La télévision citoyenne participative à Mouans Sartoux

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Et si on créait une télévision citoyenne à Mouans-Sartoux ?

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Le 14 janvier 2013, une invitation est faite aux Mouansois et au-delà : et si on créait une télévision citoyenne participative ? Petit retour en arrière sur la génèse du projet.
Dès le mois de mars 2011, Mouans-Sartoux accepte de rejoindre le dispositif Movilab à titre de territoire pilote d'expérimentation. Concrètement, la ville nous ouvre les portes de ses nombreux projets remarquables et est prête à incuber au sein de son territoire des innovations pilotes allant dans le sens du projet de la ville et de ses citoyens.

Parmi l'ensemble des projets documentés, le Festival du Livre retient évidemment notre attention. Évènement emblématique de Mouans-Sartoux, il est un moment fort d'intelligence collective dans la vie de la ville. Proposant systématiquement un thème confrontant, il invite ses visiteurs à se poser pendant 3 jours et à réfléchir à des grandes questions de société : où allons-nous si vite ? Les défis du deuxième sexe. Et si on rallumait les étoiles... Systématiquement, les moments clés sont filmés, enregistrés, archivés, ... mais ces matériaux à forte valeur sont peu utilisés ensuite. Comment valoriser un tel patrimoine ? Par ailleurs, si les thèmes secouent les consciences pendant ces trois journées, ils mériteraient de vivre tout au long de l'année. Comment faire en sorte que le public s'approprie ces thèmes - et d'autres - tout au long de l'année ? Finalement, serait-il possible de sortir ces réflexions des murs de Mouans-Sartoux pour qu'ils entrent en résonance avec d'autres villes, d'autres lieux, d'autres communautés de réflexion et d'échange ? Ces trois questions ont agit telles des graines sur le projet futur de télévision citoyenne participative.

Par ailleurs, l'équipe municipale et Marie-Louise Gourdon - 1ère Adjointe au Maire en charge de la culture - en particulier a dans un coin de la tête une idée : si on créait une université populaire, un lieu d'échange, un lieu de création et d'éducation permanente ?

Finalement, nous avons déjà souligné le formidable terreau participatif de la ville, forte d'une incroyable densité d'associations et riche d'une vraie culture participative.

Et si la conjonction de ces trois projets nous amenait... à créer une télévision citoyenne participative ? Une télévision, ce commun sociologique, qui ne serait plus aux mains d'un petit nombre nourrissant la masse, mais aux mains de citoyens, pour questionner et donner à voir les richesses du territoire, pour créer du lien, créer du bien commun et pour débattre ?

L'idée fait sens, elle est en phase avec le projet de la ville, avec sa culture, son désir de rendre les citoyens acteurs de la cité... il n'en fallait pas plus... L'aventure pouvait commencer.

La première étape, recruter les volontaires porteurs du projet

Un appel à volontaire est lancé auprès des Mouansois et au-delà. Tous les canaux sont utilisés : Le Mouansois (= le journal local), le compte Facebook de la ville, le relais auprès des associations, ...
Le 14 janvier 2013 s'organise à la médiathèque de Mouans-Sartoux la première d'information autour du projet de télévision citoyenne participative. Une vingtaine de personnes sont présentes, de tout âge, venant de Mouans-Sartoux et des communes avoisinantes. Les motivations sont variées : curiosité, désir de comprendre ce qu'est une télévision citoyenne participative, intérêt pour les démarches citoyennes, volonté de comprendre le lien entre ce projet et la démocratie, lien avec les activités de certaines (média citoyen à Fayence, ancien journaliste, membre de l'ERIC de Grasse, ...). Durant cette soirée, Christophe (Skema - Movilab) et Antoine (O2Zone) présentent le projet, accompagné par Marie-Louise Gourdon et Vincent Corbier. La soirée passe vite et une nouvelle réunion s'organise le 7 février 2013, avec toujours beaucoup de monde. Certaines inquiétudes émergent et doivent être levées : nous n'y connaissons rien en technique ? Combien de temps cela va-t-il prendre ? Nous ne sommes pas journalistes, va-t-on y arriver ? Il faut donc rassurer et expliquer la nature du projet, ses objectifs, démystifier la technique et rassurer sur le niveau d'engagement : on donne ce que l'on peut/ce que l'on veut.

Nous proposons ensuite de former un noyau dur de 6 à 8 personnes sur 3 jours consécutifs. La formation s'organise le 2, 3 et 4 mars.

Seconde étape : la formation des volontaires aux techniques de reportage

Une formation de trois jours est ensuite organisée pour le groupe de volontaires, afin de démystifier la technique et de leur donner les compétences requises pour développer un reportage de A à Z. Le lien suivant présente l'intégralité du contenu de cette formation, mise en forme et adaptée au format wiki.

Durant ces trois jours, les volontaires tournent deux reportages test :




Mise en place d’un open plateau

Les 27 et 28 avril 2013, le noyau dur de l’équipe de la télévision citoyenne de Mouans-Sartoux se réunissent avec Agnès Maury et Antoine Dufour (O2Zone), Yoann Duriaux (Openscop), Christophe Sempels (Skema - Movilab) et Emmanuel Mayoud (Movilab). Au programme, monter un tiers-lieu éphémère lors de la Fête du Miel de Mouans-Sartoux, prenant la forme d’un open plateau de télévision citoyenne participative. O2Zone nous livre ici sa méthodologie de montage d'un open plateau de télévision citoyenne participative.

