Méthodologie de cadrage : le cas de la consommation collaborative

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1. Méthodologie de cadrage : le cas de la consommation collaborative 2. Note de cadrage 3. Recueil de données


Ma mission de stagiaire chez ZOOMACOM

Identification de la question de départ

De prime abord, au cours des différentes entrevues, il m’a été difficile de me saisir pleinement de la fonction de l’association au sein du territoire stéphanois et encore plus du travail qui allait m’être demandé. Lors des entretiens avec mon tuteur, j’avais du mal à suivre les indications de ce dernier. En effet, du fait de la polyvalence du travail des salariés de l’association et des différents domaines sur lesquels ils intervenaient il était difficile, même pour eux, de cadrer vraiment leur travail et les différents projets qu’ils menaient. Il était donc logique que j’ai eu du mal, en tant que personne extérieure, à saisir pleinement les enjeux.

Le projet CoCoTe visant d’une part à mettre en commun une cartographie de ressources pour inciter les utilisateurs à avoir recours aux alternatives économiques de consommation : AMAP, Supercagette, producteurs locaux, etc. D’autre part, ce projet s’inscrit dans une logique de bien commun. C’est-à-dire que chacun peut apporter sa collaboration pour enrichir le projet (1+1 = 3) et de fait solidifier et étoffer celui-ci. Cependant, le projet n’échappe pas au constat présenté plus haut : il est difficile à cerner.

La question sur laquelle nous allons nous pencher est donc de réussir à promouvoir ce projet en commençant par le cadrer. Comment ? Quoi ? Où ? Pourquoi ? Pour qui ? Ces questions

L'association ZOOMACOM

ZOOMACOM est une association présente dans le tissu associatif stéphanois depuis mars 2005. Date de sa création, depuis laquelle évoluent six salariés. Cinq sont à temps plein et un à temps partiel. Tous les six se caractérisent comme étant des médiateurs numériques et œuvrent en tant que centre de ressources départemental numérique (matérielles, humaines et pédagogiques).

Lorsque l’on pose la question aux membres de l’équipe, ils ont du mal à expliquer clairement le contenu exact de leur fonction. Afin de mieux comprendre les tenants des aboutissants nous allons nous poser la question suivante : les médiateurs numériques, qu’est-ce que c’est ? Les médiateurs numériques n’ont pas de fiche de poste à pôle emploi, ils ne sont pas répertoriés, mais ce n’est pas pour cela que leur travail n’est pas reconnu… Afin de clarifier un peu mes propos, je vous propose de lister les différents éléments qui constituent le rôle de médiateur numérique :
- « Une boussole pour tracer sa route » : équité (inspire les projets visant à réduire les disparités dans l’accès et les usages des technologies numériques), solidarité (prévaut dans les projets visant à développer le lien social), autonomie (sera au cœur des projets centrés sur le développement des compétences et la valorisation des personnes), compétitivité (s’agit notamment de compétitivité des territoires dans le domaine de l’économie numérique, levier de développement et de croissance).

- Le médiateur numérique (MN) œuvre au sein d’un territoire, dans le but de tisser des liens par la mise à disposition d’outils numériques au service des acteurs de ce territoire. Cela, par ses outils, sa connaissance du terrain, ses méthodes et ses compétences.

- Le périmètre dans lequel il évolue est circoncis par différentes missions : accueillir et orienter, initier et accompagner les publics, valoriser les personnes et leurs usages, accompagner les projets sur le territoire, veiller, innover et essaimer.

- Mais la médiation est avant tout une « posture professionnelle » dans laquelle il doit porter plusieurs casquettes : passeur, facilitateur, ambassadeur, pollinisateur, personne-ressource, fainéant (s’inspire des travaux effectués : Open Source).

- L’espace de médiation numérique c’est justement le territoire, avec une notion de transversalité dans le rôle du MN au sein de ce territoire (intervention sur plusieurs domaines autour de notions comme : mutualiser, échanger, etc.).

