Discussion:Mission Coworking: territoires, travail, numérique

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Analyses, réflexions et propositions

Le partage de la connaissance sous licences ouvertes est par ailleurs une forme de protection de notre patrimoine informationnel commun contre les enclosures potentielles, qu’elles proviennent du marché autant des États.

D'après l'article de Lionel Maurel du 14 juin 2014, « Du brevet comme arme de guerre au don comme acte de paix. »

Les communs, et plus particulièrement la production entre pairs basée sur les communs, sont souvent décrits comme un modèle alternatif à la gestion par l’Etat ou le marché. Les communs désignent des ressources gérées par une communauté, qui en définit les droits d'usage, organise son propre mode de gouvernance et les défend contre les risques d'enclosure. Il peut s'agir d'une communauté locale gérant une ressource matérielle (ex : un jardin partagé) ou d'une communauté globale gérant une ressource immatérielle (ex : Wikipédia). Cette notion, qui s’inscrit dans l’histoire longue des « communaux » se retrouve réactivée par le numérique. En effet, ici, l’effondrement des coûts de transaction ne mène plus seulement à une externalisation par le marché et la sortie du salariat, mais aussi à l’apparition d’un mode de production et de gestion de ressources en dehors des régimes classiques de propriété, qui privilégie la valeur d’usage des ressources (l’intérêt pour les individus et les collectivités) plutôt que leur valeur d’échange (leur monétisation en fonction de leur rareté, définie par l’équilibre entre offre et demande).

Extrait du rapport «Travail emploi numérique : les nouvelles trajectoires» du Conseil national du numérique a remis le 6 janvier 2016 à M. El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du dialogue social.

Les risques

Quels sont les risques pour le commun Tiers Lieux ?

"Nous estimions qu’il en existait 600 en France, ils se révèlent être près de 1800." - Préambule du rapport page 3

  • Si le tiers-lieu est une configuration sociale, comment peut on objectivement les compter ?
  • Sachant qu'ils sont polymorphes et modulaires, physiques et/ou numériques, temporaires et éphémères le plus souvent... quel est l'intérêt de les compter ?
  • Est-ce les villes et les métropoles qui doivent faciliter la création de tiers-lieux ou est-ce les élus et les gestionnaires qui doivent "faire tiers lieu" pour les gouverner ?

Les opportunités

Que peut on attendre de positif pour le commun Tiers Lieux ?

"Tentons une caractérisation tout d’abord : dépassant l’acception originelle formulée par Ray Oldenburg à la fin des années 80, les tiers lieux se distinguent désormais par trois éléments conjugués. D’abord, leur dimension intrinsèquement collaborative, voire communautaire. Ensuite, la primauté qu’ils accordent au « faire ». Enfin, leur haut degré de mixité. En ce sens, les tiers lieux peuvent se définir comme des espaces physiques et numériques du faire ensemble." - Préambule du rapport page 3

  • Pour la 1ère fois, ce n'est plus la définition de Oldenburg qui prévaut la suite des propos... 1980, Etats Unis, découverte des pub à l'anglaise... il était temps !
  • La notion de retour à "l'espace physique" est demandée et attendue par une grande partie des praticiens tiers lieux même les plus militants. Oui c'est dans 99% des cas un lieu physique mais pas que !
  • La mixité qui nous caractérise si bien est mise reconnue

Les attentes

Quelles sont nos priorités pour le commun Tiers Lieux ?

"En ce sens, plusieurs défis sont posés aux pouvoirs publics pour favoriser l’essor des tiers lieux et en faire un atout territorial véritable. Le premier défi est celui de l’acculturation." - Préambule du rapport page 3

  • Il est urgent d'assoir le système d'information Tilios et particulièrement la sécurisation et la re-configuration du wiki Movilab afin que chacun est accès au 1er mètre carré de la connaissance Tilios
  • Il est vital de développer des offres de formations sur le capital informationnel Tilios en direction des acteurs privés et publics comme on commencer à le développer la Coopérative des Tiers Lieux avec ses partenaires des Hauts de France et d'ailleurs.
  • Il est prioritaire de réfléchir et d'agir à la création d'une mutuelle des tiers lieux afin de sécuriser les parcours des praticiens pour qu'ils n'est pas à revivre les galères des pionniers, si nous passons à une logique de pollinisation "de masse", pas sur qu'ils accepteront ce que nous avons subit, alors une mutuelle coûtera moins cher à mettre en place qu'une révolution, non ?

