Tiers-Lieux et bien communs

De Movilab.org


Cette page est événement passé : Semaine Tiers-Lieux -Biennale du Design Avril 2015


Programme de la journée

Les animateurs de la matinée :

09h à 11h : 100 mn pour convaincre... et... 15 jours pour faire!

Comment éviter le format conférence « Sachant VS Ignorant » tout en amorçant cette 15aine avec une culture des Tiers Lieux
et un langage commun à tous les   participants, novices à experts, permettant d’être productif le reste des quinze jours ?

Format : Tables rondes
Sujet : « MoviLab et les Tiers Lieux »
Quand : mardi 8 avril
Heure : 9h00 – 11h00
Où : Auditorium de la Cité du Design

  • Ce qui est proposé

Pour comprendre « Pourquoi » nous faisons globalement les choses (MoviLab) et « Comment » nous les développons localement (Tiers Lieux), nous avons invité 30 personnes qui formeront la « marre des crapauds fous » pour notre rencontre du 7 avril de 9h à 11h à l’auditorium de la Cité du Design.

Un temps convivial et bienveillant pour apprendre à prendre soins de nos abeilles et… nos « Crapauds fous » !


Déroulement et règle du jeu : 100 mn et 30 personnes pour convaincre

Balayer notre sujet dans son ensemble en enchaînant 5 tables rondes de 20 mn chacune en déroulant les 5 socles qui constituent la méthodologie MoviLab. Sur chaque table, 6 spécialistes dessent un état des lieux en 20 mn de :

Les synthèses ci-dessous sont issus des notes prises collectivement par le publics pendant l'événement

Table 1 : Télétravail & Coworking

Bruno Martin/Eric Van Der Broek/Armand Lucas/Jean Pouly/Nelly Bernard/ Léonard

  • Qu’est ce qui marche dans le télétravail ?

Le télétravail permet une meilleure qualité de vie, les retours sont positifs. De grands groupes (exemple L’Oréal) commencent à y penser, ce qui est un signe de l’intérêt que cela présente. Le télétravail marche si les conditions sont en place. Le Coworking et le télétravail sont des usages. Un espace de co- working est un espace ouvert mais où il y a un certains nombres de règles. C'est un espace ascendant. Le télétravail ou télécentre s’adresse à des salariés et non à des indépendants. Ce sont des espaces descendants. On peut faire du coworking ailleurs que dans un tiers lieux. 4 valeurs sont partagées : le partage, la transparence, la bienveillance, l’égalité. Il est important d’associer les entrepreneurs locaux pour en faire un lieu partagé. Le coworking est une façon de travailler ensemble alors que le télétravail est une notion de travail à distance. Ce sont deux notions qui ne sont pas à opposer, il est probable que la notion de télétravail tende à disparaître.

  • Qu’est ce qui ne marche pas ?

Les espaces de coworking ne sont pas encore totalement démocratisés car il est est difficile pour une entreprise de percevoir ce qui se passe dedans. Il ne pas miser uniquement sur les infrastructures et oublier l’animation et la dynamique collective, l’animateur a un rôle clé. Il ne faut pas ouvrir des lieux et attendre que les gens viennent, c’est l’immatériel, les synergies qui font qu’un lieu marche. Le mot télétravail est difficile. Il y a un cadre juridique entre le salarié et l’employeur avec une clause de réversibilité sauf si l’employé est embauché directement sous une forme de télétravail.

  • Et dans ce qui reste à imaginer qu’est qui pourrait marcher ou pas ?

Mailler le territoire d’espaces de coworking. Cofinancer ou trouver des systèmes pour que les salariés qui sont en télétravail à domicile puissent tester le coworking une semaine gratuitement. Sensibiliser les employeurs, les RH des collectivités ou du privé. Dépasser l’espace local et faire des espaces multi usages. Mailler avec peut-être des avantages fiscaux incitatifs.

