Tiers-Lieu. Concept : Différence entre versions

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Le Plan Localisé de Quartier est l’ensemble des documents, des plans et des règlements relatif à un quartier qui doit être construit. C’est une représentation dessinée de ce à quoi va ressembler précisément un nouveau quartier. C’est par exemple le dessin représentant précisément ce que va être le nouveau quartier d’ ONEX ou bien le quartier des Semailles à Lancy, les communaux d’Ambilly, les Cherpines Grosselin ou le grand projet Praille Acacias Vernets (PAV). C’est le dessin qui représente précisément quelle va être la taille des bâtiments, où seront les espaces publics, les places de parking, a quoi le quartier va ressembler. Quelle va être le système de gestion de l’énergie, de gestion des déchets, etc.  
 
Le Plan Localisé de Quartier est l’ensemble des documents, des plans et des règlements relatif à un quartier qui doit être construit. C’est une représentation dessinée de ce à quoi va ressembler précisément un nouveau quartier. C’est par exemple le dessin représentant précisément ce que va être le nouveau quartier d’ ONEX ou bien le quartier des Semailles à Lancy, les communaux d’Ambilly, les Cherpines Grosselin ou le grand projet Praille Acacias Vernets (PAV). C’est le dessin qui représente précisément quelle va être la taille des bâtiments, où seront les espaces publics, les places de parking, a quoi le quartier va ressembler. Quelle va être le système de gestion de l’énergie, de gestion des déchets, etc.  
  
Jusqu’à cette loi, ce dessin était réalisé par des architectes et des ingénieurs selon des directives venus du Conseil d'État, de la Direction de l’Aménagement, des Logement et de l’Énergie (DALE). Personnes d’autres n’avaient son mot à dire, sur ces dessins qui ont pourtant de très larges conséquences dans le temps sur la vie des gens. Les habitants découvraient une fois construit les blocs en forme de barres qui avaient été dessinés par le canton sur leur quartier ; les Conseils municipaux découvraient au dernier moment les plans de quartiers dessinés par le canton sur leur commune. La loi 11305 permet désormais que ces dessins soient réalisés par concertation avec l’ensemble des parties prenantes.
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Jusqu’à cette loi, ce dessin était réalisé par des architectes et des ingénieurs selon des directives venus du Conseil d'État, de la Direction de l’Aménagement, des Logement et de l’Énergie (DALE). Personnes d’autres n’avaient son mot à dire, sur ces dessins qui ont pourtant de très larges conséquences dans le temps sur la vie des gens. Les habitants découvraient une fois construit les blocs en forme de barres qui avaient été dessinés par le canton sur leur quartier ; les Conseils municipaux découvraient au dernier moment les plans de quartiers dessinés par le canton sur leur commune. La loi 11305 permet désormais que ces dessins soient réalisés par concertation avec l’ensemble des parties prenantes. C’est-à-dire que le dessin du quartier doit être le fruit d’un travail conjoint du DALE, de la commune, des promoteurs immobiliers, des propriétaires, des habitants, des associations, des voisins du quartier, des habitants de la commune et tous particuliers intéressés.
 
 
Qu’est-ce qu’une concertation ? Si on appréhende le terme de concertation dans le sens qui lui est généralement dévolu dans l’action publique, la concertation est l’action, pour un ensemble hétérogène de personnes (physiques ou morales), de trouver un accord, de résoudre ensemble un problème qui se pose et de prendre ensemble une décision collective. Dans notre contexte, une concertation pour élaborer un Plan Localisé de Quartier signifie que le dessin du futur quartier doit être réalisé par l’ensemble des personnes concernés par le développement du futur quartier. C’est-à-dire que le dessin du quartier doit être le fruit d’un travail conjoint du DALE, de la commune, des promoteurs immobiliers, des propriétaires, des habitants, des associations, des voisins du quartier, des habitants de la commune et tous particuliers intéressés.
 
  
 
Selon les chiffres à disposition, ce sont environ 200 personnes qui sont impliquées dans chacune des concertations. Cela veut dire que sur chacun des 46 projets de quartier à construire d’ici à 2030, près de 200 personnes doivent travailler conjointement et ce mettre d’accord sur un même dessin. Que sur chacun des 46 projets de quartier à construire, ces 200 personnes aux intérêts divergents et parfois contradictoires, doivent parvenir à concevoir ensemble un même dessin. Un dessin qui répond aux besoins et aux croyances de chacun : expert et profane, jeunes cadre célibataires, couple avec enfants et personnes âgées, futur locataire et propriétaires, habitants et passant. Un même dessin dont chacun doit être près à répondre personnellement.
 