Coworking et paradoxes

« Incontestablement, le coworking présente des caractéristiques fortes de l'hypermodernité. La disparition du bureau fixe au profit de l'ordinateur portable, la sous-traitance à des télétravailleurs "freelance" au détriment du contrat de travail à durée indéterminée, sont bien des caractéristiques de l'entreprise hypermoderne. Le graphiste indépendant ou le journaliste pigiste qui fréquentent l'espace de coworking recherchent la convivialité qu'ils n'ont plus au bureau. Substituts à la société stable et hiérarchisée de la vie de bureau dans l'entreprise traditionnelle, le coworking et son espace sont donc bien le produit de l'hyperéconomie. Par ailleurs, certaines pratiques du coworking correspondent parfaitement au concept de "ville hypertexte" développé par F. Ascher (2005). C'est particulièrement le cas pour les télétravailleurs nomades qui utilisent les espaces de coworking ponctuellement, lorsqu'ils se déplacent au sein de la "métapole". La métaphore de l'hypertexte est encore plus pertinente lorsque l'espace de coworking est localisé par l'intermédiaire d'une interface numérique mobile de type smartphone, comme le permettent les portails évoqués ci-dessus. Toutefois, la dualité essentielle du coworking conduit à nuancer ce propos. Car le "zapping bureautique" n'est qu'une des deux facettes du phénomène. Si l'espace de coworking peut satisfaire temporairement aux besoins du télétravailleur nomade qui a quelques heures à rentabiliser entre deux rendez-vous en ville, il a également ses hôtes quasi-permanents, comme l'était J.P. Sartre au Café de Flore. Le milieu du coworking revendique une certaine stabilité, un engagement communautaire.

Did you know that there is a global community of people dedicated to the values of Collaboration, Openness, Community, Accessibility, and Sustainability in their workplaces? It's called Coworking (http://coworking.com/).

La recherche d'une convivialité durable, l'engagement dans un projet associatif, semblent bien des moyens d'échapper à l'atomisation et à la frénésie qui caractérisent la production, la consommation, et les relations humaines, dans une société hypermoderne. La sérendipité que recherchent les coworkers n'est pas du zapping, mais l'opportunité de dépasser le zapping pour créer des relations fructueuses (et donc durables) socialement et économiquement. L'utilisation intensive des blogs et autres wikis par les coworkers n'est pas une fin en soi, contrairement à l'exhibitionnisme naïf d'un grand nombre des usagers de Facebook. C'est là le paradoxe du coworking. Produit d'une hyperéconomie numérique, hypermoderne dans certains aspects de son fonctionnement, le coworking est conçu par ses créateurs et usagers comme un antidote à certains effets pervers de cette économie, en particulier l'atomisation sociale et la perte potentielle des relations de face-à-face, qui restent tout de même les plus recherchées par nos contemporains.»

Source : Bruno Moriset. Tiers-lieux de travail et nouvelles territorialités de l’économie numérique: Les espaces de coworking. Spatialité et modernité: lieux et territoires, SET-CNRS, Oct 2011, Pau, France. <halshs-00724540> [1]

Effets d'annonces et promesses par langage

Tiers-Lieux et/ou plan numérique

C'est exactement là même annonce au mot et chiffres près que : L’État s’attaque à l’illectronisme en formant 13 millions de Français avec (Google et Microsoft qui en bénéficient)

Avec 100 millions d'€... source : Numérama

Et au regard de ce qui a été fait très récemment à numérique en commun, il y a de quoi être inquiet : [2]

Au delà de ces annonces de sous, des "Exemples de stratégie de conception" de collaboration État Région (SRDEII, SRESRI...) existent déjà (2015-2020) mais n'ont pas ou peu tenu promesse et distribué d'argent. Ex en Bretagne : https://xavcc.github.io/paysage

Qu'est ce que j'oublie d'autres comme plan déjà existant qui n'ont pas été pris en compte dans ce rapport coworking ? Quelles autres organisations actrices des tiers-lieux ont été "oubliée" dans le travail d'étude de ce rapport ?

Archives et annonces passées

Peut-on commencer ici une liste des précédent⋅e⋅s annonces, plans, promesses fait autour des tiers-lieux, EPN etc. depuis 10 ou 20 ans ?

PACA

  • Une stratégie Régionale pour un aménagement durable et attractif des territoires : Le SRADDET [6] pose les conditions de déploiement de la stratégie régionale économique, par des propositions visant à soutenir les trois grands hubs de l’industrie du futur ( Henri Fabre, PIICTO et system factory), à conforter la mixité fonctionnelle des espaces urbains en favorisant la création de tiers lieux notamment (espaces de coworking, bureaux partagés, fab lab..), à mobiliser et adapter la ressource existante des espaces économiques dédiés (ZAE–zone d’activités économiques ), au travers d’une hiérarchisation, d’une labellisation et d’ une requalification des espaces. 2016- 2017 -2018

Annonces en cours et permanentes

Échecs passés

2000 - 2005

  • Une première génération de « télécentres » avait déjà vu le jour en milieu au cours des années 2000. Au travers d’un appel à projet en 2005, la DATAR (à l’époque la DIACT) fixait un objectif de 100 télécentres accueillant 1000 emplois à l’horizon 2007. Les projets localisés pouvaient recevoir 20 000 euros pour quatre postes de travail. Début 2011, 35 télécentres en zone de revitalisation rurale étaient opérationnels. En 2011, le géographe Bruno Moriset dressait un bilan sévère de ces télécentres : « près de la moitié étaient vides la plupart du temps, plus d’un quart étaient des fiascos complets. … La création de ces centres a été parfois motivée par l’effet d’aubaine, sans que les élus et responsables des collectivités concernées aient une vision préalable du télétravail et du développement numérique du territoire ». (Sur 28 télécentres, 10 centres ne voyaient jamais de télétravailleurs, 8 centres recevaient entre un et cinq télétravailleurs réguliers ou permanents). Voir Les télécentres dans les territoires ruraux français Essai d'évaluation -Note de recherche - 24 Mars 2011