L'impression 3D constitue t-elle une révolution industrielle accessible à tous ou est-elle, à terme, une menace pour la propriété intellectuelle?

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Présentation de notre problématique

La problématique que nous avons choisi de développer est la suivante :
L'impression 3D constitue t-elle une révolution industrielle accessible à tous ou est-elle, à terme, une menace pour la propriété intellectuelle? ?

Nous souhaitons nous pencher sur les aspects positifs d'un tel procédé, considéré comme une véritable rupture technologique, notamment au niveau du partage de connaissance que cela peut apporter (économie de la connaissance). Nous pensons évidemment à l'avantage apporté par l'impression 3D en ce qui concerne l'amélioration et la multiplication des prototypes, la création d'objets nouveaux par les consommateurs, qu'ils soient novices ou pas, mais de manière plus générale au nouveau business model qui peut se développer par la suite (chacun pourra "commercialiser" ses idées et ses plans de façon à reproduire à l'infini un objet qu'il aura conçu). C'est une forme de collaboration entre tous les utilisateurs.

En ce qui concerne la deuxième partie de la problématique, nous pensons aborder des problèmes plus factuels, dans un cadre strictement légal et administratif. En effet, l'impression 3D fait débat pour tout ce qui touche aux droits d'auteur et aux brevets étant donné que tout ce qui est créé aujourd'hui possède automatiquement des droits d'auteur. La question se posera au niveau du design, de l'utilité de l'objet en question... Car il y a atteinte aux droits d'auteur même quand celui qui fabrique quelque chose n'est pas au courant des objets similaires déjà existants.

Notre dossier de production


Lien vers notre dossier de production

Notre reportage


Nous tenons à remercier chaleureusement Charles-Albert de Medeiros (Manager du FabLab de Lille) ainsi que Patrick Chabrand pour leur aide précieuse et pour avoir répondu à nos questions.

Notre article journalistique sur la problématique


Imaginez que dans un futur proche vous puissiez créer à volonté des objets sans même bouger de chez vous ? Que vous puissiez inventer, partager et diffuser vos connaissances au monde entier ? Que vous puissiez reproduire à l'infini toute sorte objets du quotidien ? Et de manière encore plus folle, imaginez que vous puissiez bénéficier d'un organe ou de tissu musculaire créé de toute pièce par une imprimante 3D ? Tout cela est déjà possible aujourd'hui, mais ce procédé révolutionnaire est encore méconnu du grand public. Ces machines ne viennent pas du futur, elles sont bien réelles. Limitées tout d'abord aux industriels, elles existent désormais dans des versions domestiques à destination des particuliers, et sont vendues à prix accessible (le premier prix se situe autour de 400€).

Bien qu'il soit encore trop tôt pour le dire, l'impression 3D apparaît comme l'amorce d'une troisième révolution industrielle, une des innovations radicales majeures de notre siècle. Son impact sur l'économie est déjà saisissant, mais de nombreuses questions se posent à son sujet. La plus importante d'entre elle concerne la propriété intellectuelle, puisque selon la législation française, tout ce qui est créé aujourd'hui possède automatiquement des droits d'auteur. Dès lors, la démocratisation de l'impression 3D, qui permet à tout un chacun de créer ses propres objets, suscite la peur et l'espoir.

La peur, parce que la déviance peut s'installer rapidement : l'exemple de Cody Wilson, simple étudiant américain, est flagrant. Il a réussi à créer lui-même, grâce à une imprimante 3D, des pistolets, fusils et autres mitraillettes. Par la suite, il a créé un site dédié au partage des plans qu'il avait conçus, de façon à ce que n'importe quel citoyen « lambda » possédant une imprimante 3D puisse à son tour fabriquer des armes. Malgré le fait que ces armes soient composées essentiellement de plastique (sauf pour le percuteur, qui est en métal), elles se révèlent tout aussi dangereuses que des vraies. La publication de ces fichiers sur la Toile a été immédiatement censurée par le gouvernement américain qui a sommé l'étudiant de retirer tous ses plans, mettant en avant le fait que cela était contraire à la loi d'exportation d'armes et à la diffusion de plans d'armes militaires.

