliers à renoncer au papier. Son utilisation est effectivement ancrée dans les mœurs, et si la législation incite à recourir à de nouveaux outils et participe toujours plus à leur développement, il semble que le retard accumulé en matière de dématérialisation des données soit avéré. Malgré les réserves dont elles font preuves, comment les entreprises mènent-elles à bien leur passage au zéro papier ?

Article

La France et la dématérialisation des données : du zéro pointé au zéro papier!

La recherche d’une alternative au papier s’est avant tout inscrite dans une problématique environnementale globale. De nombreuses actions largement médiatisées participent à la sensibilisation des ménages à ces nouveaux enjeux du développement durable. La conscience collective incite les particuliers à se soucier des ressources laissées en héritage aux générations futures. La personne morale n’a cependant que faire de ces préoccupations qui la détournent de son objectif principal : sa propre pérennité, qui s’évalue sans prise en compte de ces évolutions accessoires.

Les enjeux d'une performance durable

On remarque donc que la dématérialisation des données est loin d’être un réflexe pour les sociétés. Les entreprises consommatrices de papier sans aucune restriction restent réticentes à l’idée de devoir engager des frais pour y renoncer. Parce que oui, la transition vers le zéro papier est coûteuse[1]! Les investissements qu’elle requiert (réseau informatique, formation des salariés à l’utilisation des nouveaux outils) sont un frein à sa mise en œuvre. Et pourtant, les économies susceptibles d’être réalisées par la suite en valent la chandelle : la gestion interactive des fichiers permet un accès inconditionnel et immédiat aux salariés, le traitement des données est accéléré et la communication entre les différentes entités est quasi instantanée.

Des efforts français payants mais toujours insuffisants

Comment donc est-il possible d’inciter les entreprises à sortir de ce confort matériel qui les prive, à leur insu, de potentiels énormes gains en efficacité? Il semble que les incitations législatives jouent un rôle essentiel. L’instauration progressive d’un cadre juridique permet aux entreprises d’opérer les changements de manière encadrée. Si le secteur privé ne fait pas toujours écho à la mobilisation promue par la loi, le secteur public, lui, répond présent. Et pour cause, la loi du 5 août 2008 [2] ne lui laisse pas le choix et rend la facturation numérique obligatoire. De telles mesures permettent à la France d’avoir été, comme le certifie Louise GUERRE, créatrice de SERDA[3], une entreprise de conseil en gestion de l’information, « pionnière sur l’activité d’e-administration ». La France reste malgré tout à la traîne : les entreprises les plus anciennes restent fort attachées à l’utilisation traditionnelle du papier. Le retard accumulé dans le secteur privé met ici en jeu un aspect sociétal : la res immateriae que constitue l’outil électronique effraie. A cet effet, les progrès en matière de sécurisation des transferts et de l’archivage des données sont toujours plus percutants. La révolution que représentait la signature électronique au début des années 2000 permettait déjà d’entrevoir l’importance donnée à la sécurité des procédés autorisés. Aujourd’hui d’autres techniques ont été mises en place pour protéger les données, comme par exemple la cryptologie qui permet d’assurer leur confidentialité. Si Martine CRAPIE, Secrétaire Générale à la Chambre des Notaires de l’Ain, vante désormais les mérites de la dématérialisation, elle témoigne également des réticences pour les notaires de mutualiser leurs documents au sein du MICEN (Minutier Central Electronique des Notaires de France) [4] .

Quelles perspectives pour la France ?

En l’état actuel des choses, on ne peut faire l’impasse sur le retard qu’elle a accumulé. Néanmoins l’évolution dont elle a amorcé la mise en œuvre laisse présager qu’elle comptera dans quelques années à peine parmi les bons élèves. La législation française se perfectionne constamment dans le domaine de la dématérialisation : les objectifs fixés, réalisables, permettent aux entreprises une mutation progressive. Les entreprises récemment créées prennent totalement part à l’économie numérique et sont hyperconnectées. C’est pour les entreprises pour lesquelles le recours au papier est historiquement ancré que la dématérialisation représente un réel défi. Au 1er janvier 2015 prendra effet la prochaine mesure du gouvernement : l’émission des documents comptables sous forme numérisée sera alors rendu possible pour les entreprises, et même obligatoire pour les collectivités[5]. Cette nouvelle opportunité sera-t-elle mise à profit par toutes les entreprises ?

Le tournage de la vidéo

Le dossier de production

La vidéo

Notes et références

  1. calcul du coût des factures pour une entreprise : [1] sur <www.qweeby.com>
  2. [2] sur legifrance.gouv
  3. engagements du groupe SERDA : [3] sur www.serda.com
  4. Mode d'emploi du MICEN par Jérôme LURETTE : [4]
  5. Démarche du Protocole d'échange standard du gouvernement : [5] sur www.collectivites-locales.gouv.fr