Table 2 : Numérique & Design

Georges Ziegler, Emmanuel Porte, Antoine Durigan, Alexandre Poltorak, Florent Youzan, Mickaël Mangyoku

  • Qu’est ce qui marche ?

Le LivingLab = écosystème de co-création. La mutualisation des services. L’ouverture de ce secteur, grâce notamment au logiciel libre. Les sollicitations montrent que le numérique peut apporter au design. Le Mixeur est un lieu qui démontre qu’il y a à faire ensemble. Les difficultés sont sources de progrès. Design et numérique peuvent se rejoindre pour travailler sur des solutions pour notamment faire face au vieillissement de la population en concevant des logements et usages adaptés.

  • Qu’est ce qui ne marche pas ?

Ne pas se mettre d’accord sur la licence au départ. Transférer une technologie et l’imposer au territoire. Opposer infrastructures services et usages.

  • Et dans ce qui reste à imaginer qu’est qui pourrait marcher ou pas ?

La ruralité va marcher, dans les campagnes les gens ont de l’appétit. Que les gens aient conscience dès le départ qu’ils devront contribuer, donc de faire une recette et de la partager. Décloisonner la recherche et le développement. S’orienter vers la philosophie du libre.

  • Il existe un territoire sur lequel tout le monde croyait qu’il n’y avait que des problèmes. Ce territoire avec la transition numérique a permis de se rendre compte que chacun des problèmes d’hier est aujourd’hui une idée d’innovation et de Transformation Sociale. Le numérique donne un nouveau regard sur le territoire qui du coup utilise ces manques ou ces difficultés comme des idées d’innovation. Je peux donner deux exemples rapidement. En Côte d’ivoire, les enfants nées dans les zones rurales ne sont pas déclarés car les parents rencontrent des difficultés de déplacement ou de moyens financiers pour quitter leurs villages et venir à la préfecture. C’est en fait 40 euros de transport pour un acte administratifs qui ne coûte que 1 euro. Des jeunes d’un Tiers-Lieux ont créé une application mobile basée sur des logiciels Libres et qui permet de déclaré désormais des naissances par SMS. Cette application est le fruit d’une belle mutualisation de compétences et d’une agrégation d’expériences. Le 2ème exemple est une application de suivi des femmes enceintes et des grossesses par SMS car en Afrique des femmes enceintes sont très éloignés du système médicale. Ces innovations nées dans les Tiers-Lieux sont prototypés par des citoyens qui désormais imposent leur engagement citoyens aux décideurs et aux services publics.

Ce qui ne marcherait pas en Afrique c’est d’imposer la technologie au territoire. Le transfert de technologie doit se co-Construire et surtout répondre à une problématique du territoire dans une langage et une coloration africaine.

Table 3 : Innovation sociale & Consommation Collaborative

Aurore Bui, Simon Sarrazin, Anne Sophie Novel, Renaud Denis, Marika Bernier

  • Qu’est ce qui marche ?

La propriété collective. à Nantes, un collectif a acheté 5 ou 6 logements pour le projet toimoi. un ex plus ancien avec terres de liens, ça marche pourquoi pas pour les espaces de coworking ? Ce qui marche très bien, ce qui est sorti de l'innovation et restreint à une petite communauté de personnes qui ont fait le choix de moins consommer. Cela semble se généraliser à l'ensemble de la société : par ex. le marché de l'occasion et le covoiturage. A la base le covoiturage était bon pour des raisons uniquement écologique. Avec la crise, il s'agit maintenant de raisons économique et pratiques. A Genève, il y a des contraintes de territoires qui poussent au covoiturage. Le territoire est limité et on doit trouver de nouvelles solutions. Dans tout les cas on part de problèmes observé et les résous.

Dans ce qui marche le mieux nous pouvons parler de : transport/habitat/logement. Nous avons répertorier près de 450 initiatives/ 600 initiatives en France, avec des services qui fusionnent. Aujourd'hui on travail à à créer une base de données ouvertes avec toutes les success stories et leurs recettes.


