Journée thématique Tiers-lieux et culture

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Tiers-lieux et culture

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Présentation

Quelles sont les points de jonction entre artistes et tiers-lieux ? Réenchantement du quotidien, vision du futur, co-création avec le public, mutations des notions de propriété et d'auteur...

Une artisterie dans un tiers-lieu : au-delà du lieu de résidence, des artistes qui illuminent les processus d'un tiers-lieu (coworking, médiation numérique, médias participatifs, fablab, éducation populaire...), des publics co-créateurs, initiateurs, béta-testeurs de création

Accès gratuit

une journée 100% participative, apportez vos crayons de couleur :-)

Les personnes présentes

  • Marie-Louise Gourdon, Adjointe au Maire à Mouans-Sartoux en charge de la culture et la communication
  • Eric Duflot, bénévole à l’espace ERIC de Mouans-Sartoux
  • Stéphane Kartawiy, Responsable de l’ERIC de Mouans-Sartoux
  • Cindy , animatrice à ERIC de Mouans-Sartoux
  • Catherine Dalmasso, service des archives, ville de Mouans-Sartoux
  • Virginie Sala, pour l’équipe des animateurs des ERIC de la Ville de Grasse
  • Clélie Miralles, animatrice du Cyberkiosc,l'ERIC de Valbonne (association Sport Loisir Voyage: S.L.V.)
  • Frédéric Allain, membre des Colibris 06
  • Carole Goffart, ergonome ayant un projet de création d’un espace de co-working au Plan de Grasse
  • Simon Crann, fondateur de Hub-Nice, espace d’innovation sociale en cours de création
  • Gilles Murdant, cofondateur de Fair Play List, association créée à Paris il y a 10 ans et avec une antenne à Mouans-Sartoux, qui cherche à soutenir la diversité culturelle autour de nouveaux modèles économiques (p.ex. ESS)
  • Vincent Corbier, Directeur des Affaires culturelles à Mouans-Sartoux
  • Christophe Sempels, Professeur Développement Durable, Skema Business School
  • Caroline Brichard, Chargée de communication au centre culturel de Mouans-Sartoux
  • Laure Zanderigo, médiatrice artistique à l’Espace d’Art Concret
  • Estelle Espinette, médiatrice artistique à l’Espace d’Art Concret
  • Frédéric Piraino et Pascal Gaudo, le Hublot (Nice)
  • Nicolas Bergé, co-fondateur des Satellites (espace de co-working à Nice)
  • Yoann Duriaux, Openscop, cheville ouvrière du concept de tiers-lieu
  • Jean-Pierre Chrétien-Goni, Directeur artistique, Le vent se lève (Paris - présent par Skype)
  • Amandine Charpentier, [www.paradoxe-multimedia.com Paradoxe], membre des Colibris 06
  • Isabelle Arvers, commissaire d'exposition nouveau média
  • Axelle Benaïch, artiste et directrice de Design The Future Now
  • Marie-Anne Bernasconi, cofondatrice d' EstreLab
  • Emmanuel Mayoud, médiateur numérique indépendant, correspondant local Movilab [1]

Pourquoi les gens sont là ?

  • Ne pas parler uniquement de l’art et de l’artiste mais aussi de la culture et de la place de la culture au sein d’un tiers-lieu
  • Mieux comprendre la culture des cultureux, qu'est-ce que l'esprit cultureux ?
  • Comment puis-je être acteur au sein de la culture ? Comment faire d'un lieu un lieu de vie ?

Lieu

La médiathèque de Mouans-Sartoux et son ERIC

201, Av de Cannes 06370 Mouans-sartoux

Tel  : 04 92 92 43 75

espacemultimedia at mouans-sartoux.net

Horaires

Le 28 mai 2013 :

  • 9h30 - 10h : accueil
  • Jusqu'à 17h

Co-organisateurs

Programme

  • 9h30-10h : accueil
  • 10h :
    • Présentation de Movilab et des tiers-lieux
    • Présentation de l'accompagnement tiers-lieux en PACA
    • Présentation de la thématique de la journée
  • 10h15 - 11h Intervention à distance :
    • Jean-Pierre Chrétien-Goni du Vent se lève : intervention sur tiers-lieux, culture et politique
  • 11h - 13h Table ronde :
    • implication du public et co-création, politique d'implication du social dans la création, art et espaces publics, retours d'expérience, enchantement du quotidien, illumination de processus, communauté et création
  • Isabelle Arvers (commissaire d'exposition nouveaux médias), Axelle Benaïch (artiste et directrice de Design the future now), Nicolas Bergé (co-fondateur des Satellites), Vincent Corbier (Directeur des Affaires Culturelles, Mouans-Sartoux)
  • 13h-14h : repas-discussion
  • 14h-15h : visite-digestion des ateliers de l'art concret
  • 15h-18h : débats, café noir et écritures