Selon les chiffres à disposition, ce sont environ 200 personnes qui sont impliquées dans chacune des concertations. Cela veut dire que sur chacun des 46 projets de quartier à construire d’ici à 2030, près de 200 personnes doivent travailler conjointement et ce mettre d’accord sur un même dessin. Que sur chacun des 46 projets de quartier à construire, ces 200 personnes aux intérêts divergents et parfois contradictoires, doivent parvenir à concevoir ensemble un même dessin. Un dessin qui répond aux besoins et aux croyances de chacun : expert et profane, jeunes cadre célibataires, couple avec enfants et personnes âgées, futur locataire et propriétaires, habitants et passant. Un même dessin dont chacun doit être près à répondre personnellement.

Version du 8 juin 2018 à 15:53

Cet article sert de base pour plusieurs autres publications. 

Tiers-Lieu. Concept.

Dans cet article nous présentons le concept de tiers-lieu. Nous en expliquons les caractéristiques et nous décrivons les situations qu’il explique. Nous le testons ensuite sur un cas extrême et envisageons des champs d’applications potentiels.

Définition

Notre conception du tiers-lieu est tirée d’un travail de recherche en sociologie. Nous avons étudié les différents usages du terme de "tiers-lieu" dans la littérature et dans les milieux professionnels. Nous avons étudié les troisièmes lieux chez Ray Oldenburg et les structures sociales de la sphère publique bourgeoise chez Jürgen Habermas. Nous avons ensuite exploré entre 2010 et 2015 le comportement des personnes et le fonctionnement de services qui se désignaient ou se présentaient explicitement comme des tiers-lieux. C’est à partir de ces enseignements que nous avons convenu d’un énoncé général formulé en une proposition de définition conceptuelle. Nous avons ainsi défini le tiers-lieu comme une configuration sociale où la rencontre entre des entités individuées engage intentionnellement à la conception de représentations communes. Cette définition est qualifiée de conceptuelle car elle intègre le tiers-lieu dans une "classe d’objet" - une configuration sociale (C0) - et énonce trois caractéristiques qui distinguent cet objet de la classe à laquelle il appartient : une rencontre entre des entités individuées (C1); un engagement intentionnel (C2); la conception de représentations communes (C3).

Ci-après nous expliquons chacun des éléments qui structurent la définition :

  • C0. Une configuration sociale : cette formulation est empruntée à la sociologie de Norbert Elias. Elle désigne basiquement un ensemble organisé d’interrelations et d’interdépendances entre plusieurs individus et un environnement (composé d’éléments techniques et non techniques).
  • C1. Une rencontre entre des entités individuées : dans le tiers-lieu a minima deux entités se réunissent et de cette réunion se produit un échange qui peut être de nature multiple et variée. L’interaction se déroule en un lieu identifié. Les raisons de la rencontre ne sont pas précisées. Les qualités formelles des entités ne sont pas non plus précisées, ce qui laisse supposer qu’elles ne sont pas de même types ou qu’elles possèdent des propriétés différentes, par exemple la rencontre entre un individu et une organisation, la rencontre entre plusieurs organisations qui n’ont pas les mêmes activités ou bien la rencontre entre plusieurs disciplines, etc. Il est tout de même précisé que les entités qui se rencontrent sont individuées, c’est-à-dire qu’aucune obligation ne relie les entités en amont de la rencontre. Elles disposent toutes d’une identité propre et indépendante. C’est par la rencontre et dans le temps indéfini de celle-ci que ces entités différentes vont constituer un ensemble interdépendant.
  • C2. Un engagement intentionnel : dans le tiers-lieu, la rencontre entre les entités différentes créer un lien qui n’existait pas jusqu’alors. Par cette rencontre, les entités s’engagent à prendre ensemble une certaine trajectoire d’action. C’est un engagement conjoint qui est conscient et volontaire. La rencontre peut éventuellement être contrainte mais l’engagement conjoint est voulu, et procède d’une certaine stratégie individuelle. Il procède en outre d’une activité de négociation afin de convenir de la trajectoire d’action. Le procédé de cette négociation n’est pas précisé, il peut être le fruit d’un compromis, d’un consensus, d’un consentement mutuel ou bien d’une décision autoritaire de l’une de ces entités et derrière laquelle le ou les autres entités se replient intentionnellement.
  • C3. La conception de représentations communes : dans le tiers-lieu, les entités élaborent conjointement des représentations sur différents supports. Concrètement, ils conçoivent un objet, une organisation, une technique ou un système abstrait qui formalisent les raisonnement qui motivent leurs engagement. Il peut s’agir d’un objet, d’une organisation, d’une technique, d’un système abstrait ou d’un dispositif, conçu par l’homme pour répondre à ses besoins Tous type d’artefact est envisageables. Il est précisé que ces représentations sont communes, c’est-à-dire que se sont les entités qui définissent les règles et les sanctions qui ordonnent cette représentation.