  • Qu’est ce qui ne marche pas ?

Poser la question des monopoles qui risquent de se créer. Nous n'avons pas encore de visibilité sur comment il faut structurer la consommation collaborative. Il faut sortir des personnes convaincues, envisager par exemple la collocation pour les plus âgés. Ce qui fonctionne c’est la stratégie du lierre. Quand on s’adresse à des niches, ça ne marche pas. Comment on peut dupliquer un projet sur un autre territoire car il est compliqué de mettre une recette en place. Ça marche lorsque c’est facile à adapter en fonction du territoire.


  • Qu’est ce qui pourrait marcher ?

Se poser la question de savoir comment on passe à plus grande échelle. Créer des décloisonnements. Rester sur du local tout en tentant de mailler. Ne pas chercher une solution économique à un problème économique. Il y a une difficulté à transférer des pratiques sociales: exemple de tela botanica, réseau de botanique fr, + 20 000 membres qui a essayé d'appliquer le même modèle aux insecte, mais n'a pas réussi. Comment dupliquer les pratiques dans un autre contexte ? Une recette libre / code source c'est utile, mais ca ne suffit pas. Autre question comment passer à l’échelle ? Cependant, l'idée de code source est très importante pour un projet qui reste en évolution ou qui est très adaptable (disco soupe, jerry ...etc) sont des formats qui sont très "malléables " enaud Denis : Consocollab fait partie de l'InnovSo, faut pas chercher une soluce unique pour un pb unique, une étape faut prendre plein d'autres choses -> pensée systémique/globale

Marika


AnneSo : économie du partage plus que ConsoCollab on parle de biens communs plus large


capacité a remunerer les logiques contributives, productions de communs, on explore de nouveau modèles


  • Table 4 : Économies & Législation
  • Table 5 : Enseignement, Science & Recherche
  • Ce qui marche
  • Ce qui ne marche pas
  • Ce qui pourrait marcher
  • Ce qui ne marchera pas


A l’issue de ces 100 mn, nous espérons avoir crée le pré-requis culturel pour que tous les participants puissent contribuer en connaissance de cause à la Causerie qui s’en suivra : Quel monde créons nous ? (avec ou sans Tiers Lieux…)


11h à 12h00 : Causerie - Quel Monde Créons-Nous

Format : Causerie
Sujet : « le monde avec (ou sans) les Tiers Lieux en 2030″
Quand : mardi 8 avril
Heure : 11h00 – 12h30
Où : Auditorium de la Cité du Design

Dans nos territoires, des montants financiers considérables sont injectés afin de faire émerger une génération de startups technologiquement innovantes. Ces startups portent en elle l’espoir d’apporter un dynamisme économique permettant de retrouver la croissance et la compétitivité. La valorisation de ces technologies et l’enrichissement des quelques fondateurs doivent permettre, par ruissellement, de recréer de la richesse sur les territoires, des emplois, etc. Mais le développement intensif des technologies et l’investissement massif dans l’innovation à un coût. Celui d’avancer inexorablement vers des villes et des vies automatisées. Des villes et des vies auto-organisées selon des algorithmes évolutif et hyper-puissants. Le défi des villes et des vies de notre société se trouve ainsi dans la prise en main de la gouvernance des données algorithmiques. C’est un enjeu de contrôle et de pouvoir. C’est un enjeu économique et social. Soit cette gouvernance est centralisée par de grands comptes, quelques armées et quelques États qui en aurons le contrôle, soit elle est distribuée, décentralisée, ouverte et se positionne comme un outils de valorisation et d’individuation des populations et des territoires.

Les potentialités permises par la création, la maîtrise et la pérennisation d’un patrimoine technologique et informationnel commun, offre une opportunité sans précédent de rétablir un équilibre entre les intérêts individuels et l’intérêt général. De se réapproprier le design de nos vies. Le processus de réappropriation des données permis par la création d’un patrimoine commun, comme peut l’être Movilab, permet de remettre l’homme au centre de l’automatisation algorithmique. D’y intégrer le principe d’incertitude cher à la mécanique quantique. C’est à dire que l’outil technique reste la maîtrise de l’homme, de ses doutes, de ses excès mais aussi et surtout de sa volonté. La réappropriation des données permet d’agir sur cette question essentielle : Quelle monde créons-nous?