L’équipe participante à un open plateau télé

Hors plateau

  • Des caméramen/camérawomen
  • Un(e) technicien(ne) son
  • Un(e) réalisateur-trice (qui sera à la régie)
  • Un(e) modérateur-trice Internet en charge de la diffusion sur Internet (community manager)
  • Une personne en charge du script (gestion du temps)

Sur le plateau

  • Un(e) présentateur-trice
  • Les invités
  • Le public éventuel
  • Un(e) chef plateau, qui donne sur le plateau toutes les indications données par le script via le réseau intercom. C’est l’interface oreillette sur le plateau (ceci exige une très bonne coordination avec le script, le réalisateur et le présentateur).


Le matériel nécessaire à un open plateau

Organisation du matériel

1. La vidéo

  • Matériel source (qui envoie le contenu) : caméra et lecteur DVD (pour envoi éventuel d’un reportage) - sortie OUT
  • Traitement de la source : un mélangeur - sortie IN sur ce qui vient du matériel source et sortie OUT pour ce qui part vers le magnéto
  • Enregistrement : un magnétoscope qui enregistre au format DV-CAM - sortie IN pour ce qui sort du mélanger et sortie OUT pour ce qui part vers l’écran de contrôle
  • Contrôle : un écran de contrôle en sortie de magnéto - sortie IN pour ce qui sort de l’écran de contrôle
  • Diffusion : vidéoprojecteur éventuel ou diffusion via Internet
  • L’ensemble du câblage (câbles mâle-mâle, mâle-femelle, femelle-femelle) et des adaptateurs

2. Le son

  • Matériel source : micros(pour envoi éventuel d’un reportage)
  • Traitement de la source : table de mixage
  • Enregistrement : le même magnétoscope que la vidéo
  • Contrôle : un casque de contrôle
  • Diffusion : grosse enceinte éventuelle ou diffusion via Internet
  • L’ensemble du câblage (câbles mâle-mâle, mâle-femelle, femelle-femelle) et des adaptateurs


Méthodologie d’implantation d’un open plateau

Etape 1 : implantation du décor et de l’éclairage

Un open-plateau télé doit être beau, agréable et accueillant. Il faut donc organiser un décor attrayant avec une interrogation clé : quelle âme a-t-on envie de donner à notre open plateau ?
On commence à faire un plan d’implantation du plateau (petit schéma) pour réfléchir tous ensemble. Pour penser l’implantation, il faut avoir à l’esprit les questions suivantes :

  • Combien de personnes vont-elles participer à l’open plateau (en termes d’invités) ? Quel mobilier faut-il prévoir (chaises, fauteuils, tables basses, …) ?
  • Quelles sont les conditions de lumière pour ne pas avoir de problème de contre-jour ?
  • Quel est l’arrière fond de l’implantation possible (agréable, joli, …) ?
  • Où implanter les caméras et de la régie ? Pour penser cette implantation, il convient d’imaginer le type de plan qu’on réalisera, afin d’avoir un champ suffisant pour les caméras. Il faut généralement maintenir une distance suffisante pour pouvoir réaliser à la fois des plans serrés et des plans larges. Mais attention si on prévoit un public, il ne faut pas que des têtes soient dans le champ des caméras. L’implantation des caméras doit aussi intégrer l’emplacement des mobiliers ainsi que la manière dont ils échangent des regards entre eux.
  • Où implanter l’éclairage ?

Etape 2 : implantation des caméras et de la régie

Pour cet open plateau, nous allons placer trois caméras pour filmer le plateau, ainsi que la régie. Nous allons ensuite devoir câbler le tout. Il y a trois réseaux de câbles : le câblage vidéo, le câblage audio et le câblage intercom (interphone permettant aux différents acteurs de communiquer entre eux sur le plateau)

Etape 3 : vérification des signaux et sécuriser l’installation

Il convient ensuite de vérifier l’ensemble des signaux sur les 3 réseaux de câblage. Une fois que tout a été testé et vérifié, il faut sécuriser l’installation, c’est-à-dire fixer les câbles (scotch p.ex.) afin d’éviter tout arrachage, rendre le plateau propre et accueillant, …

Etape 4 : on tourne !

Tout est prêt, on peut démarrer le tournage et diffuser.

Les processus participatifs de la télévision citoyenne participative

Avant d'être une affaire de technique, la télévision citoyenne est d'abord une affaire de participation. Mais pourquoi donc les gens participent à ce genre de projets ? Et comment les inciter à participer à un open plateau p.ex. ? Zoom pendant le Festival du Livre 2013 de Mouans-Sartoux, où notre open plateau siège au coeur de l'espace citoyen de la ville.

Les citoyens en parlent

Darik (20 ans), Estelle (19 ans), Hajerr (24 ans), Melika (19 ans), Kif (20 ans), Eddy (20 ans), vous venez de l’école EuroFormation à Grasse. Pourquoi avez-vous envie de participer à ce plateau ?

