Conditions pour l'émancipation de la finance socialement responsable : le cas de la finance islamique

De Movilab.org

Présentation de notre problématique

La problématique que nous avons choisi de développer est la suivante : Le conditions pour l'émancipation de la finance socialement responsable : le cas des ISR & de la finance islamique.

Les valeurs de la finance durable (stabilité, responsabilité, transparence et vision sur le long terme) sont les piliers sur lesquelles la finance doit se construire aujourd'hui. On cherchera donc à savoir comment les ISR et la finance islamique intègre-t-ils cette notions de responsabilité sociale ? Et quelles en sont les limites et les perspectives d’évolution?

Notre dossier de production


Notre reportage



Nous tenons à remercier chaleureusement :

  • BRUNO DE PAZZIS, président du conseil d’administration d’ETHIFIANCE, pour avoir accepté d'intervenir au sein de notre reportage et pour le temps qu’il nous a accordé.
  • Mr BEN BA, responsable d’agence à ISLAMIC DEVLOPOMENT BANK (Arabie saoudite) pour nous avoir apportée ses connaissances en matière de finance islamique.
  • Gabriel DEUTOU, Dean of Islamic Finance Certificate at Groupe ESG, pour avoir gentiment acceptée d'intervenir au sein de notre reportage.
  • Et toute l'équipe pédagogique, en particuliers Christophe Sempels et Dominique Vian pour leurs précieux conseils quant à la direction à prendre en vue d'améliorer la qualité de notre projet.


Notre article journalistique sur la problématique

Les conditions d’émancipation de la Finance Socialement Responsable


La dernière crise financière a mis en lumière la fragilité du système conventionnel face au problème de l’endettement et aux dérives spéculatives. Si l’on admet que les crises favorisent les changements de modèle, alors la finance durable a toutes les chances de prospérer. Dans le monde entier une prise de conscience se fait pour promouvoir un nouveau modèle de développement plus respectueux de l’environnement, redéfinissant les normes sociales et sociétales et en les intégrant dans les politiques publiques et les stratégies des entreprises. Seule une finance durable dite responsable, qui associe performance à long terme et rentabilité acceptable, rend possible le nécessaire changement vers une économie plus éthique, responsable et solidaire. Deux formes de la « finance durable » sont ici traitées : L’Investissement Socialement Responsable (ISR) qui correspond à une démarche d’investissement prenant en compte des considérations liées à l’environnement, aux questions sociales, éthiques et à la gouvernance. Et la finance islamique , qui est conçue en accord avec les principes de la doctrine musulmane et qui se veut ouverte à tous les acteurs. Cette dernière vise à promouvoir le bienêtre de tous les hommes, la préservation des générations futures, des ressources et de l’environnement. La finance durable reste relativement méconnue du grand public, malgré que d’après un sondage EIRIS-Ipsos d'octobre 2013, 51 % de français disent accorder une place importante aux critères sociaux et environnementaux dans leur décision. Nous définirons donc comment les ISR et la finance islamique intègrent la notion de responsabilité sociale.

Les investissements socialement responsables, plus connus sous le nom de ISR, jouent un rôle responsable et actif dans l’économie. Cette notion consiste à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la gestion financière. Cependant, ces investissements ne délaissent pas la performance financière. Il existe différentes catégories d’investissement, on peut citer les actions ainsi que les obligations d’entreprises mais également les emprunts de différentes entités. Les ISR sont très peu proposés au grand public, cependant un particulier peut demander à souscrire à un investissement socialement responsable auprès de son établissement financier (épargne, retraite, assurance-vie…). Concernant, la finance islamique, celle-ci regroupe les produits et services financiers compatibles avec les principes de la doctrine musulmane, la charia. Cette finance socialement responsable suppose l’interdiction de l’intérêt, de la spéculation mais également l’interdiction d’investir dans des domaines considérés comme illicites tels que l’alcool ou le tabac. En France, le ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi a mis en place des montages de finance islamique dans le but d’attirer des investisseurs du Proche-Orient en développement deux principaux outils qui sont la murabaha (achat par les banques d’actifs qu’elle va revendre à terme avec une marge prédéfinie) et les sukuks (certificat d’investissement interdisant le prêt à intérêt).

De manière générale, l’investissement socialement responsable et la finance éthique sont en pleine croissance. Suite à la crise mondiale, le processus s’est accéléré et le développement durable est devenu une notion incontournable dans les politiques publiques et les stratégies des entreprises. La finance éthique, une branche de la finance conventionnelle, a su faire parler d’elle, bien que parfois inconnu du grand public, elle voit sa demande toujours en hausse. Cependant, ces produits financiers constituent un faible pourcentage dans les actifs financiers et manque de soutien de la part des pouvoirs publics afin d’en assurer un développement plus conséquent. D’après le rapport de « Global Sustainable Investment Alliance (GSIA), les investissements socialement responsables représentent au moins 136 000 milliards de dollars qui sont générés à travers le monde entier, bien que le volume et les critères des marchés diffèrent en fonction des pays. La finance islamique s’est développée particulièrement dans les pays anglo-saxons, notamment au Royaume-Uni. Bien que la France soit héritière du droit romain, qui est plus proche du droit islamique que du droit anglo-saxon, celle-ci n’a pas pu développer les produits relatifs à la finance islamique suite à des législations qui s’opposent à l’établissement de telles institutions. La Royaume-Uni présente une population musulmane moindre que celle de la France mais celle-ci est davantage rompue aux pratiques de la finance islamique. Ainsi, hormis la Grande Bretagne, l’intégration des banques islamiques en Europe ne connaît pas encore un grand succès. Cependant, il existe 300 institutions islamiques opérant dans plus de 75 pays, représentant un marché de 1.300 milliards de dollars en 2011. Le principal acteur reste cependant l’Arabie Saoudite où la finance islamique représente la moitié de tous les actifs bancaires. Notre reportage nous amène maintenant à nous demander s’il existe des indicateurs permettant de mesurer l’impact social et environnemental de la finance islamique ou des ISR.

Sources



Learning log : quels sont nos apprentissages lors de ce cours ?

A développer lors de l'amphi de clôture - due date : cet exercice sera réalisé lors de l'amphi de clôture