Représentation simplifiée

Pour décrire les situations que génèrent le tiers-lieu nous nous appuyons sur la figure.1. Cette figure est un schéma qui représente la définition conceptuelle. Elle illustre un lieu de rencontre où des personnes qui ne sont pas liées entre elles travaillent à la conception d’un même objet.

Figure 1. Représentation simplifié du tiers-lieu

Dans la figure 1. le grand cercle qui entoure les trois personnages représente l’environnement spatiale dans lequel ils évoluent. Le petit cercle situé au pied des personnages représente les intérêts individuels de chacun. Les arcs superposés représentent la capacité qu’ont les personnes de prendre en leur nom publiquement la parole, d’exprimer leurs raisonnements, de débattre et éventuellement de délibérer. Les flèches à double sens évoquent les échanges qui peuvent avoir lieu entre les personnes. Au pied de chacun des personnages, les petits cercles ont tous une ramification unique qui est relié à un autre petit cercle au centre. Cela représente le fait que les personnes construisent et ont la responsabilité d’un même artefact. Cet artefact représente l’intérêt collectif des trois personnages.

Au travers de la figure 1. nous décrivons certaines situations que le tiers-lieu génère.

On observe le tiers-lieu, comme un rassemblement de personnes en un même endroit. Un endroit peut être sensible (une place dans une ville, un bâtiment), informationnel (un site internet, un jeu vidéo) ou bien symbolique (une conviction, une lettre). L’endroit peut être être délimité à l’occasion d'un rassemblement (un festival, un espace qui change de fonction) et peut avoir une existence indépendante du rassemblement (une épicerie, un restaurant). On observe aussi qu’il n’y a pas de lien direct entre les personnes. Ils n’ont pas de liens de subordination, de liens contractuels, ni à priori de liens familiaux. Ce ne sont donc pas des employés d’une même entreprise ou des membres d’une même association. Ils peuvent être là pour différents motifs et avoir différents usages. Certains peuvent organiser le tiers-lieu, d’autres en faire l’expérience ou être simplement de passage.

On observe également que dans le tiers-lieu, ce rassemblement entre personnes différentes fait émerger une certaine sociabilité. En coexistant dans le même endroit, les personnes dialoguent discutent, se disputent, se contredisent ou s’informent. Les personnes s’entraident sur des sujets, partagent des connaissances. Éventuellement, elles exposent et échangent librement des biens ou des services. Entre ces personnes se créent des liens qui n’existaient pas auparavant. Des liens qui vont de l’amitié, à l’esprit de corps, voir à l’amour. Les personnes discutent régulièrement des questions politiques notamment et aboutissent - par la récurrence des relations dans un cadre commun - à une compréhension partagée des faits. Une forme de reconnaissance mutuelle où les capacités et les qualités des uns et des autres sont évaluées à partir d’un système de références général. Une entente mutuelle où la confiance entre les personnes peut faire naître l’ambition de transformer ensemble une situation jugé problématique.

On observe enfin que dans le tiers-lieu, le rassemblement débouche sur un mouvement de mélange, de métissage entre les personnes. Il se forme entre les entités une méta-entité. Une entité nouvelle, commune, tirée de l’addition des entités. C’est cette mise en commun qui est envisagée comme un engagement dans une même activité. Les personnes expriment leurs raisonnements, elles échangent des idées et confrontent des opinions individuelles. Si à la suite d’une conversation, elles perçoivent une complémentarité entre leurs stratégies individuelles ou un intérêt partagé, les personnes s’engagent ensemble dans un travail de conception. Simultanément les personnes déploient une activité sur un même objet, qu’il s’agisse d’un concept, d’un ustensile, d’une œuvre plastique, d’un programme informatique et plus généralement d’un artefact. Celui-ci est en soi une représentation des raisonnements de ses concepteurs. Cette représentation est qualifiée de "commune" car elle procède de l’activité conjointe des entités et, qu’au préalable, ces entités conviennent de règles attenantes à l’usage de cet artefact.

Commentaires et champs d’applications potentiels.