Sur facebook : https://www.facebook.com/events/404575539649467/

Compte rendu de la journée

Intervention d’accueil de Marie-Louise Gourdon

La politique culturelle de la ville de Mouans-Sartoux a démarré il y a 30 ans avec 1/2 poste. Aujourd’hui, 35 à 40 postes sont actifs dans le domaine de la culture à Mouans-Sartoux, démontrant le dynamisme de la ville en la matière. A Mouans-Sartoux, on possède une vision sociale de la culture. La culture est vue comme créateur de lien social, avec une forte attention à l’accessibilité culturelle et à la participation citoyenne. Nous sommes ici au cœur de la médiathèque, qui est un espace, un centre de rencontre pour toutes les générations, pour tous les milieux, un lieu ouvert, sans mur, permettant aux gens de se rencontrer. Particularité de cette médiathèque, il s’agit d’un cinéma-médiathèque au centre de la ville, avec 6000 inscrits. A l’entrée, on trouve l’aquarium, qui est un interface entre le cinéma et la médiathèque. 3 piliers sont pris en considération

  • Médiathèque comme lieu de vie
  • Médiathèque comme lieu de médiation : prendre les gens là où ils sont et les emmener là où ils veulent aller => guider les gens dans la prolifération des contenus
  • Rendre son aura à l’œuvre d'art : comment remettre du sens dans l’œuvre d'art ? Derrière l’œuvre, il y a un artiste, une vie, un vécu, une histoire, un message, ...

L’aquarium est un lieu de débat après un film ou une conférence, un lieu qui accueille les activités des enfants, … L’ERIC est ici intégré au cœur de la médiathèque, et accueille un grand nombre de public bien diversifié : personnes défavorisées, enfants, adolescents, personnes handicapées, seniors, personnes en recherche d’emploi, … Une des volontés de Mouans-Sartoux est de Il y a pas mal de personnel pour accueillir et conseiller les publics, aidé par de nombreux bénévoles, partie intégrante de l’équipe. Ce n’est donc pas une médiathèque froide, mais une médiathèque chaude, accueillante, conviviale, lieu d’échange, de partage, …

Christophe Sempels, Skema

Christophe présente Movilab et le projet régional d'accompagnement des ERIC en tiers-lieux.

Yoann Duriaux, Openscop

L’empreinte écologique donne à voir la « consommation » en termes de planète et clairement, nous sommes sur une trajectoire en dehors des clous. Beaucoup d’experts nous parlent de savoir hors sol (du haut), non rattachés au territoire mais essentiel pour faire réfléchir. En bas, il se passe plein de choses, à peu près tout existe (épiceries sociales, fablabs, université populaire, …) mais cela reste micro et tout le monde réinvente à peu près tout dans son coin. Movilab veut faire un big bang entre le hors sol et le territoire. C’est un living lab open source, un incubateur in vivo. Les concepts clés :

Jean-Pierre Chrétien-Goni, le Vent se Lève

Le Vent Se Lève est un tiers-lieu, où l’on articule les pratiques artistiques et culturelles avec les réalités sociales et politiques. Le lieu est ouvert à la création partagée, il est donc traversé par tous ceux qui désirent s’engager dans une aventure artistique. Nous soutenons et présentons des créations engagées, cette année autour de la thématique histoires individuelles et Histoire Collective et prenons à chaque fois des temps pour débattre, réfléchir ensemble... et autrement. Nous défendons une démarche d’éducation mutuelle, aussi, nous tenons à ce que les artistes qui traversent Le Vent Se Lève ! tissent des liens avec des territoires et des personnes trop souvent absentes des pratiques de l’art et de la culture. Ce tiers-lieu artistique et culturel est né de la confrontation avec les institutions : comment peut-on faire du théâtre dans une prison, dans un hôpital psychiatrique, … (c’est-à-dire dans les espaces bordures) ? Comment la culture peut-elle s’insérer dans ces lieux à très forte contrainte ?

