Le lexique Movilab

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Arc numérique : l’arc numérique fait ici référence à l’ensemble des nouveaux outils, usages et pratiques liés aux technologies de l’information et de la communication, avec un accent particulier sur les technologies interactives issues du web 2.0.

Code source : dans l’univers des logiciels libres, le code source fait référence aux lignes de codes du logiciel que l’utilisateur peut librement consulter, s’approprier et modifier. Il n’y a pas de boite noire lorsque le code source est ouvert. Par analogie, le code source Movilab fait référence à l’ensemble des clés de compréhension d’un projet, mis en forme via des didacticiels, vidéos d’illustration, données techniques, constitution de communautés d’entraide, forum, … Une fois mis librement à disposition d’usagers potentiels, ce code source peut être approprié et adapté à de nouveaux contextes, favorisant de fait la réplication et la pollinisation. La particularité du code source Movilab est qu’il met l’accent sur les communautés d’acteurs qui portent les projets, y participent, y mettent de l’énergie et les font vivre au quotidien. Un projet, aussi prometteur soit-il, n’a que peu de chance de réussir s’il ne parvient pas à mobiliser une communauté d’acteurs qui se l’approprient, le portent et le développent. Cartographier les acteurs de la première heure, celles et ceux qui les ont rejoint ensuite, documenter les processus participatifs en interrogeant les modalités d'appropriation des projets, la motivation à y participer, les succès et les échecs vécus, ... bref documenter l'histoire humaine qui jalonne tout projet, sont au cœur du processus d'écriture des codes sources Movilab.

Cartopartie : une cartopartie est une cartographie contributive et collaborative qui consiste en un événement permettant de cartographier en collaboration avec des volontaires des éléments d’un quartier ou d’une ville. Le but d’une cartopartie est d’arriver à produire une carte complète d’une zone plus ou moins grande, en récoltant le maximum d’information sur le terrain. Pour se faire, on invite des pratiquants volontaires de tous niveaux à se réunir lors d’un après-midi afin d’arpenter à pied, à vélo, en fauteuil, les rues d’un quartier et de le documenter. L’objectif est de permettre à ces volontaires et au-delà de se réapproprier leur territoire tout en offrant une information à forte valeur ajoutée pour toute une série de bénéficiaires.

Coworking : le coworking est un type d'organisation du travail qui regroupe à la fois un espace de travail partagé, mais aussi une communauté de co-workers, c’est-à dire de travailleurs encourageant l'échange, l'ouverture et la collaboration. Plus spécifiquement, le coworking repose sur cinq valeurs fondamentales  :

  • Collaboration : chaque entrepreneur, indépendant, porteur de projet, étudiant, bref, tout membre d’un espace de coworking a une expérience et des idées qui pourraient être utiles à d’autres. C’est pourquoi dans un espace dit de coworking, on encourage les échanges et le dialogue. Souvent avec l’aide d’un animateur, même si beaucoup d’espaces sont “autogérés”.
  • Ouverture : soyez curieux, ouvert d’esprit, découvrez les projets et les métiers des autres notamment au travers d’ateliers ou de conférences animés qui vous sont proposés dans votre espace.
  • Communauté : la communauté est le ciment d’un espace de coworking. Dans le dernier grand sondage effectué sur les espaces de coworking dans le monde, 96% des personnes sollicitées affirment que la communauté est une valeur importante pour les membres d’un espace de coworking.
  • Accessibilité : que vous soyez traducteur, architecte, pigiste, professeur de yoga ou développeur java, vous avez votre place dans un espace de coworking. Parce que c’est justement la mixité culturelle et professionnelle qui est recherchée.
  • Durabilité : les espaces de coworking ne sont pas juste des zones de transit pour indépendants mais une nouvelle vision de la façon de travailler. On y construit son projet mais surtout on y travaille autrement et dans la durée. C’est pour cela qu’il n’y a aucune limite quant à son utilisation.


Creative commons (licence creative commons) : les licences CC consistent en une solution alternative légale qui permet aux personnes de libérer leurs œuvres des droits de propriété intellectuelle standards de leur pays, qu’ils jugent trop restrictifs. Leur but est de fournir un outil juridique qui garantit à la fois la protection des droits de l'auteur d'une œuvre et la libre circulation du contenu de cette œuvre, ceci afin de permettre aux auteurs de contribuer à un patrimoine d'œuvres accessibles dans le « domaine public » (notion prise au sens large).