Leur objectif est donc, pour résumer, de s’inscrire dans le développement social local (DSL) par l’utilisation des outils numériques et ce, au service des territoires. Cet objectif ce caractérise de la manière suivante :

« Permettre l’appropriation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), des pratiques et des usages numériques, par tous les publics au service de l’aménagement, du développement économique, social et culturel des territoires qu’elle accompagne. »

  • Autrement dit : « former et accompagner les territoires, les structures et les citoyens aux changements économiques, sociaux et culturels résultants de notre passage à l’ère du numérique (culture, éducation, connaissances, compétences, etc.). »

L’état d’esprit des membres de l’association est la suivante : « On ne se forme pas aux usages numériques… on les pratique ! ». C’est en ce sens qu’il faut comprendre que d’une part, l’intérêt des formations proposées ont comme visée l’acquisition d’une autonomie par ses utilisateurs que ce soient : les particuliers, les seniors (PapyCamp) ou les associations (AssoCamp). Mais d’autre part, cet état d’esprit renforce également l’idée que cette autonomie, acquise par la mise en pratique, s’inscrit pleinement dans la logique de transition sociétale et répond à la question : comment internet permet-il de remodeler l’économie et la société toute entière ? En effet, afin de participer activement à la nouvelle ère du numérique et plus globalement à la transition sociétale, l’enjeu est de former les usagers et plus largement les citoyens. Ce à quoi ZOOMACOM participe et milite par ses actions. A l’image de l’état d’esprit, l’association travaille dans un espace de Coworking, permettant ainsi de renforcer la dimension collaborative et de mise à disposition des moyens, des services et des ressources. En bref, du partage et donc du fameux collaboratif.

Il est important, pour continuer dans la présentation de faire un point sur le statut de l’association et ses caractéristiques. L’association se situe à la frontière entre le statut d’association et celui de la SCOP (Société Coopérative et Participative). En effet, elle fonctionne de la même manière qu’une SCOP mais elle reste une association : les intérêts sont les mêmes que pour ceux d’une SCOP. Pour aller plus loin, premièrement le but est de mettre en commun des savoir-faire au service d’un projet. Deuxièmement et pour rester dans la même logique que le premier point, l’enjeu est de progresser tous ensemble, de mutualiser les services et les compétences, etc. Troisièmement, les salariés sont pleinement impliqués et bénéficie de l’argent en tant que carburant. Autrement dit, c’est un moyen au service de l’association, permettant de développer les activités de façon responsable.

Les valeurs de l’association se situent pleinement dans le champ l’Economie Sociale et Solidaire auquel elle appartient de manière militante. On compte parmi elles, l’éducation populaire, la culture et les logiciels libres, le développement durable ou encore la coopération.

Ayant dépeint le tableau dans lequel figure ZOOMACOM, nous comprenons bien la place qu’occupe cette association « multi-usages » dans le paysage stéphanois. Il est temps, après cette entrée en matière de faire un peu le point sur les activités de la structure, qui sont de cinq ordres : - Mise à disposition de matériel ; - Animation et ateliers ; - Formations ; - Organisation et animation d’évènements ; - CoCoTe : Consommation Collaborative au service des Territoires.

C’est plus particulièrement le dernier projet, CoCoTe, que nous essayerons ici de nous approprier et avec lequel nous mettrons en place une méthodologie de cadrage.

Voir la page de Zoomacom

Premiers pas avec la CoCoTe

CoCoTe (Consommation Collaborative au service des Territoires) est un assembleur d'initiatives et de services collaboratifs par la création de prestations et la documentation de leurs pratiques.

Ce projet vise à développer les usages de la consommation collaborative au service des citoyens ligériens, plus particulièrement en milieu rural. Elle se décompose en briques (ou morceaux) qui, cumulés, forment une CoCoTe adaptée au territoire et aux besoins de ses utilisateurs.

Ce projet étant documenté et libre (licence CC-BY), toute personne peut réutiliser les différentes briques le composant.