L’hétérotopie (du grec topos, « lieu », et hétéro, « autre »: « lieu autre ») est un concept forgé par Michel Foucault dans une conférence de 1967 intitulée « Des espaces autres » [1].Il y définit les hétérotopies comme une localisation physique de l'utopie. Ce sont des espaces concrets qui hébergent l'imaginaire, comme une cabane d'enfant ou un théâtre. Ils sont utilisés aussi pour la mise à l'écart, comme avec les maisons de retraite, les asiles ou les cimetières. Ce sont donc des lieux à l'intérieur d'une société qui en constituent le négatif, ou sont pour le moins en marge. Vent se lève à la volonté d’intégrer ces lieux instables et hétérotopiques : lieu à côté mais en plein milieu, les entre-deux, les interstices, à l’écart de la société (cimetières : comment vivre avec les morts ? - prison - hôpital psychiatrique - …). L’idée est d’explorer comment les gens vivent ensemble et d’instaurer de nouveaux endroits, véritable poche réelle, lieu de haute tension ? Comment émanciper les personnes dans ce type de lieux ? Il peut s’opérer des rencontres improbables, comme par exemple la rencontre d’un détenu avec la philosophie. La prison est devenue pour ce détenu un espace d’émancipation.

Quelle est votre définition de l’art ?
L’artiste est un contributeur par excellente, un agenceur qui réorganise les données pour ouvrir un sens nouveau pour les autres. La culture a vocation à émanciper les individus, à pratiquer la société, permettant de réinterroger les conditions de domination des uns sur les autres. On n’est pas uniquement dans le divertissement, l’art n’est pas un lieu de dégustation mais quelque chose qui est à l’œuvre. Comment les contradictions dans le corps social sont mises à l’œuvre et pourquoi ? En ce sens, l’art est politique.

L'art ne devrait pas être vu comme un processus de réparation (comme l'art-thérapie ou l'art comme créateur de lien social) mais comme un processus de contribution. Certes l'art peut soigner ou guérir mais l'art n'est pas au service de la guérison ou de la thérapie. Il est d'abord un processus de contribution qui peut potentiellement engendrer une dynamique thérapeutique mais ce n'est pas sa finalité.

Les trois mots clés du tiers-lieu

  • Désalignement
  • Déséparation
  • Décolonisation

Table ronde et débat en co-création

Mots clés

  • Diversité de public, diversité culturelle, création, rencontre improbable, passerelles, accès, ouverture, respect, absence de jugement face à ce qu'on ne connait pas, bienveillance
  • Nécessité de distinguer culture numérique ; culture et numérique ; culture à l'ère du numérique (dont p.ex. la problématique du pillage de la culture par le numérique)
  • L'enjeu n'est pas tant la culture que la diversité culturelle - comment favoriser cette diversité culturelle dans un monde globalisé qui tend à uniformisé et standardisé la culture ?
  • Le terme de communauté renvoie pour certains à un groupe fermé. En fait, le mot initial vient de l'anglais "community" qui n'a pas le même sens => ne faut-il pas trouver un autre terme, qui renvoie mieux aux mots clés importants.


Tiers-lieu et culture, pourquoi faire ?

  • Comment réenchanter le quotidien, comment faire à nouveau rêver la société ?
  • Comment faire participer les publics ? Comment être acteur de la culture ? Comment co-construire la culture, en faire un bien commun ?
  • Comment le numérique peut-il être mis au service de la création ?
  • Comment donner sens à la culture ? Comment donner sens à l'art ? Comment enclencher le questionnement que la rencontre culturelle et artistique peut provoquer ?
  • On est tous dans des ghettos. Comment mélanger les publics (p.ex.comment l'art moderne peut rencontrer le monde du jeu vidéo ? Comment la musique rencontre le cinéma ? ...) ? Comment faire les liens entre les publics (entrepreneurs, artistes, collectivités publiques, ...)?


Rencontres improbables
Webcartoon est un projet qui amène des enfants du quartier à créer une bande dessinée (porté par le Hublot). Les porteurs de projet ont été présenter Webcartoon aux Satellites, communauté d’entrepreneurs. La rencontre a amené à de futures collaborations, avec des échanges à la fois personnel et professionnel. L’artiste mobilisé dans le webcartoon a vu dans les entrepreneurs des contributeurs potentiels aux usages numériques. Certains entrepreneurs ont vu aussi la possibilité de s’investir dans le projet Webcartoon. Cet échange croisé a permis à chacun de rentrer dans les enjeux des autres, faisant naitre de nouveaux interstices.