Crowdsourcing : (traduction littérale : "approvisionnement par la foule" - le sens anglo-saxon du terme traduit plutôt la notion d’ « externalisation distribuée à grande échelle » ou « externalisation ouverte »). Le crowdsourcing est l'utilisation de la créativité, de l'intelligence collaborative et du savoir-faire d'un grand nombre de personnes qui en sous-traitance vont réaliser certaines tâches de manière collaborative en lieu et place de la prise en charge de ces tâches par des personnes isolées.

FabLabs : un FabLab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, "intelligents" ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle ; … Un FabLab "type" regroupe un ensemble de machines à commande numérique de niveau professionnel, mais standards et peu coûteuses : une machine à découpe laser capable de produire des structure en 2D et 3D, une machine à sérigraphie qui fabrique des antennes et des circuits flexibles, une fraiseuse à haute résolution pour fabriquer des circuits imprimés et des moules, une autre plus importante pour créer des pièces volumineuses. On y trouve également des composants électroniques standards, ainsi que des outils de programmation associés à des microcontrôleurs ouverts, peu coûteux et performants. L’ensemble de ces dispositifs est contrôlé à l’aide de logiciels communs de conception et fabrication assistés par ordinateur. D’autres équipements plus avancés, tels que des imprimantes 3D, peuvent également équiper certains FabLabs. Les différents FabLabs dans le monde combinent tous, de manières différentes, cinq fonctions correspondant à cinq publics : la simple découverte du pouvoir de faire, de fabriquer, qui s’adresse aux enfants ou aux bricoleurs ; l’éducation par l’action, qui s’adresse aux écoles et universités ; le prototypage rapide, qui s’adresse aux entrepreneurs et créateurs ; la production locale, qui répond notamment aux besoins de pays en développement, mais aussi à ceux d’artistes, designers ou bricoleurs qui ne cherchent pas la grande série ; et l’innovation, l’invention des objets, des espaces, des formes de demain.

GULL : on peut trouver deux appellations, GUL et GULL. Un GUL, est un Groupe d'Utilisateurs de Linux et un GULL désigne un Groupe d'Utilisateurs de Logiciels Libres. Il n'y a guère de distinctions à faire entre les deux. Les motivations essentielles de ces utilisateurs sont les questions de licences. L'intérêt étant de pouvoir copier, étudier et redistribuer légalement des programmes. Un GULL est généralement une association type 1901, regroupant des utilisateurs du système d'exploitation Linux et des logiciels libres.

HackLabs / hackerspace : un hackerspace (ou hacklab) est un espace dédié à des ateliers spécifiques, autour d’un outil ou d’un projet numérique, qui rassemblent des groupes de passionnés possédant un intérêt commun (souvent autour de l'informatique, de la technologie, des sciences, des arts...). En mode coworking ou travail collaboratif, les catégories apprenant et guide explorateur n'y sont pas figées, et chacun assume tour à tour les deux rôles dans l’esprit « école mutuelle ». Au sein d'une structure donnée (Espace Public Numérique, établissement d'enseignement supérieur...), un hackerspace peut-être permanent ou temporaire. Dans ce second cas il correspond plutôt à un format d'animation. Ses publics cibles sont variables selon la thématique abordée, l'outil mis en avant... du geek féru d'informatique au citoyen désireux de s'informer, de se forme ou de contribuer à des projets collectifs. Les fonctions du hacklab sont diverses et les activités qui prennent place dans un hackerspace peuvent être très variables selon l'endroit. En général, les hackerspaces fonctionnent comme des centres pour le partage et la transmission de connaissances par des pairs prenant souvent la forme d'ateliers, présentations et conférences. Ils ont aussi parfois des rôles plus ludiques vis à vis de leurs membres comme des nuits de jeu ou l'organisation de soirées. Ils fournissent typiquement de l'espace à leurs membres pour mener à bien leurs projets individuels, ou collaborer avec d'autres membres sur des projets de groupe. Les hackerspaces peuvent aussi être de lieux de mise en commun d'outils (matériels ou logiciels) sous diverses formes (prêt, location...).