L'espoir également, parce que l'impression 3D offre des perspectives jamais explorées jusqu'alors, notamment au niveau de la médecine. Des chercheurs de l'université du Michigan ont réussi à créer une valve microscopique, une prothèse destinée à être implantée dans la trachée d'un nourrisson de 20 mois qui connaissait des difficultés respiratoires importantes. La vie de ce bébé a été sauvée grâce à cette prothèse, qui n'aurait pas pu être créée sans un outil aussi précis que l'imprimante 3D. Le processus est simple : une modélisation haute résolution est créée grâce à un outil de CAO (Conception Assistée par Ordinateur), et l'on obtient ainsi un dessin numérique extrêmement précis avec les dimensions exactes de l'objet. Le fichier 3D est alors envoyé vers une imprimante spécifique qui superpose des centaines ou des milliers de couches ultra-minces (environ 16 micromètres d'épaisseur). Les matériaux utilisés lors d'un tel procédé sont principalement le plastique, le métal ou le plâtre de façon à pouvoir créer un objet en volume. Le plus souvent, ces objets se trouvent être biodégradables, et en ce qui concerne la médecine, ils sont morpho-adaptés au corps du patient (la prothèse doit être totalement acceptée par l'organisme pour être colonisée par les cellules).

Porteuse d'autant d'espoir que de menaces, l'impression 3D pose problème. Certains y voient un moyen de redessiner la carte de l'économie mondiale tandis que d'autres voudraient empêcher sa diffusion au trop grand nombre. La crainte d'assister à la digitalisation et la dématérialisation des objets, tout comme cela a pu arriver à l'industrie musicale, aux médias ou au cinéma se fait sentir. Car si la musique touche uniquement aux droits d'auteur, un objet lui, touche à tout ce qui est brevets, design, marques, conception... Un paradoxe s'impose alors : on peut se demander comment empêcher, dans un monde où la technologie progresse à une vitesse incroyable (montée en puissance de processeurs permettant un stockage croissant de données, transmission de données et partage de fichiers de plus en plus répandus...) la numérisation de tout ce qui existait auparavant. Il semble difficile de freiner la liberté d’usage, d’étude, d’amélioration et de diffusion des citoyens.

Dès lors, le développement de l'impression 3D va t-il constituer un changement de paradigme dans l'économie que nous connaissons ? A première vue, oui. Selon l'industrie militaire, cette innovation diminuerait 30 fois les coûts de production et 5 fois le temps de production, facilitant la création de prototypes dans le secteur industriel. Elle permettrait également de réduire les coûts de distribution (réduction des coûts de transport et de stockage, capacité à produire à la demande, à répondre aux besoins en un temps record, à produire des pièces à l’unité...). Elle serait également un moyen de relocaliser certaines productions et ainsi de créer de l'emploi. L'impression 3D, qui rapproche les lieux de production des lieux de consommation pourrait être « éco-friendy » et diminuer l'empreinte écologique de nombreux d'objets (de plus, ce procédé permet de fabriquer des pièces détachées afin de réparer plutôt que de jeter). Les perspectives économiques et industrielles de l'impression 3D semblent donc extraordinaires, car c'est tout la chaîne de valeur qui est remise en cause. Dans le futur, la valeur ajoutée sera à la création et à l'innovation.

L'impression 3D apparaît comme libératrice du potentiel d'innovation, comme un booster du « Do-it-yourself ». Il est prévu qu'HP lance une production de masse pour que chaque foyer possède une imprimante 3D au prix d'une centaines d’euros d'ici quelques années.

Comme dans toutes les révolutions, des forces s'opposent. Certains manufacturiers et autres détenteurs de droits d'auteur doutent de la légalité des imprimantes tridimensionnelles, car il est en effet illusoire d’imaginer qu'un tel procédé pourra être cantonné à des usages ludiques et ponctuels de la part du grand public : chacun pourra devenir son propre industriel. La propriété intellectuelle sera menacée à terme, parce que la législation n'est pas adaptée à un tel bouleversement économique (comment contrôler tout ce qui sera créé dans les foyers, par les particuliers, dans les PME?...). L'impression 3D, véritable technologie de rupture, s'implantera très certainement dans le paysage industriel et économique mondial, mais peut-être pas de la façon dont on l'imagine. A moins qu'elle ne devienne un nouveau business model auquel tout le monde adhère et croit, l'impression 3D connaîtra encore de nombreuses controverses.

Learning log : quels sont nos apprentissages lors de ce cours ?

