Quelles alternatives en termes de modes de vie durables ?

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Hypothèse

Passage du modèle des années 1950/2000 fondé sur l’hyperconsommation, le jetable, l’obsolescence, le crédit/l’achat, la publicité, … à un modèle fondé sur le collaboratif, le partage, la réputation, l’accès, l’animation de flux avec entre les deux des modèles méta-stables (l'économie de fonctionnalité, l'économie collaborative).

Ce nouveau modèle opère un changement de paradigme. Économie collaborative, innovation ascendante, innovation système, part de l'usager, rupture dans le rapport social, infrastructurel, institutionnel. P2P et H2H contre B2B et B2C auparavant. De l'online au matériel, c'est le modèle émergent dans l'économie de la connaissance.


Axes d'actions 2010-2015

 Résultat : Télécharger l'avis du conseil scientifique sur le rapport final du projet Movilab (PDF)
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Voici maintenant les axes d'actions que nous proposons pour avancer concrètement.

L'objectif est de multiplier les pilotes de modes de vie durables (les 5%) et de mettre en place un processus viral pour transformer l'économie dominante de l'intérieur (les 95%). La clé est de susciter le plus largement possible l'envie de participer à la construction de ce « mieux vivre ensemble » en facilitant les contributions de tout un chacun. Il faut notamment accompagner les passeurs qui hackent à leurs frais et périls un système toxique, et changer d'échelle.


1. Multiplier les contributions et amorcer le changement

Stimuler les contributions par l'envie, l'abondance, la réputation

L'enjeu est de libérer du temps afin que les gens cultivent leur talent et leur créativité pour devenir proam ou hacker de leurs modes de vie – échappant ainsi à la logique du tout jetable.

Embrayer sur le temps non contraint, le revenu minimum d'existence ou le revenu intermittent du travail, voir dans quelles conditions ce temps libéré peut amorcer la pompe (psychologie du changement, motivation individuelle). Documenter les exemples, tel celui de Google et de ses 20%. Ou celui du télétravail – peu adopté en France pour des raisons de rapport au pouvoir, alors qu'il a fait la preuve de son efficacité ailleurs.


Mettre en place un processus inspiré du libre et durable

Reprendre de manière pratique (didactique) ce qui a été énoncé dans cette note. Mettre en évidence comment un processus inspiré du libre permet de stimuler les contributions par le principe de réputation. Montrer qu'il permet de les agréger sans les diluer : cf Wiki-Brest, cartopartie, OpenStreetMap, projets de Web sémantique. Montrer les résultats obtenus (cartes ouvertes, sons, vlogs...). Montrer qu'on peut faire converger les contributions avec le durable comme objet-art, cf Bedzed, empreinte écologique, OPL. Documenter les exemples de hacking dans le domaine des cultures et de la transmission de la connaissance (cas inouï du réseau semences paysannes qui a résolu le problème de droit sur les plantes et travaille sur les capabilités des paysans en France et dans le monde, ou RESF et exemples de désobéissance civile). Approcher les medias qui ont commencé à relayer les initiatives allant en ce sens (cf Arte, "Ça m'intéresse", Terra Eco...).


Amorcer la contribution par des dispositifs de type incubateur

Le code source du logiciel libre est gratuit... une fois qu'il a été écrit. Les grands succès qui ont fait la réputation du logiciel libre ont presque tous bénéficié de l'appui de mécènes, souvent de jeunes entrepreneurs qui avaient accumulé une fortune personnelle dans le monde d'Internet (cfMark Shuttleworth pour Ubuntu ou Jimmy Wales pour Wikipedia). Bedzed a été financé par une fondation caritative, la Peabody Trust. La ville de Loos-en-Gohelle a bénéficié de fonds publics à travers le dispositif « Loos, ville d'interprétation ».

Associer les fonds d'innovation des entreprises à l'incubation de ces projets d'écriture d'un nouveau code source. Développer des partenariats de recherche-action avec des entreprises innovantes et des territoires pour participer au montage de pilotes de modes de vie, type Bedzed. Voir aussi fonds de recherche, fonds européens type Feder.


Encourager le mécénat

Outre les « business angels », un public plus large peut être touché grâce aux systèmes défiscalisés. Faciles à mettre en place depuis la réforme de 2009, les fonds de dotation permettent aux individus de déduire de leurs impôts 66% de leurs dons, quel qu'en soit le montant. Voir aussi les fondations RUP.


Explorer la piste des monnaies complémentaires

De quelques dizaines en fonctionnement au début des années 1990, elles sont plus de 5 000 aujourd'hui dans le monde, tandis que les acteurs du durable et du libre sont en effervescence à leur sujet. Au-delà des antiques SEL (Systèmes d'Echange Locaux, http://seldefrance.communityforge.net/), les systèmes de réputation basés sur Internet, les banques de temps ou les exemples de consommation collaborative ont le vent en poupe.