Incubateur/incubation de modes de vie durables in vivo : au sens classique du terme, un incubateur est une structure d’accompagnement de porteurs de projet qui sont en phase de création d’entreprise. L’incubateur apporte au porteur toute une série de ressources (hébergement, conseils en création de business plan, conseils juridiques, financiers, commerciaux …, services, aide au financement, …) au démarrage et pendant les premières années de vie de l’entreprise créée.
Par extension, l’incubateur de modes de vie durables in vivo cherche à créer aux sein des territoires pilotes d’expérimentation des espaces et des ressources permettant aux porteurs de projets à fort potentiel d’innovation sociale/sociétale/environnementale de bénéficier d’un support au montage et au financement de leur projet. A cet égard, le tiers-lieu va jouer un rôle tout particulier dans ce processus d’incubation, car il offrira à la fois l’espace, la communauté et les ressources permettant d’accompagner les projets à potentiel (voir la page du wiki suivante pour plus de détails). L’incubateur Movilab vise également à tester dans nos territoires d’expérimentation les initiatives qui peuvent avoir été observées ailleurs et documentées. Ainsi, la mise en œuvre du projet de télévision citoyenne participative est à voir comme un projet initialement déployé par notre partenaire O2Zone à Salon-de-Provence et désormais incubé à Mouans-Sartoux.

Hackers : terme provenant initialement du monde IT et désignant toute personne montrant une passion pour la compréhension du fonctionnement intime des systèmes, ordinateurs et réseaux informatiques en particulier. Plus spécifiquement, le hacker cherche à ouvrir et à comprendre des systèmes fermés (considérés comme des boîtes noires). Cette tendance s’est désormais élargie à bien d’autres univers que l’IT et désigne non seulement le fait d’ouvrir et de comprendre la boite noire de systèmes technologiques, culturels ou sociaux, afin de pouvoir le partager avec autrui, mais aussi de pouvoir détourner de sa fonction initiale un produit pour l’adapter à son usage personnel. Ceci sous-tend une volonté d’émancipation et de reprise de contrôle à l’égard d’un système fermé caractéristique du système économique dominant. Ainsi, un repair’ café va chercher à percer les mystères d’une machine à café et à pallier aux freins mis en place par les fabricants (par exemple par le scellement de certaines pièces) pour trouver les moyens de lever ces freins et de réparer les objets qui nous entourent.

Hashtag Twitter : Le hashtag est un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur Internet où il permet de marquer un contenu avec un mot-clé plus ou moins partagé. Sur Twitter, le hashtag permet d’attribuer un sujet au message. Il est alors possible d’afficher tous les tweets comportant un hashtag précis, et établit un classement des mots ou bien des hashtags du moment les plus utilisés.

Medialab : le medialab est un espace collectif et physique qui met en synergie plusieurs techniques du numérique (atelier réseaux sociaux, espace web ressources, SMS/Tweet-WALL, open plateau radio et vidéo, reportage en tourné-monté, design/animation, conférence de rédaction citoyenne, …). Il permet à des collectifs de se réapproprier les outils numériques et en particulier les outils audiovisuels pour réaliser des projets le plus souvent collectifs. Il peut être permanent ou éphémère. Il est animé par une équipe pluridisciplinaire. Objet-art (ou objet-lien) : l’objet-art (ou objet lien) est un concept au cœur d’intelligence collective. Comme l'explique Pierre Lévy dans un article intitulé "Les objets de l'Intelligence Collective" (1994), "Les joueurs font du ballon à la fois un index tournant entre les sujets individuels, un vecteur qui permet à chacun de désigner chacun, et l’objet principal, le lien dynamique du sujet collectif. On considérera le ballon comme un prototype de l’objet-lien, de l’objet catalyseur d’intelligence collective". Mélodie, ballon, objectif, "objet" de la réunion… nul doute que l'intelligence collective originelle se construit dans la convergence des individualités vers un objet collectivement poursuivi, que cet objet soit matériel ou symbolique (un projet par exemple). Quand ils appartiennent à l'espace symbolique, il est absolument nécessaire que ces objets soient clairement identifiés dans leur nombre et qualité par chaque participant du groupe, au risque sinon que cela mène à ces situations floues.