  • Publics visés : toute personne souhaitant améliorer son autonomie ainsi que ses conditions de logement, de travail, d'alimentation et de transport.
    Les Espaces Publics Numériques volontaires du Réseau Départemental des Acteurs de la Cyberloire seront mis à contribution comme relais de la méthodologie CoCoTe, les médiateurs numériques étant les personnes les plus qualifiées pour transmettre les connaissances et les compétences numériques utiles à la pleine utilisation de la méthodologie et des outils proposés. (voir aussi: le Périmètre de la Médiation Numérique).
  • Pour connaitre le contexte général, à savoir l'économie circulaire et la consommation collaborative, vous pouvez regarder ces vidéos :
L'économie circulaire par Ellen MacArthur Foundation
La consommation collaborative par Adesias

Quelques bases

Dans un premier temps et afin de commencer sur des bases solides, l'intérêt était de plonger directement dans l'univers du fameux "bien commun", terme vaste de prime abord, mais qui prend une connotation éminemment politique, sur laquelle nous reviendrons plus tard. Il était essentiel de démarrer par une adhésion (inscription) aux différents outils numériques utilisés par l'association ZOOMACOM, dans le but d'organiser la suite de mon diagnostic et de m'intégrer pleinement à l'équipe salariée de l'association. Pour quelles raisons ?

  • La première est de s'inscrire dans une logique collaborative. Autrement dit, de mettre à disposition la propriété intellectuelle de chacun au profit de tous. Que ce soient, les usagers et utilisateurs ou encore les salariés de l'équipe en passant par les acteurs du tissu associatif d'un territoire comme par exemple Coworking Sainté. Chacun peut apporter sa pierre à l'édifice de la connaissance.
  • La deuxième,


Les outils pratiques mis à disposition par mon tuteur s'inscrivent comme nous l'avons vu, dans une logique éthique et hautement philosophique propre à l'économie collaborative : le bien commun.

Un autre travail effectué à Zoomacom, en lien direct : Vie associative à Zoomacom2

Mais, je comprends pas, c'est quoi le commun ?

D'un point de vue global

Au niveau local

Les Biens Communs numériques comme solutions pour l'information des petites communes

Principes et éthiques

Bien commun et société : une dimension politique

Les outils numériques

Mise en pratique : CoCoTe le projet de consommation collaborative

CoCoTe.png

CoCoTe c'est quoi ?

La consommation collaborative au service des territoires

Objectif

Développer des services de consommation collaborative au service des territoires et dans des structures, en utilisant des formats innovants et des outils numériques pour constituer des biens communs.

Aspirations

  • Développer le pouvoir d'achat des citoyens, en pratiquant la frugalité
  • Intensifier les interactions sociales
  • Diminuer, voire annuler, notre impact écologique

Pour cela, nous travaillons sur les thématiques suivantes, basés sur les usages :

  • Travailler
  • Se loger
  • Se nourrir
  • Se déplacer
  • Bidouiller

Méthodologie de travail

Le projet se déroule en plusieurs phases, conduites en parallèle en fonction de l'état d'avancement du travail avec les structures concernées :

Phase 1 : Connaissance du territoire

      • Identifier et cartographier les lieux de consommation collaborative sur le territoire (de manière non exhaustive, mais par ordre de pertinence). Voir la méthodologie de saisie décrite plus bas.
      • Trouver les personnes et réseaux ressources chargées de développer et/ou gérer ces activités

Phase 2 : Mise en réseau

      • Inviter tous les acteurs recensés à communiquer sur la carte auprès de leur communauté
      • Inviter ces acteurs à des BarCamps hebdomadaires
      • Faire inviter, par les personnes ressources, les usagers des différentes structures accueillant des services de Conso Collab et dans les EPN à des ExplorCamps mensuels pour leur faire découvrir ce qui existe sur leur territoire

Phase 3 : Accélération

      • Proposer, lors de ces ateliers, des projets de développement de la visibilité et de l'impact des différents projets dans une optique de développement synergique de la consommation collaborative
      • Utiliser des outils de diffusion par les réseaux sociaux et par email auprès des publics
      • Activer l'implication de la presse locale avec des évènements et des conférences/communiqués de presse

Tout ce travail est documenté sur des outils numériques collaboratifs, dans l'optique de constituer des biens communs au service des porteurs de projet actuels, de leurs contemporains, et des porteurs futurs.

