Mise sous pression du modèle économique des majors par le crowdfunding

De Movilab.org

Présentation de notre problématique

Paradoxalement à une société de plus en plus individualiste de nouveaux concepts communautaires émergent. Ainsi, ces dernières années le crowdfunding a fait de nombreux adeptes, permettant à de multiples projets de voir le jour via un financement par les internautes. Ce type de financement participatif a notamment révolutionner l’industrie musicale créant un vrai lien entre l’artiste et son public, bouleversant le modèle économique des Majors jusqu’ici peu remis en cause.

La problématique que nous avons choisi de développer est la suivante :
Comment les grandes Majors de l’industrie musicale peuvent réagir face à un nouveau modèle de rupture qu’apporte l'apparition de nouveaux acteurs tels que les sites de crowdfunding ?

Notre dossier de production

Notre reportage

Nous tenons à remercier chaleureusement :

Mr François CHESNAIS, Directeur du Fonds pour la Création Musicale (FCM),

Mr Bruno BOUTLEUX, Directeur de l'ADAMI (société civile pour l'Administration des Droits des Artistes Musiciens et Interprètes),

et Mme Annick GEISLER, Directrice Marketing International de SONY MUSIC

Notre article journalistique sur la problématique

Problématique : Comment les grandes Majors de l’industrie musicale peuvent réagir face à un nouveau modèle de rupture qu’apporte l'apparition de nouveaux acteurs tels que les sites de crowdfunding ?

Ces dernières années, le crowdfunding a fait de nombreux adeptes, permettant à de multiples projets de voir le jour. Ce type de financement participatif a notamment eu un impact sur l’industrie musicale, créant un vrai lien entre l’artiste et son public. La méthode des sites de crowdfunding tels que MyMajorCompany a dû évoluer pour faire face aux problèmes de retour sur investissement. En effet, tous les artistes ne connaissent pas le succès de Grégoire, qui a permis à ses investisseurs de récupérer plus de vingt fois leur mise. Beaucoup de projets n’aboutissent pas, ne permettant alors aucun retour sur investissement et causant même une perte pour les investisseurs. Les projets proposant un retour sur investissement sont désormais sélectionnés très rigoureusement par les sites de crowdfunding sur des critères comme leur sérieux, leur background et leur business plan, qui est soumis à un audit financier. Désormais, les porteurs de projet proposent des contreparties en nature, un mp3 pour un petit financement (1-10€), un cd pour un financement plus important (10-30€), une édition limitée pour un financement plus important (30-100€), une expérience personnalisé tel qu’un accès back stage ou un diner avec l’artiste pour des sommes au delà de 100€. Dans le domaine musical, le crowdfunding s’effectue donc maintenant sous forme de mécénat.

Les majors quant à elles, sont obligées d’évoluer afin de pallier à un manque de financement provoqué par la chute des ventes de disques physiques. Le développement des sites de streaming tels que Deezer, Spotify ou encore Youtube démontre que les internautes écoutent beaucoup mais n’achètent pas forcement, ce qui est problématique car les revenus du streaming sont très faibles. En ce qui concerne les ventes digitales, les internautes achètent plus par titres et non plus l’album entier. Les majors essayent donc de développer de nouvelles sources de revenus comme l’ « endorsement », qui est le fait de proposer aux marques l’image d’un artiste afin de promouvoir un produit. L’enjeu pour les majors est de savoir comment les jeunes consomment et ce qui les intéressent comme type de musique. Il est nécessaire que les majors signent autre chose que ce qui a pu faire leur succès dans le passé.

Le fait d’avoir une entité crowdfunding au sein d’une Major peut être intéressant. En effet, l’un des enjeux du crowdfunding est d’avoir une base de fans importante et d’avoir un public passionné, au point de mettre la main au portefeuille. Il y a des enjeux marketing important puisque le crowdfunding permet de collecter des métas donnés qui aident à consolider une position économique mais permet également un accès direct à un public. De plus, grâce aux mécanismes viraux que permet internet aujourd’hui, plusieurs centaines de coproducteurs investissant sur un projet représentent une base qui peut donner, grâce à internet, énormément de visibilité à un projet. Cependant, la place du juridique est très importante au sein des majors. En effet, tout passe par le département juridique, que ce soit pour les compilations, les synchronisations ou les artistes qui font des festivals par exemple. C’est pourquoi il semble compliqué pour les majors d’avoir un département crowdfunding, qui demande beaucoup de cadre juridique et qui doit être très bien encadré.

Quelle stratégie les majors vont-elles adopter dans les années à venir, face aux transformations du marché de la musique ? Il est possible que les majors ne produisent plus que de la musique dans le futur mais qu’elles soient amenées à multiplier les contrats de licence. Il est probable que les majors ne signent plus directement des artistes mais soient une plateforme de promotion de l’artiste, une plateforme de commercialisation. Elles géreraient uniquement les intérêts économiques de l’artiste et plus ses intérêts juridiques.

