La méthodologie Movilab

De Movilab.org
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La méthodologie générique de Movilab s'articule autour de 3 grandes étapes

Etape 1 : la recherche macro / méta

Promouvoir et incuber des modes de vie durables in vivo présuppose tout d'abord de ne pas "réinventer la roue", mais au contraire de capitaliser sur les connaissances, expérimentations ou réalisations existantes ayant démontrer leur pertinence, leur faisabilité et leur succès et ainsi repartir de ces acquis. La première étape dans la démarche de Movilab vise à donc à conduire une recherche à la fois théorique et conceptuelle sur le champ d'intérêt, mais aussi à repérer les bonnes pratiques en vue de leur documentation pour réplication à d'autres contextes et sur d'autres territoires.

Ainsi, un projet portant sur l'économie de la fonctionnalité p.ex. devra être balisé sur un plan conceptuel et théorique. Il conviendra ensuite de pouvoir identifier les entreprises qui ont déjà déployés un business model relevant de l'économie de la fonctionnalité pour en documenter l'histoire et les trajectoires de développement. Ce travail de documentation vise à produire ce que nous appelons dans Movilab le code source du projet. Dans l’univers des logiciels libres, le code source fait référence aux lignes de codes du logiciel que l’utilisateur peut librement consulter, s’approprier et modifier. Il n’y a donc pas de boite noire lorsque le code source est ouvert. Par analogie, le code source Movilab fait référence à l’ensemble des clés de compréhension d’un projet, mis en forme via des didacticiels, vidéos d’illustration, données techniques, constitution de communautés d’entraide, forum, … Une fois mis librement à disposition d’usagers potentiels, ce code source peut être approprié et adapté à de nouveaux contextes, favorisant de fait la réplication et la pollinisation. Ce wiki donne de nombreux exemples de codes sources sur les projets remarquables que nous analysons.

L’écriture des codes sources, c’est à dire la formalisation des clés de compréhension des projets à documenter, repose sur une méthodologie particulière qui maximise les chances de pollinisation réussie des expériences vers d’autres territoires. Ce travail démarre systématiquement par une interrogation sur l’histoire du territoire dans lequel le projet prend part et sa mise en récit (le storytelling). Lire le passé et le mettre en récit, c’est en effet offrir un moyen de comprendre le présent et de bâtir le futur. Et la notion de territoire peut ici faire référence à un territoire institué ou un territoire projet. Dans l'exemple de l'économie de la fonctionnalité, il s'agira de mettre en récit les trajectoires de développement de l'entreprise qui ont fait émerger (et qui permettent donc de comprendre) les raisons pour laquelle cette dernière à entrepris d'innover sur son business model.

La rédaction du storytelling d’un territoire va permettre de comprendre ses trajectoires de développement, de comprendre ses projets passés et d'y inscrire ses projets futurs. Ce travail, loin d’être anecdotique – l’anthropologie ayant mis en évidence le rôle de la mise en récit et de la construction de mythes sur la diffusion et le partage des savoirs – est au cœur des projets de pollinisation des savoirs et des bonnes pratiques de Movilab. Il permet en outre d'interroger la qualité d'un "terreau" d'accueil pour des projets innovants (degré de maturité du territoire et des acteurs en place, sens du projet par rapport à l'histoire du territoire, capacité de mobilisation d'acteurs en place autour du projet, ...).

La seconde spécificité méthodologique de Movilab consiste à mettre l’accent sur les communautés d’acteurs qui portent les projets, y participent, y mettent de l’énergie et les font vivre au quotidien. Un projet, aussi prometteur soit-il, n’a que peu de chance de réussir s’il ne parvient pas à mobiliser une communauté d’acteurs qui se l’approprient, le portent et le développent. Cartographier les acteurs de la première heure, celles et ceux qui les ont rejoint ensuite, documenter les processus participatifs en interrogeant les modalités d'appropriation des projets, la motivation à y participer, les succès et les échecs vécus, ... bref documenter l'histoire humaine qui jalonne tout projet, sont au cœur du processus d'écriture des codes sources.

Ce double travail de storytelling d'une part et d'écriture des codes sources d'autre part permet à tout porteur de projet potentiel inspiré d'un projet remarquable d'interroger la capacité du territoire et de la communauté d'acteurs à l'accueillir et le développer. Elle renvoie donc non seulement à la qualité et la pertinence intrinsèque d'un projet à être répliqué, mais également à la qualité ou la maturité d'un terreau d'accueil (territoire, entreprise, ...) à initier un tel projet.


== Etape 2 : l'incubation en territoire in vivo


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== Etape 3 : L'interprétation et le passage à l'échelle