Retours, bilans et prise de décisions

Analyse des pratiques et des besoins de la structure et de ses utilisateurs/adhérents en BarCamp (http://fr.wikipedia.org/wiki/BarCamp)

Prise de décision démocratique/sociocratique sur les projets à mettre en place et leurs objectifs, puis élaboration collaborative et participative des projets

Objectifs sociétaux visés
  • Social = renforcer le lien social
  • Économique = renforcer le pouvoir économique
  • Écologique = diminuer l'empreinte écologique

Pour pouvoir mesurer l'impact de nos actions sur le territoire, nous avons déterminés quelques indicateurs dans chaque catégorie d'objectifs :

--> indicateurs de renforcement du lien social :

  • nombre d'échanges sur la sharetribe
  • nombre d'échanges, de mouvements, dans la give box (moyen = prendre une photo par semaine et chercher les 7 différences entre les photos :)
  • mesurer les échanges sur les réseaux sociaux et les lieux physiques (EPN, tiers lieux)
  • créer des évènements : retour sur les personnes présentes etc
  • mesurer la fréquentation dans les EPN, PIJ : identifier les lieux, faire remonter l'info, créer un questionnaire papier

--> indicateurs de renforcement du pouvoir économique :

  • pour les particuliers : budget changé ? pouvoir d'achat augmenté ?
  • pour les associations avec une activité de vente type AMAP ou ferme de quartier : étudier le volume global de vente
  • statistiques sur la Sharetribe : nombre d'échanges qui remplacent l'acte d'achat

--> indicateurs de diminution de l'empreinte écologique :

  • mesure de l'empreinte carbone : bilan carbone personnel avant / après
  • mesure des émissions évitées : sur un trajet, sur le prêt d'une perceuse etc...

Plus largement, nous pourrions mesurer l'impact du projet sur les modes de vie :

  • mesure du nombre d'heures passées à discuter au lieu d'acheter / de consommer
  • combien de nouvelles connaissances grâce à ces projets ?
  • combien de lieux nouveaux découverts sur le territoire ?
  • combien de connaissances, de savoirs appris ?
  • Les personnes impliquées se sont elles mises à avoir de nouvelles activités ? génèrent elles des revenus ?
  • quelle participation aux bien communs : combien de projets documentés ? combien de sites mis sur Demosalithia
  • couchsurfeurs accueillis ? woofers accueillis ?

Exemples d'actions

Ci-dessous, les différentes "briques" qui composent le projet CoCoTe. Autrement dit, une liste non-exhaustive des initiatives collaboratives au service du projet, présentes sur le territoire stéphanois. Ces initiatives s'inscrivent dans chacune des 6 thématiques qui alimentent CoCoTe :

  • Sharitories, is a global project with a very practical scope : to create a Collaborative Territories Toolkit for local policy-makers around the world who wish to implement collaborative or sharing initiatives in their local areas and help them thrive.
  • Sharevolution, projet-de R&D collective aux frontières de l’économie du partage-et de la consommation collaborative.
  • Collporterre : accompagner les démarches collaboratives sur les territoires.
  • Sharing Cities Toolkit, an evolving compilation of resources comprised of a mix of How-to’s, Project Guides, example Policy and tried and true Models and Advice.

Cartographie

Média citoyen

Monnaie complémentaire
  • Le lien, monnaie complémentaire ligérienne [BC]

Les fameuse briques de la CoCoTe d'origine

Bidouiller

Un article d'Anne-Sophie Novel sur le formidable essor des sites de récup et de réparation

Echanger

  • Paniers culturels
  • La Give Box, étagère-zone de gratuité. [S]
  • La Sharetribe, plateforme en ligne qui permet d'échanger toutes sortes de biens, de services, des trajets... gratuitement ou pas, au sein d'une communauté. [S]
  • ShareVoisins, site de partage d'objets entre voisins

Se déplacer

Se loger

Se nourrir

Travailler

Source : Code source de CoCoTe

Utilisation de ce service

Un point sur les utilisateurs

Les outils numériques au service du projet

La carte collaborative

Cartographie

Open Data et Biens Communs Numériques

Voir

Mise en perspective

Les autres projets

Le numérique comme outil transversal à tous les domaines

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