Sources :

http://toc-arts.org/.../guide-crowdfunding-financement.../

Interviews

Learning log : quels sont nos apprentissages lors de ce cours ?

1. En quoi ce cours vous donne t’il une nouvelle compréhension du business en général ? Et plus largement de la société ?

L : Je n’ai pas eu vraiment d’apports dans la compréhension du business en général. En revanche nous avons appris que notre sujet était un vrai phénomène de société et qu’il pourrait avoir de grosses conséquences pour l’avenir dans l’industrie musicale.

B : J’ai appris de nombreuses choses concernant notre sujet : le crowdfunding. Le crowdfunding est un fort phénomène de production participative qui se développe énormément et qui désormais nous permet de voir la société d’un autre point de vue.

E : Je n’ai personnellement pas l’impression d’avoir appris quelque chose du business en général. Cependant au niveau de notre sujet j’ai appris que le crowdfunding devenait un réel phénomène de société, même outre le domaine musical.

O : Ce cours ne m’a pas apporté une nouvelle compréhension du business ni de la société.

M : Ce cours nous pousse à chercher de nouvelles manières de voir le développement durable. Cela nous permet découvrir que le développement durable existe dans plein de facettes de la société et du business.


2. Qu’avez-vous le plus appris dans le cadre de ce cours ? Pouvez-vous formuler les compétences acquises ?

L : L’anticipation a été un facteur de succès étant donné qu’il fallait anticiper sur les deadlines à rendre. Nous avons donc su prévoir pour ne pas avoir de retard dans les différentes étapes. Le logiciel pour monter la vidéo était méconnue et nous avons donc appris dans les grandes lignes à couper et monter les différentes interviews. Enfin, le travail en équipe et la juxtaposition des idées de tout le monde.

B : Le respect des deadlines dans l’avancement d’un projet, ainsi que l’importance de l’organisation au sein d’un groupe pour rendre le projet en temps voulu.

E : Ce que j’ai le plus appris dans ce cours c’est à maitriser le logiciel de montage vidéos. Je pourrai ajouter « Imovie » à mon CV. Merci.

O : J’ai appris à réaliser un court montage vidéo.

M : Les compétences techniques en premier lieu comme la vidéo, le montage, l’exercice de l’interview. Le fait de réfléchir au son, à la lumière pour faire de notre reportage quelque chose de beau et de bien fait.


3. Comment avez-vous vécu cette nouvelle expérience d’apprentissage ? De qui avez-vous le plus appris (de vos pairs ? De l’interviewé ? De vos profs ?)...

L : Expérience enrichissante, étant donné que nous avons pu choisir une problématique qui nous tenait à cœur. La qualité des personnes interviewées a été l’élément phare de notre projet étant donné qu’ils travaillaient dans ce domaine depuis de nombreuses années et avaient un recul et un avis bien tranché sur la question. Sincèrement je ne pensais pas en apprendre autant sur ce sujet. Le format du cours était atypique et très plaisant, et l’implication des professeurs très importante, donc très satisfait de ce cours.

B : J’ai beaucoup appris sur le crowdfunding et sur l’industrie musicale grâce à la qualité des personnes interviewés.

E : Les personnes que nous avons interviewées étaient extrêmement intéressantes. J’ai beaucoup appris du domaine musical et des différentes manières de financer la production musicale. J’ai apprécié travailler avec mon équipe et construire le projet vidéo. J’aurais aimer pouvoir faire une vidéo plus longue type documentaire d’investigation qui aurait été beaucoup plus intéressant et intriguant.

O : J’ai trouvé cette expérience intéressante cependant, le fait de passer par un support vidéo m’a dérangé. J’ai le plus appris des personnes que nous avons interviewé.

M : J’ai beaucoup apprécié de faire quelque chose de nouveau, apprendre par nous même à faire un reportage. Sur notre sujet nous avons beaucoup appris de nos interviewés. Cependant un manque de temps ne nous a pas permis d’approfondir le sujet.


4. A quel pourcentage estimez-vous avoir utilisé les ressources du wiki et les liens associés (inférieur à 25% entre 25 et 50%, entre 50% et 75%, au dela de 75% ? …) Qu’es qui a été le plus utile pour vous ? Si faible utilisation, pourquoi ?

B : Inférieur à 25%.

E : Environ 50%. J’ai été épaté du wiki et de la Skembanque. Ce qui est dommage c’est que le projet n’ait pas été sur une plus longue période pour pouvoir s’habituer à utiliser ces outils.

