Journée thématique Tiers-lieux et politique

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page facebook de l'événement : https://www.facebook.com/events/139891829537337/

Pad collaboratif : http://lite.framapad.org/p/tiers-lieux_et_politique


Tiers-lieux et politique, atelier de travail

Présentation

Nos tiers- lieux sont des dispositifs au centre de la "cité" certes ! Mais encore ?

  • Numérique et démocratie
  • Action citoyenne et réseaux sociaux
  • Emplois croissance territoire et numérique
  • Réseaux, usages et expertises
  • Relation élus et citoyens
  • Hub social 2.0, pétitions en ligne
  • Politique des territoires et tiers lieux : de connaissance à la reconnaissance
  • ...

Voila quelques problématiques et beaucoup d'autres encore pour nourrir le débat...

Interrogeons la place de nos lieux dans la vie de la "cité"

Accès gratuit, une journée 100% participative au format barcamp, apportez vos crayons de couleur :-)

Lieu

La Boate, Marseille

Horaires

Le 17 juin 2013 :

  • 13h-14h : accueil et repas (venez avec vos casse-croutes !)
  • 14h-18h : barcamp

Co-organisateurs

Programme

à co-écrire

  • 14 h 30 à 17 h 30 : BarCamp (vous pouvez lire la définition en cliquant sur le lien) - au vu de la transversalité de notre thématique, nous ne vous proposons pas de programme pré déterminé. Chacun des participants sera invité à co-déterminer le programme et contribuer aux échanges
    • 1 table de BarCamp**
      • 1 Concierge = l'animateur
      • 1 Jardinier = s'assure de la co-écriture des production
      • les Greffiers = tous les participants du BarCamp
      • les Facteurs = iront mettre les restitutions dans les bons écosystèmes (communautés, groupes, projets...)
  • 17 h 30 à 18 h 00 : restitutions de la journée et clôture

Les participants

  • Jean-Pierre Chrétien-Goni, le Vent se Lève, Chargé de cours au CNAM
  • Jean-Patrick Bouvard, Chef de projet Pôle numérique, Drôme
  • Serge Jamgotchian, habitant à Marseille, démarre une recherche universitaire sur les espaces de recherche partagés (Université Aix-Marseille)
  • Emmanuel Mayoud, médiateur numérique indépendant, membre de l'équipe Movilab
  • Pascal Hennequin, co-fondateur de Fokus 21 (média citoyen)
  • Stéphane Delahaye, Arsenic
  • Martine Sousse, La Boate
  • Marin Garrigues, La Boate
  • Christophe Sempels, Professeur à Skema Business, co-fondateur de Movilab
  • (participation à distance) Yoann Duriaux, Openscoop
  • Pauline Asselin, community manager, Région Paca, Service "Innovation et économie numériques"

Introduction

Premier tour de table ou chacun se présente.
Christophe introduit Movilab et le dispositif d'évolution des ERIC en tiers-lieux.

Stéphane rappelle l'historique des ERIC : Il y a en France près de 5000 lieux qui ont été créés de rien pour accompagner les personnes empêchées et lutter contre la fracture numérique. 50% de ces structures sont portées par le collectivités au niveau national, 50% par des projets associatifs. En PACA, ce sont 70% de projets portés par des associations et 30% de lieux portés par les collectivités. Au niveau global, jamais ces lieux n'ont rencontré autant de succès, compte tenu d'un public sans cesse croissant qui les fréquente. L'idée est de poser la question de savoir comment ces lieux peuvent faire ressources pour les territoires.


Manu rappelle ce qu'est un barcamp.


Témoignage vidéo de Yoann qui n'a pas pu se déplacer

Barcamp

Réflexion préliminaire

Attention : un dispositif d'évolution des ERIC en tiers-lieux n'est-il pas un processus de labellisation qui en fait constitue des campagnes politiques et des questions d'alignement ? En créant un label, on crée un cahier des charges et on aligne les démarches, on uniformise, on colonise, on crée de la pensée dominante... Or le tiers-lieu ne devrait-il pas être un espace de désalignemment, de tension, ... permettant l'émergence d'une innovation véritable ?

Qu'est-ce finalement qu'un dispositif d'évolution des ERIC en tiers-lieu ? Est-ce dissociable de l'exercice du pouvoir (qui vise du coup à organiser, voire contrôler le pouvoir et donc l'innovation et la rupture) ?

Or "l'art ne se couche pas dans les lits qu'on a fait pour lui"... Par analogie, est-ce qu'un dispositif normatif et labellisant porté par une collectivité peut faire émerger de l'innovation véritable ? Pouvons-nous à contrario créer des lieux de "paroles scandaleuses" ? Des espaces de tension, des espaces où l'ont réapprend à mettre sur la table le conflit (au sens où l'on met ensemble des gens qui s'opposent pour ensuite entrer dans un processus d'échange pour construire la paix) ? Comment créer les conditions de la confrontation ? A la sortie, on passe soit à des conflits soit à des tensions douces. L'essentiel est de ne pas cacher cette tension, et d'accepter de part et d'autres que la confrontation est présente.