Nous avons montré que le concept de tiers-lieu décrit une situation qui à certains égards est d’une indiscutable simplicité : plusieurs personnes privés se rencontrent et décident volontairement de concevoir et d’administrer ensemble un artefact quel qu’il soit. Ce peut-être une recette de cuisine, une œuvre plastique, un service informatique ou un texte délimitant une stratégie commune. Ce peut-être une école de pensée, un mouvement artistique, une constitution, les plans d’un futur quartier, une zone de vie sociale sur un terrain agricole, une construction mécanique, des modèles de contrats, etc. Les champs d’application sont potentiellement illimités.

Aujourd’hui, nous postulons que le tiers-lieu peut-être conçu de toute pièce, artificiellement, comme on concevrait un service ou une institution. Cette conjecture suppose que SI l’ambition est de créer une configuration sociale où la rencontre entre des entités individuées engage intentionnellement à la conception de représentations communes, ALORS sous des formes extrêmement variées, se succèdent différentes séquences qu’il est à priori possible de standardiser.

Ce postulat suffit pour envisager la possibilité de formuler une théorie simple et cohérente de la conception collective.

Cas extrême : l’accord de Paris sur le climat a-t-il été élaboré en tiers-lieu ?

Nous testons notre compréhension du tiers-lieu sur un cas extrême : l’accord de Paris sur le climat. Nous considérons cet accord comme un artefact commun au pays, en tant qu’il est le premier texte élaboré par l'ensemble des pays de la planète. A partir de plusieurs textes qui décrivent sa situation de conception[1], nous démontrons que, dans une certaine mesure, celle-ci reprend les caractéristiques du tiers-lieu. Nous n’étudions pas l’accord de Paris en lui-même ni-même les aventures qu’il traverse, mais la manière dont il a été créé et les problèmes que cela soulève.

Pour réaliser cet accord, un long processus de négociation a été mené en amont de la conférence par une équipe technique interministérielle pluridisciplinaire surnommée « l’équipe de France du climat ». Des rencontres formelles ont été organisées pendant les COP 19 et COP 20 avec les autres États. Des rencontres régulières dans des cadres informels ont également eu lieu et ce dans le but de tisser des liens interpersonnels, de tester des idées, de discuter des éléments clés de l’accord en vue d’aboutir à une compréhension conceptuelle de la position des autres. Avant et après chaque rencontre informelle un guide et un aide-mémoire, étaient rendus publics pour socialiser les idées. L’intégration de la société civile dans les négociations internationales ainsi que le travail sur un temps long ont participé à créer une atmosphère de confiance. Progressivement, les différentes parties se sont familiarisées avec cette méthode qualifiée de "consultation inclusive sans surprise". Un groupe informel, ouvert à toutes les parties et aux observateurs, était chargé de mener les débats de façon transparente, afin de faciliter les discussions et d’assurer la participation de tous. Si la plupart des points de l’accord ont été négociés en amont, lorsque s’ouvre en novembre 2015 la Cop21, il y a encore 1 600 points de désaccords et 1 600 parenthèses dans le projet de texte. L’objectif était de passer en deux semaines de 1 600 à 0 car il ne fallait pas - selon les règles de la Convention Climat qui ont été acceptées par tous, qu’il y ait une seule opposition au moment de la décision finale. C’est soumis à cette obligation de résultats durant les quinze jours de la conférence que les négociateurs sont parvenus à boucler le texte. Non pas que les opinions de chacun, souvent contradictoires, aient été totalement suivies mais il s’est agit d’aboutir un compromis par le haut. Un compromis ambitieux, afin de ne pas déboucher sur un texte final a minima. Chacun a été entendu, afin qu’il n’y ait pas de blocage et que la totalité des États se conviennent que le texte final était le meilleur possible, même s’il ne satisfaisait pas pleinement chaque pays. Il en résulte que pour la première fois un même texte a été élaboré conjointement par la contribution de l'ensemble des États de la planète. Pour la première fois, 196 États ont formalisés une stratégie commune, politiquement contraignante, sur un sujet qui engage la société tout entière.

Quand bien même cela mériterai un examen bien plus approfondi, la situation d’élaboration de l’accord de Paris reprend les caractéristiques minimales du tiers-lieu tel qu’énoncé dans sa définition conceptuelle. Effectivement dans le cas de l’élaboration de l'accord sur le Climat par l'ensemble des pays de la planète, la rencontre (pendant la COP21 entre autre ) entre plusieurs entités individuées (les États et la société civile) les a engagée intentionnellement (cette assertion reste toute relative) à la conception d’une représentation (l’écriture de l’accord universel qui exprime les raisonnements des contributeurs) commune (dont tous les contributeurs sont responsables). Bien que les conditions particulières d’organisation et les enjeux diplomatiques amènent à nuancer l’analogie, le multilatéralisme participatif qui est évoqué avec enthousiasme pour discuter du processus diplomatique de la COP21 offre, dans certaines limites, un aperçu des dimensions dans lesquelles le tiers-lieu peut être déployé.