O : J’ai utilisé les ressources du wiki à moins de 25%. Il m’a été utile pour avoir des informations sur la façon de trouver une problématique, la réalisation de la vidéo et la rédaction de l’article.J’ai utilisé les ressources du wiki à moins de 25%. Il m’a été utile pour avoir des informations sur la façon de trouver une problématique, la réalisation de la vidéo et la rédaction de l’article.

M : Entre 50% et 75% pour le wiki car il y avait beaucoup de contenu voir même trop mais cela nous a bien aidé pour créer notre reportage. En termes de Skem Banque l’utilisation a été inférieure à 25%. Cela ne nous a pas aidé les échanges se faisant plus sur Facebook. Nous nous sentions obliger de créer de toutes pièces des échanges factices sur la Skem Banque pour en avoir. C’est dommage.


5. Ce cours a-t-il une influence sur vos pratiques collaboratives intra et inter groupes dans le cadre d’un projet comme celui-ci ? Quel a été l’apport de la bourse aux compétences ? Comment les compétences ont-elles circulé ?

B : Je n’ai pas eu l’occasion de constater l’influence que pourrait avoir ce projet sur mes futures pratiques collaborative. L’échange de Skems est une bonne idée permettant de tirer profit des compétences et de tirer le meilleur de chacun pour une meilleure efficacité.

E : Ce cours m’a donné une expérience supplémentaire du travail en équipe. C’est toujours très enrichissant. Ça a été dur de trouver des personnes qui avaient les compétences que nous désirerions, de même que de trouver des personnes intéressées par ce que nous proposions.

O : Ce cours n’a pas eu d’influence sur mes pratiques collaboratives intra et inter groupes. Le travail en groupe s’est effectué comme dans toutes les autres matières. La bourse de compétence n’était pas utile même si c’était une bonne idée. Peu d’échange se sont fait, les seuls vraiment utiles étant les échanges de matériels tel qu’une caméra ou un micro.

M : Oui cela permet d’échanger des contacts des conseils. Cependant la Skem Banque a plutôt été un frein aux échanges puisque on n’oser pas échanger à l’extérieur de la Skem Banque mais comme il n’y avait pas le temps de gérer cela aussi la Skem Banque à plutôt eu l’effet inverse. Nous avons posté plusieurs compétences sur la bourse pour jouer le jeu mais aucune n’à marcher.


Remarques

L : J’ai un gros reproche à faire sur le non-respect des consignes. En effet, le plus dur dans l’élaboration de la vidéo fut de ne pas utiliser de copyright, que ce soit au niveau de la bande son, ou dans la contenance de la vidéo. Une grande partie des vidéos postées est bourrée de musiques ayant des droits d’auteur, ou encore de vidéos explicatives de produits en 3 D appartenant a de grandes enseignes de la téléphonie. On à même dans plusieurs cas vu des extraits de reportage du type Arte ou Thalassa. Vendredi, en amphi, quand une personne a protesté contre ce non-respect des consignes, on nous a simplement répondu qu’étant donné le nombre de groupe n’ayant pas respecté ces règles, il n’y aurait pas de prise en compte …

B : Remarques : Je suis très déçu par les professeurs qui ont encouragé le non-respect des consignes par certains groupes. En effet, il est très décevant de réaliser un projet en se contraignant aux consignes, et de voir les professeurs qui ont dicté ces mêmes consignes féliciter les groupes qui ne les ont pas respectées.

E : Je remarque que vous avez eu la main légère sur le respect du copyright. Nous avons été jusqu'à créer des sons pour respecter les consignes. L’utilisation de vidéos externes types reportage arte, vidéo promotionnelle pour un produit etc, m’a également contrarié.

Feedback final du professeur

Le regard croisé entre Bruno BOUTLEUX et François CHESNAIS est intéressant et bien monté, même si les questions posées sont parfois éloignées des réponses reçues (le choix de la titraille laisse parfois perplexe). L’intervention ensuite de la directrice marketing de Sony arrive à point nommé et permet de se positionner mieux par rapport à la vision parfois un peu différente des deux personnes interrogées. Le traitement est donc convaincant, il offre de bonnes clés de lecture de l’industrie musicale et traite bien de votre problématique. C’est du bon boulot.
Sur un plan de la forme, il y a un vrai problème de cadrage sur l’ITW de Bruno BOUTLEUX. Le traitement est riche mais peu original et comparativement au montage d’autres vidéos, vous êtes restés sur un schéma très classique.
Votre article wiki apporte une vraie plus-value par rapport à votre reportage et n’est pas une redite. Il va plus loin, ce qui était attendu. C’est donc super. Par contre, on reste un peu sur sa faim. Vous prenez p.ex. une position inverse que celle de Monsieur Chesnais ou Madame GEISLER sans véritablement la justifier. Et vous auriez pu/dû détailler davantage la dimension de modèle économique, au cœur de la problématique.