1. En quoi ce cours vous donne t-il une nouvelle compréhension du business en général ? Et plus largement de la société ?
Avis du groupe : - Ouverture d'esprit sur le développement durable, découverte de tous les aspects du développement durable (pas seulement écologie mais aussi humain, social...).
- Question d'actualité extrêmement présente dans les entreprises et dans leur management
- Concernant notre projet, changements dans le paysage de l'économie mondiale assez conséquent (on ne s'en rendait pas forcément compte auparavant)

2. Qu'avez-vous le plus appris dans le cadre de ce cours ? Pouvez-vous formuler les compétences acquises ?
- Apprentissage des compétences telles que la création d'un wiki et la gestion du logiciel de montage Imovie
- Respect des deadlines pour rendre des travaux
- Organiser des rendez-vous d'ordre professionnel
- Se servir des compétences de chacune tout en étant complémentaires

3. Comment avez-vous vécu cette nouvelle expérience d'apprentissage ? De qui avez-vous le plus appris (de vos pairs ? De l'interviewé ?
- Nous avons plutôt bien vécu cette expérience de travail principalement grâce à notre sujet qui était pour nous une réelle découverte, nous ne pensions pas que cette technologie avait autant d'impact. Notre problématique finale nous a intéressées bien plus que la première que nous avions choisi (le gaspillage dans la grande distribution), voilà pourquoi nous nous sommes autant investies. Il nous semble que nous avons poussé le sujet jusqu'au bout.
- Avis de la jardinière wiki : J'ai le plus appris grâce aux nombreux sites web que j'ai pu visiter sur ce sujet
- Avis du groupe : c'est plutôt la visite au Fablab qui a concrétisé nos recherches (aspect visuel et plus concret)

4. A quel pourcentage estimez-vous avoir utilisé les ressources du wiki et les liens associés ? Qu'est-ce qui a été le plus utile pour vous ? Si faible utilisation, pourquoi ?
- En tant que jardinière wiki, j'ai utilisé les ressources du wiki à plus de 75% (notamment les explications pour construire un wiki, un slideshare..)
- Le reste de l'équipe a utilisé ces ressources à hauteur de moins de 25%, pour récupérer les infos nécessaires et la marche à suivre


5. SKEMBANK : ce cours a t il eu une influence sur vos pratiques collaboratives intra et inter groupe dans le cadre d'un projet comme celui-ci ? Quel a été l'apport de la bourse de compétences? Comment les compétences ont-elles circulé ?
Etant donné que notre compte SKEMBANK a été piraté dès le début, des fausses transactions ont eu lieu contre notre gré, du coup cette plateforme n'a pas été pour nous très utile ni fiable. Nous ne pouvons donc pas baser notre avis sur nos pratiques collaboratives étant donné que le piratage quotidien que nous avons subi nous a déstabilisées. En revanche, le système de la bourse de compétences était le bienvenu et très ludique.


6. Quelles sont vos critiques et suggestions d'amélioration pour ce cours ?
- Très mauvaise organisation des amphis (élèves beaucoup trop nombreux), et surtout présentation du premier amphi assez vague (projet difficile à cerner a première vue, nous n'avons pas forcément compris le but d'une telle matière (la masse d'information est colossale par rapport aux simples explications : trop d'infos tue l'info).
- Le contenu de ces amphis est inapproprié : il se focalise sur des détails sans même parler de la globalité, du coup les élèves sont perdus et se retrouvent face à un mur d'incompréhension (seul le jardinier wiki arrive à avoir une vision globale du sujet grâce à l'amphi d'explication de création du wiki qui a suivi le tout premier amphi).
- Les contraintes matérielles et de temps imposées par cette matières sont trop importantes (à commencer plutôt en début d'année plutôt que durant cette période où nous sommes un peu submergés par tous les projets et les deadlines)
- Le rendu final attendu nous semble assez inapproprié pour les études que nous effectuons (cela se rapproche à notre sens davantage d'une école de cinéma ou de journalisme). On espère que la notation sera indulgente.
- Pas de retour direct sur nos vidéos, nos articles... Le mieux serait peut-être de présenter chaque projet devant un jury de façon à ce que nous sachions exactement ce que cela a donné
- En revanche, profs très réactifs sur le wiki et très précis dans leurs explications et leurs conseils (cela a aidé pas mal de groupes). Les ressources mises sur le wiki ont également été d'une grande aide.
- Matière qui reste quand même enrichissante et ludique pour nous (assez intéressant pour nous d'aller sur le terrain...)

Sujet innovante et intéressant. Mais vous mettez du temps à entrer dans le vif du sujet. Vous restez un peu descriptifs. Il aurait été intéressant de développer plus les questions que l'impression 3D ouvre: nouveaux types de marchés, nouveau lien consommateur-producteur,réponse à de nouvelles demandes. Traitement du reportage un peu linéaire. On reste un peu sur sa faim par rapport à la richesse du sujet posé. L'article est relativement bon et complète bien le reportage.




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