Open source : initié au départ dans le monde du logiciel informatique, l’open source fait référence à l’ouverture des codes sources d’un logiciel permettant le libre accès, la libre redistribution et l’utilisation du code pour des travaux dérivés. L’open source a depuis quitté le monde logiciel pour pénétrer le monde de la matière (p.ex. l’open source hardware, mettant librement à disposition tous les plans, schémas et tutoriels pour fabriquer ou réparer des biens), l’open research (mise à disposition libre des protocoles et des résultats de recherche scientifique), l’open education (accès libre aux contenus et ressources éducatives), …

Passage à l’échelle : le passage à l’échelle fait référence à la volonté d’accroître le périmètre d’application de projets remarquables locaux et portés par un nombre limité d’acteurs. Réplication et propagation virales des idées entrent ici en jeu et visent à convaincre d’autres acteurs ou d’autres territoires d’adopter des innovations durables pouvant faire sens dans leur contexte propre. A titre d’exemple, le projet de passage à la restauration AB à Mouans-Sartoux sous-tendu par la création de la régie agricole municipale possède une valeur ajoutée forte pour d’autres établissements qui, poussés par la réglementation ou par une volonté propre, cherchent eux-aussi à accroître la part d’alimentation AB dans leur restaurant collectif sans forcément savoir comment s’y prendre.

Passeurs : strictement, le passeur est une personne qui transporte des passagers d'une rive à l'autre d'un cours d'eau. Nous l’utilisons de manière analogique pour désigner des personnages singuliers qui, par leur engagement et leur maîtrise d'un domaine ou d'un savoir-faire donné, œuvrent efficacement (et discrètement) pour une société plus équilibrée, plus durable. Ils sont qualifiés de "passeurs" parce qu'ils sont plus attachés à faire passer leurs idées, quitte à s'effacer pour que cela soit plus efficace, qu'à briller ou être "connus". Parmi eux, on trouve des élus, des scientifiques, des précurseurs du développement durable, des professeurs... et aussi les artisans du libre

Peer-to-peer : (pair à pair en français). Concept qui vient du langage technique des réseaux informatiques et qui qualifie un type de connexion réseau par laquelle deux machines communiquent d'égal à égal, à l'opposé des relations maître esclave. Par extension, il s’agit de relations et d’échanges entre pair (p.ex. des particuliers) qui ne recourent pas aux services d’intermédiaire pour satisfaire leurs besoins et organiser leurs échanges.

Pollinisation : le recours cette analogie traduit le processus de contagion des idées, des pratiques et des innovations qui permet à une expérience positive menée dans un territoire (institutionnel ou projet) donné de susciter l’envie à d’autres territoires de lancer des initiatives comparables. La volonté est de rendre viral les innovations sociétales permettant une diffusion accrue des modes de vie durables au sein des territoires et des communautés qui y gravitent.

Professionnel-amateur (proam) : amateurs qui sont tellement investis dans leur passion qu’ils finissent par avoir les mêmes compétences que les professionnels, mais avec une capacité de création et d’innovation que ne peuvent potentiellement plus avoir ces derniers, en raison de contraintes organisationnelles et/ou d’une production routinière contrainte.

Repair café : les Repair’Cafés sont des rencontres ouvertes à tous dont l’entrée est libre et qui proposent des activités de réparation dans un esprit collaboratif et convivial. Outils et matériel y sont disponibles pour faire toutes les réparations possibles et imaginables : vêtements, meubles, appareils électriques, bicyclettes, vaisselle, objets utiles, jouets, ordinateurs et autres. Des experts en la matière sont aussi au rendez-vous, électriciens, couturières, menuisiers, réparateurs de bicyclettes. On y apporte les choses en mauvais état qu’on a chez soi et on se met à l’ouvrage, aidés en cela par des professionnels amateurs* ou des gens du métier. Lieu de réparation et d’apprentissage, c’est aussi un lieu de convivialité autour d’un café ou un thé, ou l’entraide est de mise. On peut aussi y trouver des idées à la table de lecture, proposant des ouvrages sur la réparation et le bricolage.

Réplication/réplicabilité : la réplicabilité fait référence aux conditions de transfert d’une expérience observée dans un territoire (institutionnel ou projet) à un autre territoire, en s’inspirant des retours d’expérience (du code source*) de ce qui a déjà été mis en œuvre. Dans sa volonté de pollinisation*, Movilab vise en effet à s’appuyer sur les codes sources développés dans les phases de documentation pour faciliter ou accélérer les possibilités de transfert à d’autres territoires. Pour ce faire, les conditions de transférabilité sont essentielles car elles permettent de s’assurer que le territoire d’accueil de l’innovation dispose des ressources et du terreau nécessaires pour déployer le dit projet dans des conditions optimales.

