C’est quoi Movilab ?

De Movilab.org
(Redirigé depuis Définition de Movilab)


Petite histoire de Movilab

Movilab est (initialement) un dispositif d’incubation visant à mettre en place des laboratoires de modes de vie durables in vivo en partenariat avec des territoires. Ce dispositif se fonde sur la combinaison des cultures du logiciel libre et des pensées écologiques, et s'appuie sur la pratique (sociale) des Tiers-Lieux. L'ambition est de faciliter la conversion vers des modes de vie durables par l'expérimentation et le partage des savoirs.


Notre ADN

Movilab, qui est devenu avec le temps une marque collective pour les Tiers Lieux, s'articule autour de 6 piliers fondateurs :

  1. Une vision : Relier le libre et le durable dans les territoires
  2. Une démarche : Territoires Intelligents et Communautés Apprenantes
  3. Une méthodologie : Laboratoires en modes de vie durable
  4. Un processus : Tiers Lieux Libres et Open Source
  5. Un commun : Encyclopédie libre des Tiers Lieux
  6. Un manifeste : Le manifeste des Tiers Lieux


Modular2.png Movilab ne constitue pas en soi une communauté mais plutôt un capital informationnel commun au service des communautés qui l'utilisent, l'étudient, le modifient et l'essaiment >>> La gouvernance de Movliab.

Comment est né Movilab ?

Movilab est né - formellement - de l'appel à projet Movida lancé par le Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie en 2010. Cet appel encourageait la mise en place de projets de recherche pluridisciplinaires sur l'accompagnement au changement vers des modes de vie et de consommation durables.

Plan d'action 2010-2015 : Quelles alternatives en termes de modes de vie durables ?
Télécharger l'avis du conseil scientifique sur le rapport final du projet Movilab (PDF)
Historique de Movilab

Porté par Skema Business School, le projet initial a été administré par Thanh Nghiem (Institut Angenius), Christophe Sempels (Skema) et Yoann Duriaux (POC Foundation) en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire (Skema Business School, Ecole des Mines de Saint-Etienne, Fondaterra), sous l’égide d’un Comité des Sages (Barbara Glowczewski, Olivier Frérot, Christian Brodhag, Michel Bernasconi, Véronique Chable, Sylvie Faucheux, Jean-Michel Cornu).

Movilab peut compter sur le soutien d’acteurs précurseurs du libre et durable, qui font partie de l’expérimentation in vivo : le Comptoir Numérique de Saint-Etienne / OpenScop & Zoomacom, O2Zone, Arsenic, le réseau des ERIC PACA, Imagination For People …). Les territoires pilotes 2012 sont Mouans-Sartoux, Loos-en-Gohelle et Saint-Etienne.

Le dispositif s’appuie également sur des étudiants d'écoles et d'universités associées au programme, qui seront immergés en observation participante (démarche propre des anthropologues) dans les sites pilotes. Un suivi scientifique à deux niveaux (en local et en national) permettra de tirer les leçons de l’ensemble des expérimentations.

Il est à souligner que Movilab n'aurait pas eu la même pertinence ni la même raisonnante sans l'essor partout dans les territoires de la consommation collaborative et en particulier celle du mouvement le plus représentatif, OuiShare.

Les projets fondateurs

A l'initiative de Loic Gervais, 1ère rencontre entre Antoine Burret et Yoann Duriaux à Genève


Initiative transversale : Co-écriture d'un manifeste pour les Tiers Lieux - 2013


La raison d'être de Movilab

En croisant l'approche du libre et du durable, Movilab s'appuie sur les pratiques de communauté issues du "Web 2.0". (agissant au-delà du seul « cyberespace") pour co-produire des modes de vie durables et les partager au plus grand nombre dans une démarche d’éducation populaire.