Cas extrême : les situations de concertation dans le Canton de Genève sont-elles des tiers-lieux

En janvier 2015, la République et Canton de Genève a voté la loi 11305 sur les Zone de Développement. Cette loi instaure l’obligation légale de concertation avec l’ensemble des parties prenantes impliquées lors de l’élaboration des Plans Localisés de Quartier. L’intention initiale de cette loi est d’associer les personnes concernées aux démarches, aux processus et aux projets d’aménagement.

Concrètement, cela signifie que depuis 2015 sur le territoire genevois, la trajectoire pour l’élaboration d’un nouveau quartier est la suivante : le Conseil d’État présente une stratégie générale de développement territorial au travers d’un Plan Directeur Cantonal. Dans ce plan directeur Cantonal, il est notamment délimité les zones où seront développé de nouveaux quartier, et le nombre d’habitations que ces nouveaux quartiers doivent offrir. À partir de ces contraintes un Plan Localisé de Quartier doit être réalisé.

Le Plan Localisé de Quartier est l’ensemble des documents, des plans et des règlements relatif à un quartier qui doit être construit. C’est une représentation dessinée de ce à quoi va ressembler précisément un nouveau quartier. C’est par exemple le dessin représentant précisément ce que va être le nouveau quartier d’ ONEX ou bien le quartier des Semailles à Lancy, les communaux d’Ambilly, les Cherpines Grosselin ou le grand projet Praille Acacias Vernets (PAV). C’est le dessin qui représente précisément quelle va être la taille des bâtiments, où seront les espaces publics, les places de parking, a quoi le quartier va ressembler. Quelle va être le système de gestion de l’énergie, de gestion des déchets, etc.

Jusqu’à cette loi, ce dessin était réalisé par des architectes et des ingénieurs selon des directives venus du Conseil d'État, de la Direction de l’Aménagement, des Logement et de l’Énergie (DALE). Personnes d’autres n’avaient son mot à dire, sur ces dessins qui ont pourtant de très larges conséquences dans le temps sur la vie des gens. Les habitants découvraient une fois construit les blocs en forme de barres qui avaient été dessinés par le canton sur leur quartier ; les Conseils municipaux découvraient au dernier moment les plans de quartiers dessinés par le canton sur leur commune. La loi 11305 permet désormais que ces dessins soient réalisés par concertation avec l’ensemble des parties prenantes. C’est-à-dire que le dessin du quartier doit être le fruit d’un travail conjoint du DALE, de la commune, des promoteurs immobiliers, des propriétaires, des habitants, des associations, des voisins du quartier, des habitants de la commune et tous particuliers intéressés.

Selon les chiffres à disposition, ce sont environ 200 personnes qui sont impliquées dans chacune des concertations. Cela veut dire que sur chacun des 46 projets de quartier à construire d’ici à 2030, près de 200 personnes doivent travailler conjointement et ce mettre d’accord sur un même dessin. Que sur chacun des 46 projets de quartier à construire, ces 200 personnes aux intérêts divergents et parfois contradictoires, doivent parvenir à concevoir ensemble un même dessin. Un dessin qui répond aux besoins et aux croyances de chacun : expert et profane, jeunes cadre célibataires, couple avec enfants et personnes âgées, futur locataire et propriétaires, habitants et passant. Un même dessin dont chacun doit être près à répondre personnellement.

Si l’un des participants n’est pas en accord avec la représentation finale, il a la possibilité légale de faire recourt. C’est-à-dire de contester le plan et de bloquer le projet de quartier obligeant ainsi à retravailler le dessin jusqu’à satisfaction. Et cela peut prendre des années.

Fork

Refaire le monde en tiers-lieu dans l'Observatoire, la revue des politiques culturelles
  1. Radoslav S., Dimitrov., (2016), The Paris Agreement on Climate Change: Behind Closed Doors, Global Environmental Politics 16:3, August 2016, doi:10.1162/GLEP_a_00361 Ourbak, T., (2017), Analyse rétrospective de la COP21 et de l’accord de Paris : un exemple de diplomatie multilatérale exportable ?, rapport est disponible en ligne sur France Diplomatie http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/photos-videos-publications-infographies/publications/enjeux-planetaires-cooperation-internationale/rapports/ Entretien avec Laurent Fabius (2017). « Il n’y a pas d’accord si tout le monde n’est pas d’accord ». Négociations, 27,(1), 37-48.doi:10.3917/neg.027.0037.