L’espace d’art concret
Le choix de Mouans-Sartoux par les deux artistes pour faire don de leur collection à la ville a été justifié par le fait que l’œuvre soit accompagnée par la médiation. Des médiateurs artistiques accompagnent le visiteur pour répondre à ses questions ou enclencher un échange avec eux afin de favoriser une relation particulière entre le visiteur et l’œuvre. L’enjeu d’un tiers-lieu au service de l’art et la culture est de ne pas créer un énième filtre entre l’œuvre et le visiteur, entre l’œuvre et la volonté de proposer un face-à-face réel avec le visiteur.


Des moyens au service de la création

Présentation sur Slideshare de l'intervention d'Isabelle Arvers

  • Le webcartoon
  • Imprimante 3D : que peut-on fabriquer avec une imprimante 3D ? Pour quels usages ?

Ateliers participatifs, ateliers en co-création

Comment réenchanter le quotidien, comment faire à nouveau rêver la société ?

Participants : Carole Goffart, Marie-Anne Bernasconi et Nicolas Bergé

Comment réenchanter le quotidien? - En intégrant de l'art dans les rues, à disposition des passants (exemple du street art). La rue devient alors un tiers-lieu, espace extérieur de créativité et d'évasion, source d'inspiration. - En organisant des évènements surprises dans la rue (Harlem Shake, FlashMob) pour atteindre le plus grand nombre. - En réintroduisant la nature dans la ville, après l'avoir chassé hors des murs : les arbres offrent l'ombre et un cadre propice pour arrêter le temps et discuter avec son voisin ou un passant. Les arbres offrent également une imagerie (fractal) qui nous apaisent et qui peut réduire le stress jusqu'à 60% selon une étude du physicien Richard Taylor. [2] - En passant du "Faire" à l'"Être". Renouer avec soi-même devient l’anti-chambre du bien-être avec autrui. Mieux se connaître améliore la relation aux autres et offre des possibilités infinies pour créer du lien. - En prenant le temps et en sortant du schéma "métro, boulot, dodo". Nous sommes tous victimes d'une marche forcée imposée par le monde, or le cerveau humain n'est pas conçu pour traiter un grand nombre de tâches de façon simultanée [3].l Prendre le temps permet de mieux faire les choses et de mieux savourer l'instant présent. - En favorisant l’accès à la diversité culturelle en proposant des événements artistiques d'autres horizons. - En étant directement dans la pratique ("Just Fucking Do it"). Les Réseaux d’échanges et de savoir-faire (RES) et les Communautés de pratique permettent le transfert de pratiques et des réalisations concrètes.

Qu'est-ce que le rêve aujourd'hui? L’argent, les stars, les icônes ? N'êtons pas dans des "mauvais rêves"? Devons-nous nous orienter vers d'autres types d'icônes? Une définition du rêve pourrait être de croire que tout est possible. Les rêves individualistes d'aujourd'hui seraient peut être beaucoup plus beaux, s'ils étaient communs et s'ils tendaient vers des idéaux partagés. Peut être devrions-nous réinventer la notion de "travail" : le revenu universel (de base) pourrait changer la société en donnant à chacun la possibilité de choisir une activité de vie cohérente avec ses aspirations, plutôt que motivée uniquement par l'argent et la survie. Une expérience en Inde a montré les effets bénéfiques sur la scolarisation, la santé et l'amélioration des conditions de vie [4].

Comment trouver les informations qui nous intéressent, qui nous passionnent au lieu d’être pollués par les ‘mauvaises nouvelles’ véhiculées par les médias? - Certain journalistes écrivent sur les nouvelles positives afin de les diffuser [5]. Idée : Nous pourrions mettre en place d’un calendrier pour rassembler les bonnes initiatives en supplément de weWorkInNice.

En Occident nous avons été très loin dans une logique individualiste et de rentabilité, tout en omettant qu'existent beaucoup d'autres aspects de la vie : le don, la bienveillance, le partage. La plupart d'entre nous ne connaissons pas nos propres voisins : ne serait-il pas intéressant d'égayer nos vies en suscitant des échanges et des informations sur des événements intéressants entre voisins?