Sol toxique : se dit d'un territoire ou d'un espace dont les acteurs ne s'écoutent plus et ne s'entendent plus le plus souvent par l'usure des années ou la concurrence implicite ou explicite qui existe. Il est alors nécessaire de faire appel à une tierce personne, structure ou communauté pour "nettoyer" et retrouver de la bienveillance pour (re)construire durablement avec le territoire. Même s'il n'existe pas (encore) de remède miracle, la méthodes est assez simple et repose sur 3 mots clés : OpenProcess, FeedBack et Binveillance.

Storytelling : le storytelling consiste en une mise en récit qui se fonde sur la structure narrative du discours qui s’apparente à celle des contes ou des récits. Dans le cadre de Movilab, le storytelling joue un rôle particulier. Il vise à interroger l’histoire d’un territoire dans lequel un projet prend part en vue de sa mise en récit. La raison est importante, car lire le passé et le mettre en récit, c’est offrir un moyen de comprendre le présent et de bâtir le futur. Et la notion de territoire peut ici faire référence à un territoire institué ou un territoire projet. Le storytelling peut ainsi porter sur une entreprise désireuse par exemple de basculer de modèle économique. Il s'agira alors de mettre en récit les trajectoires de développement de l'entreprise qui ont fait émerger (et qui permettent donc de comprendre) les raisons pour laquelle cette dernière décide d’innover sur son business model. La rédaction du storytelling d’un territoire va permettre de comprendre ses trajectoires de développement, de comprendre ses projets passés et d'y inscrire ses projets futurs. Ce travail, loin d’être anecdotique – l’anthropologie ayant mis en évidence le rôle de la mise en récit et de la construction de mythes sur la diffusion et le partage des savoirs – est au cœur des projets de pollinisation des savoirs et des bonnes pratiques de Movilab. Il permet en outre d'interroger la qualité d'un "terreau" d'accueil pour des projets innovants (degré de maturité du territoire et des acteurs en place, sens du projet par rapport à l'histoire du territoire, capacité de mobilisation d'acteurs en place autour du projet, ...).

Tiers-lieux : Né d'une approche sociologique de nos territoires, le concept de "Tiers Lieux" se développe en France et dans le monde à grande vitesse. Ils sont destinés à être des espaces physiques ou virtuels de rencontres entre personnes et compétences variées qui n'ont pas forcément vocation à se croiser. Pour nous, le tiers-lieu est un espace modulaire polymorphe offrant un lieu physique et/ou symbolique à une communauté d'usagers. Il est polymorphe car il peut prendre des formes variées en fonction des besoins d'un territoire et des communautés d'usagers. En ce sens, il n'existe donc pas de tiers-lieu type. Il est par ailleurs modulaire car à l'image d'un camembert de Trivial Pursuit, il peut être composé d'un ensemble de modules dont chacune dispose d'un référentiel clair (comme p.ex. les fablabs, les hackerspaces, les espaces de coworking, les medialabs, les GULL, …). Ni privés, ni publics, ils composent une solution hybride entre espace personnel et espace ouvert, domicile et travail, convivialité et concentration. Les tiers-lieux réunissent un certain nombre de conditions permettant les rencontres informelles et favorisant la créativité issue des interactions sociales, notamment à travers l’ouverture, la flexibilité, la viabilité, la convivialité et l’accessibilité. Les amis occasionnels, les habitants d’un quartier, les professionnels d’un secteur, peuvent s’y retrouver et en faire le carrefour de leur communauté. Parmi les utilisateurs réguliers, la conversation est le centre des activités et l’humeur est détendue. Les rencontres informelles et familières dans ces lieux n’ont pas forcément à être planifiées entre les individus qui s’y croisent et s’y retrouvent. Les tiers-lieux peuvent être vus comme des lieux dits « de passage » qui attribuent un sens nouveau à l’espace et à la culture à travers les communautés qui se forment et se rassemblent, des réseaux qui se tissent et grandissent autour des usages que l’on en fait. Dans ce cadre, le « café du coin », le bar connecté, le squat d’artiste ou le centre culturel en tant qu’espaces publics servant de point informel de rencontre peuvent devenir des tiers-lieux selon l’usage qu’en font les individus qui les animent, occupent et visitent. Plus qu’une simple caractéristique spatiale, les tiers-lieux sont donc en grande partie le produit des relations humaines, des interactions créatives et des modes d’organisation sociale et professionnelle dominant les sociétés contemporaines. Chaque «tiers-lieu» a sa spécificité, son fonctionnement, son mode de financement, mais tous favorisent la créativité, l’initiative et le partage.



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