  • J’adore la télévision, j’ai vu le plateau et j’ai eu envie de découvrir. Et là on me dit qu’on pouvait organiser un plateau et le faire nous-même. C’est top.
  • J’ai envie d’apprendre, c’est mon anniversaire aujourd’hui, j’ai eu mon permis hier et je n’ai jamais eu l’occasion de passer à la télévision. C’est génial !
  • C’est une nouvelle expérience. Je regarde la télé mais j’ai jamais vu l’envers du décor. La technique, les caméras, on ne voit pas ça d’habitude. Alors quand on m’a dit qu’on pouvait faire la télé, j’ai sauté dessus.
  • Parce que ça a l’air amusant, l’ambiance est bonne. Les gens sont sympas.


L’animation de l’open plateau - les qualités requises de l’animatrice (ici Sabrina, O2Zone)

Les mots clés sont écoute et bienveillance, confiance et marque d’intérêt. Il faut montrer aux gens qu’on s’intéresse à eux et à ce qu’ils ont à nous dire, que nous sommes heureux qu’ils soient là et que leur prise de parole est précieuse pour nous, qu’elle nous fait plaisir.

Comment convaincre des inconnus de participer à un open plateau ?

L’open plateau attire forcément le regard. La régie, les caméras, le plateau, la technique, tout cela éveille l’attention. Certaines personnes viennent voir, s’arrêtent, regardent, passent et repassent. Avec ceux-là, nous commençons par établir un contact visuel. Une fois ce contact établit, on engage la conversation. C’est assez simple puisqu’ils/elles témoignent spontanément d’un intérêt.
On leur explique qu’il s’agit d’un plateau télé ouvert à tous où tout un chacun peut s’exprimer sur le sujet qu’il souhaite. Que c’est un espace de liberté, un espace d’expression qui permet d’aborder un thème de son choix en s’amusant. On leur demande ensuite s’ils veulent essayer, en précisant que cela prend 15 à 20 minutes. En agissant de la sorte, on arrive très facilement à faire émerger un petit groupe de 5 à 6 personnes.
On les invite ensuite sur le plateau. Dès qu’ils montent sur le plateau, c’est la panique : qu’est-ce qu’on va dire, je n’ai jamais fait cela, c’est stressant, … On doit donc les rassurer et on commence d’abord par la technique. Nous leur expliquons ce qu’est un plateau en partant de ce qu’ils connaissent, la télévision. On leur montre évidemment ce qu’on voit (ce qui est diffusé), mais on leur montre aussi la partie hors champs : les caméras et la régie. Nous travaillons avec un plateau à trois caméras, aussi on leur explique le lien entre les caméras et la régie, à quoi sert la régie et comment elle sélectionne les plans qui seront choisis par le réalisateur pour monter le reportage.
Très rapidement, les gens comprennent et commencent à être rassurés. Ils commencent du coup à être plus à l’aise. Ca y est, ils sont entrés dans le processus. C’est à ce moment qu’on leur demande ce qu’il préfère : être devant ou derrière la caméra. Les rôles se définissent très vite et très facilement. Chacun est ensuite invité à aller à son poste.
On explique d’abord aux personnes aux caméras ce qu’ils vont devoir faire, à nouveau en les rassurant (tu verras, tu as déjà filmé avec ton Iphone. Ici c’est un peu pareil, tu peux zoomer, dézommer. Pour que ce soit joli il ne faut pas faire de mouvement brusque. Tu dois essayer de soigner ton cadrage comme quand tu prends une photo). On les invite ensuite à mettre les casques et c’est quand ils les mettent. Ils commencent à se parler entre eux et avec la régie, ils plaisantent, ça rigole et l’atmosphère se détend. Cela met une fois de plus à l’aise.
On revient ensuite vers les personnes qui vont être filmées et on choisit ensemble du sujet que l’on va traiter et de la manière dont on va le traiter. De manière constante, on dédramatise en leur expliquant que ce n’est finalement pas différent d’une discussion entre amis autour d’une table. On se réfère aussi à la technique et à du concret (p.ex. comment on doit tenir son micro) pour éviter qu’ils gambergent et se posent trop de questions.
Très vite, ça démarre et chacun joue son rôle. Une fois que c’est terminé, on sent véritablement une énergie de groupe qui s’est créée. Les gens se réunissent à la régie et veulent voir la vidéo. Ils rigolent, commentent l’expérience qu’ils viennent de vivre, prennent des photos pour avoir des souvenirs. C’est un vrai instantané d’un collectif éphémère qui s’est constitué et qui bientôt va repartir.

Recourir au crowdfunding pour financer le projet

Dans le cadre du développement de la télévision citoyenne participative, nous avons décidé de recourir au crowdfunding (financement participatif) pour financer l'acquisition de notre équipement de tournage. Nous avons pour ce faire utiliser la plateforme KissKissBankBank.

Ce lien explique la méthodologie pour faire appel au crowdfunding.

Ce lien décrit notre appel à financement déposé sur KissKissBankBank.

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