Le principe de la lucrativité limitée

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Présentation de notre problématique

La problématique que nous avons choisi de développer est la suivante :

Economie Sociale et Solidaire : Quels sont les avantages d'une lucrativité limitée ?


Entrepreneuriat social et solidaire : le principe de la lucrativité limitée
Un besoin de rentabilité qui reste au cœur du fonctionnement de l'entreprise tout comme dans une économie classique, mais l'ESS se différencie par une rentabilité mise au service de la finalité sociale via le concept de la lucrativité limitée, pour une redistribution des bénéfices vers un projet social.

Logiques de fonctionnement :
• Les excédents mis au service des hommes et du développement du projet (mise en réserves, investissements, fonds propres, partage avec les salariés, etc)
• Une rémunération du capital limitée (coopérative) ou nulle (associations et mutuelles)
• Une échelle des salaires encadrée

Notre dossier de production

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Notre reportage


Notre article journalistique sur la problématique

La lucrativité limitée, un principe pilier de l’Économie Sociale et Solidaire


L’Economie Sociale et Solidaire ou ESS, une performance durable qui continue de faire ses preuves.


Claude Alphandéry, figure incontournable de l’économie sociale et solidaire, ancien résistant, banquier et économiste, le dit lui même : « la crise nous rend plus audibles sur le terrain ». Pourquoi ? Tout simplement car l’économie financiarisée classique dans laquelle nous évoluons depuis des années a révélé ses failles. La spéculation ainsi que l’investissement pour le seul but de s’enrichir s’est avéré être souvent source d’abus, mais a surtout montré un manque d’égard envers l’Homme avec un grand H. Les problématiques de l’impact environnemental et social de certaines entreprises n’ont surgit que récemment, et bien qu’il soit maintenant apparu au sein de l’économie classique quelques gardes fous avec par exemple la responsabilité sociale et environnementale, une approche complètement différente de l’économie a vu le jour : c’est l’économie sociale et solidaire.

L’ESS c’est vert, c’est durable et c’est humain avant tout. Si certains peuvent caractériser cela d’idéaliste, d’autres leur répondront que c’est simplement ça le développement durable. L’ESS prend généralement des engagements à long terme, projetés vers l’avenir et vers la survie de nos ressources naturelles, la réintégration de nos citoyens marginalisés, et la réalisation de projets bénéfiques à la communauté. L’ESS, forte de vouloir développer durablement, évalue sa performance non pas par rapport à des critères financiers mais par rapport à des critères humains et environnementaux. Et malgré certaines limites qu’elle s’est auto-imposées afin de respecter son compas éthique, certaines difficultés de lancement ainsi que le manque de reconnaissance au niveau législatif, l’ESS représente aujourd’hui 10% du PIB français. L’ESS ne se prétend pas non plus être au delà du besoin de rendements, une entreprise en aura toujours besoin pour fonctionner positivement, seulement ceux-ci ne sont pas au coeur des actions.

Essentiellement, l’économie sociale et solidaire veut remplacer la loi du profit individuel par le bien-être commun. Elle a pour objectif de rester fidèle à trois principes : le projet social est au centre de l’intérêt de l’entreprise, la gouvernance est collective, la lucrativité est limitée.


La lucrativité limitée

Nous avons voulu en savoir plus sur ce dernier principe. Plus précisément, cette lucrativité limitée, ou la non-lucrativité, suppose que les investisseurs ne s’attendent pas à des rendements financiers très élevés ou même immédiats, portant plutôt leurs attentes sur le projet social en lui même. En interne, la lucrativité limitée se traduit par une échelle des salaires encadrée, dont le but est de créer une homogénéité des salaires entre les différents niveaux de compétences, ce qui vient appuyer la gouvernance participative. D’une moindre disparité des salaires s’ensuit un esprit moins hiérarchisé au sein de l’entreprise. Evidemment, un poste dans une entreprise de « l’économie classique » peut s’avérer être mieux rémunéré que le même poste au sein d’une entreprise sociale et solidaire. Ce qui peut nuire à l’attractivité de l’entreprise. Au cours de nos interviews il est cependant ressortit que les personnes s’impliquant dans une économie sociale ont une réelle démarche solidaire. De ce fait, le projet social prend le pas sur le salaire. Les acteurs de l’économie sociale et solidaire portent bien moins d’importance à l’enrichissement personnel et portent plus d’intérêt à leurs initiatives et à leurs actions. Ce qui ressort également de ce type d’économie est que les employés ont plus d’indépendance. Étant moins pressurisés par l’attente du rendement et les contraintes financières imposées par les investisseurs etc, les acteurs de l’ESS ont une plus grande marge de manœuvre. Le principal frein de l’ESS est de trouver des financements. Le crowdfunding est de plus en plus populaire, et le modèle coopératif a fait ses preuves, mais il faut tout de même trouver des investisseurs, or le projet social et la promesse de rendements éventuels dans un futur lointain ne sont pas toujours attractifs. Encore une fois, c’est l’attrait du projet humain qui fait la différence.

L’État, via la Caisse des Dépôts et Consignations et sous l’impulsion première de Claude Alphandéry, est un des promoteurs et gros investisseurs de l’économie sociale et solidaire, avec une dotation de 100 millions d’euros. Cette économie est encore peu connue du grand public mais elle se développe et propose à certains détracteurs de l’économie classique une solution alternative.

La démarche de travailler ou investir dans ce type d’économie est tout à fait consciente et délibérée. Existant une réelle fracture idéologique entre les deux styles d’économie, il y a donc un vrai choix à faire, en pesant les pour et les contres, entre l’économie classique et l’économie sociale et solidaire.

Finalement, l’économie sociale et solidaire est apparue pour combler les lacunes de l’économie que nous connaissons tous, mais aussi pour proposer une manière d’interagir qui est alternative, différente. Elle allie le monde marchand et le monde des services désintéressés pour créer un tout innovant. Les acteurs sociaux sont de plus nombreux et c’est une économie en pleine expansion, démontré d’ailleurs récemment par la promulgation le 31 juillet 2014 de la loi relative à l’économie sociale et solidaire qui reconnait enfin cette nouvelle économie. Des entreprises de l’ESS sont crées tous les jours, et tant que l'économie classique laissera des besoins insatisfaits, des entrepreneur sociaux, mus par une volonté de résoudre des défis sociétaux, émergerons.


Sources

1) Interview d'Hervé Gouil créateur du cabinet de développement coopératif ANAKENA;
2) Interview de Julia Naccache, responsable développement réseau territorial, ENERCOOP
3) Interview Emmanuel Soulias, Secrétaire Général ENERCOOP
4) Discours du maire de Nanterre conférence de la maif du 5 novembre 2014
5) Discours de Carole Delga Secretaire d'Etat en charge de l'Economie Sociale et Solidaire conférence de la maif du 5 novembre 2014
6) http://www.lelabo-ess.org/?Claude-Alphandery
7) http://www.economie.gouv.fr/ess-economie-sociale-solidaire
8) http://www.lemois-ess.org/
9) http://mouves.org/
10)Documentaire : L'échappée solidaire