Voici quelques pistes pour susciter le lien et les interactions nécessaires au réenchantement de la société et à la co-construction d'un nouveau rêve : - Créer des Barcamps (atelier-événement participatif où le programme et les sujets sont imaginés par les participants) à l'échelle des villes où chaque citoyen pourrait déposer un sujet et animer des réunions - Emmener les gens dans la rue, dans les parcs, leur parler et leur demander d’écrire sur des papiers ce dont ils ont envie d’améliorer ou de faire. - Organiser une consultation citoyenne - Transmettre la force et le courage aux enfants (la génération future) selon l'allégorie de la fête des enfants au Japon : koinobori (poisson-carpe). Soyons utile ici et maintenant et durablement pour les futures générations. - Amener l'art vers les citoyens pour leur donner envie d'ouvrir leur esprit et de penser différemment. - Instaurer un droit au rêve et briser les conditionnements et barrières que l'on s'impose à soi-même - Mettre en place du mentorat pour donner envie aux jeunes diplômés de rester dans leur région en leur montrant les talents locaux

... et "Casser la baraque" pour se faire plaisir dans toutes ces actions!

Comment faire participer les publics ? Comment être acteur de la diversité culturelle ? Comment co-construire la culture/la diversité culturelle, en faire un bien commun ?

Quels sont les mots clés auxquels ce thème renvoie ?

  • L’appropriation - la réappropriation
  • Susciter l’intérêt - l’envie
  • De « consommer la culture » à « produire la culture » ? => repasser du bien culturel à la culture.
  • Désacraliser, démocratiser la culture, donner du sens
  • Aller à la rencontre de… Sortir des murs


Le bien culturel s’inscrit dans une logique de consommation. La culture s’inscrit dans une posture d’acteur. L’enjeu clé, c’est de revenir à la coproduction de la culture. Cela présuppose de désacraliser la culture, de la démocratiser. L’idée est d’aller chercher le public pour le faire rentrer dans le lieu de création culturel. La question clé, c’est comment on fait cela ?
Cela requiert probablement de redonner sens à la culture ? En quoi la culture participe au développement personnel de l’individu ? En quoi permet-elle d’élever l’homme, de développer l’altérité, de développer l’esprit critique ?


L’enjeu, c’est de voir comment on passe de la confidentialité d’une production culturelle à un large public. Comment convaincre les non-publics ? Comment éviter que ce soit toujours les mêmes qui participent ? Les réponses possibles sont :

  • la viralité et la contagion des idées
  • une décentralisation de la production culturelle
  • Rendre la production culturelle amusante
  • Partir de là où sont les gens, de leurs centres d'intérêt pour les amener à autre chose (exemple de la porte d’entrée de jeunes en difficulté par la mécanique : comment, en partant d’un moteur, d’une vieille bagnole ou d’une moto, la transformer en œuvre d’art ?)
    • Créer des évènements en lien avec là où sont les publics pour ensuite leur faire voir d'autres réalités et croiser ces champs non connectés
  • Offrir un interface et une interaction humaine (importance de la médiation numérique, de l’interlocuteur physique)
  • Il est impératif d'offrir un encadrement à la base, de personne ressource, d'animateur, ... Ce n'est qu'après un temps qu'un groupe peut s'autonomiser, se responsabiliser mais le tuteur à la base est absolument nécessaire (exemple de l'incubation de la télévision citoyenne participative). La question est de savoir quand et comment on peut enlever le tuteur.
  • La mise en place d’outils pertinents, comme p.ex.
  • La communication devient essentielle autour des évènements proposés, pour leur donner une trajectoire, pour les chaîner les uns aux autres, pour donner sens à un processus global (p.ex. la programmation d'un calendrier d'évènements musciaux sur l'année) au-delà d'un évènement ponctuel (versus le seul concert de musique indienne) ?


Intérêt du tiers-lieu face à cet enjeu
Par essence, le tiers-lieu est fréquenté par une diversité de publics ayant une diversité d'intérêts. Le concierge, ou animateur du tiers-lieu, va jouer le rôle de passeur et de connecteur entre les différents publics. A INSERER - SCHEMA DE YOANN

L'enjeu clé, c'est de pouvoir financer ce concierge, cet animateur de tiers-lieu dont le rôle est essentiel (le tiers-lieu pouvant être vu comme incubateur d'innovation culturelle offrant le nécessaire accompagnement et la médiation) => lien avec le thème Tiers-lieu et modèle économique

Comment le numérique peut-il être mis au service de la création ?