Comment du coup cela peut coexister avec la notion même de dispositif qui pose de nombreuses questions :

  • Qui décide de ce qui fait rupture ?
  • Qui décide de ce qui fait bordure, de ce qui entre ou pas dans le dispositif ?
  • N'est-ce pas un appareil du système qui du coup rend sa contestation même délicate ? ...

Du coup, pouvons-nous encore parler de dispositif ?


A l'inverse, quand on fait au sein de ces lieux du développement économique en aidant des entrepreneurs p.ex., est-il logique que l'on prenne en charge une mission de service public sans contrepartie ?

Cela renvoie entre autre au modèle économique d'une part, à la gouvernance d'autre part. Le modèle économique pose la question de l'autonomie financière et donc de la liberté de parole qui y est associée. La gouvernance en tant que modalités d'exercice du pouvoir et des processus de prise de décisions. L'autogestion est-elle souhaitable ? Faut-il inventer un modèle de gouvernance hybride ? Le cas échéant, lequel ?


Une manière de s'en sortir n'est-il pas de poser la question du sens de ces lieux ? Cela pose aussi la question de l'accompagnement des animateurs de ces lieux ? Comment se positionneraient-ils dans un tel schéma ?


Lien aussi avec la démocratie contributive versus la démocratie participative : le 18 juillet prochain se tiendra une journée sur le parlement éphémère. Un groupe va se constituer le matin pour se dissoudre le soir et vise à penser des propositions de lois. L'idée est d'exprimer son idée même si on ne nous l'a pas demandé.

Lieu d'apprentissage

En quoi le tiers-lieu devient un lieu d'apprentissage ? Peut-on faire un lien entre tiers-lieu et université populaire ? De quels savoirs est-on porteur ? Comment les faire émerger (voir texte sur les savoirs assujetti de Foucault) ?

Lien intéressant :

Faut-il un formateur et un formé pour créer un processus d'apprentissage ? Non évidemment. Du coup, où va-t-on apprendre ? Comment apprendre ? De quoi va-t-on apprendre ? Cela renvoie aussi à la question de l'évaluation. Il est plus facile d'évaluer une procédure qu'un processus. Du coup comment adapter les questions d'évaluer à un processus comme celui des tiers-lieu (la puissance publique p.ex. a besoin de pouvoir évaluer un "dispositif" pour le financer) ?


On est évidemment prisonnier d'un système où les gens qui pensent sont dissociés des gens qui font, un système qui dissocie les gens qui savent de ceux qui exécutent ? Le tiers-lieu n'est-il pas avant tout un lieu de production de savoirs ? Lien avec la recherche action mais il faut aujourd'hui repenser la question de la recherche action à l'ère du numérique. Qu'est-ce que "produire des connaissances ?" ? Où est l'intelligence ? Ne faisons plus la distinction entre le savoir expert et le savoir profane. Il y a des savoirs à articuler.

Émergence d'un nouveau système ?

Assistons-nous à l'émergence d'un nouveau système industriel (ou plus largement). Quel lien avec les courants de Stiegler sur l'économie contributive ou sur les travaux de Pierre Veltz sur les nouveaux modèles industriels ? Quel lien avec l'économie collaborative ? Comment ces lieux peuvent-ils accompagner/agir/contribuer à l'émergence de ces nouveaux systèmes ?

Il n'y a pas d'innovation s'il n'y a pas d'évolution des représentations des uns et des autres => du coup, le tiers-lieu devient un lien de réagencement qui permet à chacun de faire évoluer ses représentations (voir à cet égard les travaux de Félix Guattari et Gilles Deleuze sur la notion d'agencement ainsi que les travaux de Jean Oury sur la psychothérapie institutionnelle - http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Oury).

La question du travail

Le tiers-lieu peut nous inviter à repenser la question du travail (avec les hackers, les contributeurs, ... comment faut-il repenser la notion de travail ?). Le mot travail est peut-être lui même en train d'évoluer. Pouvons-nous imaginer un nouveau monde/modèle du travail qui va de pair avec les nouveaux systèmes en émergence ?

En lien avec les échanges préliminaires (voir ci-dessus), le monde du travail est aujourd'hui un monde de déni du conflit, qui du coup est intériorisé et peut évoluer vers de la souffrance au travail. Or la possibilité de confronter les manières de faire permet d'éviter souffrance, frustration ou négation. Les gens souffrent davantage de ne pas faire ce qu'ils souhaiteraient faire que de ne pas pouvoir se confronter à des positions qui ne leur conviennent pas.


Lien pour alimenter la réflexion : Le créatorat

Pages MoviLab en lien avec la journée