Afin de pouvoir expérimenter des solutions opérationnelles, Movilab s'appuie sur des territoires pilotes d’expérimentation, les communes de Mouans-Sartoux et de Loos-en-Gohelle étant deux de ces territoires pilote. Un territoire pilote n'est pas forcément institué, mais il peut renvoyer à un territoire de projet, à l'image de Saint-Etienne et de sa dynamique autour des Tiers-Lieux. Par ailleurs, is peuvent être physiques ou virtuels.

Qui dit territoires dit communautés. Movilab va accorder une importance toute particulière à ces communautés apprenantes qui vont s'investir dans la co-production de modes de vie durables. L'innovation ascendante prend donc forme dans ces communautés apprenantes qui s'incarnent au sein de territoires, passant ainsi de la théorie et des concepts à la confrontation au réel et à l'expérimentation. C'est la rencontre entre des territoires dits intelligents et des communautés apprenantes qui est au cœur du processus d'expérimentation Movilab.

Movilab se fonde sur trois approches complémentaires [1].

La documentation de pratiques

Les territoires sont souvent riches de projets remarquables qui sont méconnus à une échelle large. En outre, ces projets sont rarement documentés, c’est-à-dire qu'il est rare de bénéficier d'un historique du projet, de sa trajectoire, de la communauté porteuse du projet et de ses facteurs clés de succès. Ils sont finalement rarement ancrés dans le terreau que forme le territoire. Comprendre ce terreau aide pourtant à comprendre les projets qui s'y enracinent. Movilab entend ainsi participer à la documentation de projets remarquables selon une méthodologie particulière. Par analogie avec le monde de l'open source, ce processus de documentation vise à écrire le code source des projets.


Amazing : le média des tiers lieux


L'incubation d'expérimentations

L'apprentissage peut se faire par le décodage et la documentation de projets remarquables. Il passe également par l'action. La phase d'incubation consiste à mettre en œuvre des projets innovants au sein d'un territoire pilote, en lien avec une communauté apprenante, et là aussi d'en documenter l'ensemble de la phase d'évolution. Lancer une télévision citoyenne participative, créer un observatoire de la restauration durable, développer un projet de cartopartie du territoire, initier un système de monnaie locale, sont autant de projets potentiellement innovants pour un territoire qui peuvent faire l'objet de ce processus d'incubation.

Exemples de démarches allant en ce sens :


Chaque jours des POC (proof of concept) sont fabriquées en Tiers Lieux. La POC Foundation (association loi 1901) leur vient en soutien.

La pollinisation des savoirs

L'objectif final de conversion vers des modes de vie durables appelle nécessairement à un passage à l'échelle d'initiatives locales. Il faut donner à voir les savoir-faire et les solutions locales et mettre à disposition le code source des projets remarquables, documentés ou incubés.

Conjuguer le libre et le durable, c'est rendre libre les savoirs et savoir-faire expérimentés de ça de là dans les territoires pilotes ou observés ailleurs pour en favoriser l'appropriation et la réplication par d'autres dans d'autres contextes. C'est aussi pouvoir documenter au fil de l'eau l'impact de ces projets sur les modes de vie et le (mieux) vivre ensemble. Le "code source" de chaque projet est ainsi rendu librement disponible dans le respect de l’approche des communs (notamment des oeuvres culturelles régies par les licences creative commons). Au-delà d'être disponible, chacun peut s'approprier tout ou partie du code, l'utiliser à ses fins propres et faire profiter la communauté des retours d'expérience.

Il ne peut pas y avoir de pollinisation sans contagion des idées comme en témoigne le TEDx de Derek Sivers : How to start a movement.


Viralité et contagion des idées


La méthodologie Movilab

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En référence à l'approche de libre diffusion des savoirs qui caractérise Movilab, chaque projet remarquable, qu'il soit préexistant ou incubé, fait l'objet d'un important travail de documentation, repris sous le vocable d'écriture du code source [2].