Dans nos Tiers-Lieux, il est souvent question de « changer le monde ». Mais le monde a déjà changé. La robotique, la domotique, les nanotechnologies, la neurologie plastique sont des réalités effectives. Les procédés de normalisation culturelle sont en cours. A l’issu de la seconde guerre mondiale, lorsque les Américains ont libérés l’Europe, la contrepartie était d’acheter leurs films, leur culture. Quelle est la contrepartie des services, parfois salivant, proposés par Google ou Facebook?

Dans les Tiers-Lieux, la question n’est pas de changer le monde, mais bien comment voulons-nous changer le monde? Quelle est la répercutions de nos agissements, de nos décisions, de nos créations, de nos innovations. Selon Paolo Virilio, « créer l’avion, c’est créer l’accident d’avion ». Dans ce nouveau monde, quel accident créons-nous? Tant que l’horizon sera le rachat nous ne créerons rien d’autre que ce qui n’est déjà. L’accident de la technologie c’est la privatisation du savoir technologique. Socialement c’est un risque. Économiquement cette privatisation est un manque à gagner énorme. En reprenant la maîtrise de leurs savoirs technologiques, les individus et les territoires, sont en capacité de générer eux-mêmes leurs réalités, leurs valeurs. Pour ce faire une architecture de création complète, fonctionnelle et effective est déjà à disposition. Elle est en outre validée par toutes les instances internationales. C’est un standard.

Dans le manifeste des Tiers-Lieux, il est écrit que le Tiers-Lieu pose une question de conscience stratégique sur la manière dont se pense la création de valeurs. Le manifeste des ingénieurs critiques et les nouveaux principes de conception des designers vont dans le même sens. L’enjeu est d’intégrer le bon sens et le libre arbitre dans le processus de créativité, de ré-industrialisation de nos territoires et dans le développement de produits ou de services innovants.

A mon sens, c’est par les Tiers-Lieux que ce type de problématique peut être résolue. C’est par le Tiers-Lieu que ce genre de problématique peut être abordée localement. C’est par le Tiers-Lieu que des individus peuvent s’emparer de ces problématiques. C’est par le Tiers-Lieu, que ingénieurs, designers, décideurs publics, entrepreneurs, étudiants, citoyens, associatif peuvent confronter leurs contraintes et leurs ambitions. C’est par le Tiers-Lieu que des services ou des produits intelligents peuvent apparaître. C’est par les Tiers-Lieux que le bien commun peut être à disposition de tous par tous.

Bien que ces considérations puissent paraître déconnectées des réalités de nos concitoyens, elles affectent indirectement notre quotidien. Et c’est ici que le Tiers-Lieu joue un rôle central. Car seul la multiplication de lieux neutres de type Tiers-Lieu peut permettre de s’emparer des défis auxquels nous sommes confrontés. A Saint-Etienne, la reconversion par le Design est un atout considérable. Le croisement, dans nos Tiers-Lieux de logiques et de réalités parfois opposées permet de construire l’émergence en toute conscience.

La Quinzaine des Tiers-Lieux est l’occasion de se réunir pour tangibiliser cette perspective. C’est l’occasion de coder les villes de manière libre et ouverte pour en garder la maîtrise. De valoriser l’intangibilité de nos actions en les codants.

12h à 14h : Atelier Make Your Food

14h à 18h : BarCamp : Fabriquez et partagez vos codes sources

Liens vers la page évènement TiLios

Code source simple

Code source complexe

Code source assemblé

Ressources

Tiers-Lieux et Biens Communs en vidéo

La quinzaine en photos

Quelques chiffres