Effectuer une synthèse des travaux sur le sujet des ((monnaies complémentaires)) Cf Lietaer, projet SOL, équipe TAOA et "de l'innovation monétaire aux monnaies de l'innovation", Cornu, Éditions Fyp 2010 . Plusieurs clés de succès ont été soulignées par les experts. Les monnaies les plus durables s'appuient sur la confiance, aujourd'hui relayée par des systèmes Internet, et des échanges de biens qu'il serait difficile ou plus coûteux de trouver ailleurs. Au final, la monnaie doit être simple, attrayante et lisible, et inspirer confiance. Suivre les expériences, en monter dans les pilotes TICA.


2. Changer d'échelle par la mise en place de "fabriques de codes sources"

"TICA", fabriques de codes sources

Il faut multiplier les occurrences de TICA et les doter d'espaces "vitrine" pour donner à voir ce qui se fait. Le but est de les transformer en "fabriques de codes sources" pour que ce qui est testé soit réutilisable ailleurs.

Partir d'exemples pour élaborer un "manuel pratique" des TICA et de ces espaces vitrines. Au-delà de faire soi-même un tel espace, donner à voir comment la fabrication se fait. Mettre en place un réseau social apprenant. Montrer que ces espaces ancrés dans le tissu local encouragent la diversité des apports et l'innovation sociétale, associant aussi bien les entrepreneurs et start-ups que les libristes, acteurs de l'ESS ou artistes en résidence. Mettre à plat les dispositifs, modèles économiques, causes d'échecs ou succès.


Processus apprenant et écriture des codes sources

Ces « fabriques » doivent permettre l'élaboration de codes sources libres et leur évaluation objective. Pour cela, travailler sur des projets pilotes in vivo avec des étudiants d'universités et grandes écoles (cf SKEMA, HEC, EMSE, UVSQ), qui écriront ces codes sources, pilotés par des tuteurs selon un modèle apprenant (cf le maître ignorant, anti teaching, majeure Alter d'HEC (Majeure "Management Alter" que j'ai contribué à monter en 2006 avec Eve Chiapello et Karim Medjad). Le but est de produire des retours d'expérience réutilisables par d'autres dans les champs du libre et durable, et de l'économie de contribution.


Développer des business models de la contribution à l'innovation sociale

Développer des business models permettant d'associer proams, entreprises, collectivités, associations et tissu local dans les projets pilotes. S'inspirer des DBO, BOT, affermages, courbes en J dans les services essentiels pour en montrer le formidable RoI, de manière à multiplier les conversions / collaborations (élus, entreprises).

Lancer le processus d'évaluation du RoI avec des étudiants sur des sites pilotes et mettre en place un Comité d'orientation scientifique pour en valider les retours. Le cas échéant, lever des fonds (minimes) pour financer un encadrement par un chef de projet senior.


3. Rendre la diffusion virale

Documenter le processus social du libre. Exemple de Wikipedia : comment, grâce à une vision très pointue et opérationnelle de l'intelligence collective, une poignée de salariés pilote le 7° site le plus visité du monde.

En l'occurrence, un premier cercle de fondateurs conçoit et fait circuler le code source (Jimmy Wales et ses proches) ; un deuxième cercle enrichit le contenu et développe les usages (administrateurs, éditeurs, pompiers, stewards, concepteurs d'outils) ; un troisième cercle utilise le site et contribue au buzz (grand public sur les forums, blogs, possibilité de participer par des dons financiers, en nature, monnaies complémentaires).

Documenter les processus d'innovation sociale tels que les « BarCamp » ou les grands forums Alter. Montrer qu'ils suivent les règles d'intelligence collective (cf Forum Social Mondial ou Dialogues en Humanité). Proposer aux organisateurs de combiner plus systématiquement libre, durable, ESS et entreprises innovantes.

Associer les acteurs du libre et durable, deux mondes encore étanches l'un à l'autre. Les libristes sont de plus en plus nombreux à déplorer le manque de finalité de leur activité de hacker. De leur côté, les acteurs du durable sont peu formés aux possibilités Web 2. Même s'ils ne sont que quelques %, les acteurs du libre et ceux du durable, en s'associant, peuvent démultiplier l'efficacité de leur action.

Embrayer avec la réflexion du groupe de travail sur la propriété, voir si elle peut s'étendre aux biens communs dont il est question ici, c'est-à-dire les richesses créées par les contributions et le processus apprenant (question du crowdsourcing). Peut-on appliquer des licences telles les Creative Commons ou le Copyleft à des modes de vie, fondés sur des usages ?


source : http://thanh-nghiem.fr

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