L’écriture des codes sources, c’est à dire la formalisation des clés de compréhension des projets à documenter, repose sur une méthodologie particulière qui maximise les chances de pollinisation réussie des expériences vers d’autres territoires. Ce travail démarre par une interrogation sur l’histoire du territoire et sa mise en récit. Lire le passé et le mettre en récit, c’est offrir un moyen de comprendre le présent et de bâtir le futur. La rédaction du récit d’un territoire permet donc de comprendre ses trajectoires de développement, de comprendre ses projets passés et d'y inscrire ses projets futurs. Ce travail, loin d’être anecdotique – l’anthropologie ayant mis en évidence le rôle de la mise en récit et de la construction de mythes sur la diffusion et le partage des savoirs – est au cœur des projets de pollinisation des savoirs et des bonnes pratiques de Movilab. Il permet en outre d'interroger la qualité d'un "terreau" d'accueil pour des projets innovants (degré de maturité du territoire et des acteurs en place, sens du projet par rapport à l'histoire du territoire, capacité de mobilisation d'acteurs en place autour du projet, ...).

La seconde spécificité méthodologique de Movilab consiste à mettre l’accent sur les communautés de contributeurs qui portent les projets, y participent, y mettent de l’énergie et les font vivre au quotidien. Un projet, aussi prometteur soit-il, n’a que peu de chance de réussir s’il ne parvient pas à mobiliser une communauté d'acteurs qui se l’approprient, le portent et le développent. Cartographier les acteurs de la première heure, celles et ceux qui les ont rejoint ensuite, interroger les modalités d'appropriation des projets, la motivation à y participer, les succès et les échecs vécus (...) Bref documenter l'histoire humaine qui jalonne tout projet, sont au cœur du processus d'écriture des codes sources.

Ce double travail de storytelling d'une part et d'écriture des codes sources d'autre part permet à tout porteur de projet potentiel inspiré d'un projet remarquable d'interroger la capacité du territoire et de la communauté d'acteurs à l'accueillir et le développer.

Champs d'actions


Agir en territoire(s)

Movilab et les Tiers-Lieux

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Movilab - Utiliser, étudier, modifier, forker.
  1. People = Tiers
    Créer une communauté voulant faire tiers-lieu en bas de chez eux.
    → culture, langage, jargon,...
  2. Places = Lieux
    Créer un lieu dans un territoire (éphémère, temporaire ou permanent)
    → Archi, design, déco, ...
  3. Process = Libres et Open-Source
    Créer un capital informationnel et matériel commun
    • Concevoir, créer et développer des biens et des services aux avec les citoyens
    • Concevoir, créer et développer des biens et des services aux avec les associations
    • Concevoir, créer et développer des biens et des services aux avec les entreprises
    • Concevoir, créer et développer des biens et des services aux avec les collectivités


Comment quantifier et qualifier l'impact de Movilab sur les Tiers Lieux ?


Avec le rapprochement de Movilab et des Tiers-Lieux, Movilab est devenu peu à peu un site familier de la communauté des Tiers Lieux Francophones ayant fait le choix de s'inscrire dans le prolongement des cultures du logiciel libre (et open source).



Exemples de documentations

Le portage de Movilab


  1. Le lecteur désireux d'avoir plus d'information sur la méthodologie de Movilab pourra se référer à l'ouvrage suivant : Thanh Nghiem, Des abeilles et des Hommes, passerelles pour un monde libre et durable, 2010, ISBN 978-2227479005. Il peut également regarder ce TED Talk
  2. Dans l’univers des logiciels libres, le code source fait référence aux lignes de codes du logiciel que l’utilisateur peut librement consulter, s’approprier et modifier. Il n’y a donc pas de boite noire lorsque le code source est ouvert. Par analogie, le code source Movilab fait référence à l’ensemble des clés de compréhension d’un projet, mis en forme via des didacticiels, vidéos d’illustration, données techniques, constitution de communautés d’entraide, forum, … Une fois mis librement à disposition d’usagers potentiels, ce code source peut être approprié et adapté à de nouveaux contextes, favorisant de fait la réplication et la pollinisation.