L'ERIC de la médiathèque de Mouans-Sartoux est un espace fréquenté par un public nombreux et trés diversifié. La problématique qui se pose actuellement est "comment fait-on face à la demande grandissante du public pour les services proposés par l'ERIC et à l'afflux de visiteurs ?".

Le numérique est un outil, la création est un processus. En tant qu'ERIC de Mouans-Sartoux, jusqu'à présent notre approche sociale ne nous a pas permis d'accompagner les processus créatifs et il serait souhaitable de croiser nos compétences avec d'autres structures comme l'Espace de l'Art Concret par exemple. L'ERIC peut mettre à disposition l'outil numérique et les compétences techniques, d'autres acteurs pourraient apporter leurs savoirs dans le developpement de processus de créations.

Comment donner sens à la culture ? Comment donner sens à l'art ? Comment enclencher le questionnement que la rencontre culturelle et artistique peut provoquer ?

Définition de culture : la façon dont on se saisit, s'approprie ou transmet l'objet artistique.
Les produits culturels ne sont pas des biens de consommation comme les autres. En France, on parle d'exception culturelle.

Exception culturelle : la consommation d'art doit être détachée d'une simple consommation mercantile. Il importe donc de trouver les moyens pour que le public comprenne que la culture est nécessaire aussi bien que de se nourrir.

Pour que la culture fasse sens auprès des individus, il faut se poser la question de :


  • L'accès, la transmission

L'accès à la culture n'est pas égal pour chaque individu. La transmission n'est pas évidente. il faut arriver à éveiller l'intérêt des individus. Il peut y avoir une transmission par l'éducation, les parents, l'environnement direct mais elle est partielle. Il faut également une prise de conscience individuelle.

Une forme de culture qui peut être considérée comme élitiste demande un volontariat, un investissement pour comprendre l’œuvre. Des artistes ont eux mêmes réfléchi à ça. Le mouvement du land-art par exemple, qui voulait démocratiser l'art en le déplaçant du musée vers l'extérieur, au contact des gens. La question de la transmission est importante pour que l'art fasse sens.

Quelles méthodes mettre en place ? La médiation est importante mais il faut veiller à ne pas trop simplifier le sens de l'oeuvre pour la rendre accessible. C'est un exercice difficile, il faut éviter de dénaturer à force de banaliser le discours... Il faut tirer le public vers le haut plutôt que l'œuvre vers le bas. Le regard du professionnel reste indispensable pour donner une appréciation à l'art...

C'est là que le concept d'éducation populaire peut jouer un rôle.

Il existe aussi une culture populaire qui a toute sa valeur. Mais finalement, aujourd'hui on est plutôt dans une transmission d'une culture mondiale et non plus populaire.


Il n'est pas si évident de pouvoir prendre conscience de sa propre culture.

Diversité culturelle : Chaque communauté s'approprie la culture différemment... Ex : la culture musicale dans certains pays... Le paysan musicien dans les pays du sud. L'usage de la musique pour les fêtes les enterrements.... Selon les pays les codes d appropriation culturelle ne sont pas les mêmes. Les traditions culturelles sont différentes.

Il faut accepter la différence de l'autre et bénéficier de politique culturelle qui crée des ponts.

On a besoin de se sentir intégré pour que l'on s'ouvre à une éducation à l'art et à la culture.


  • la pratique culturelle

La pratique est indispensable et contribue à donner du sens à l'art et à la culture. En Europe, la culture s'est détachée du quotidien. Donner sens à la culture implique qu'on la replace au cœur de l activité humaine. On parle de spectacle vivant, on pourrait aussi parler de culture vivante. Avoir une pratique au quotidien, la répétition de cette pratique culturelle contribue à donner du sens.

La culture est aussi un outil de réflexion, de fédération, de communication.


  • la politique culturelle

La question du politique dans la culture : Le choix d'une politique culturelle va déterminer son accès auprès de la population.

La problématique de la gratuité : il ne suffit pas de rendre un événement gratuit pour que les gens se l'approprient. Il faut un accompagnement de la démarche par une politique culturelle.


L'artiste : Les artistes sont des personnes qui trouvent des réponses à des questions que personne ne leur a posées. On se laisse entrainés par leur univers. Ce qui est important ce n'est pas ce que l artiste à voulu dire mais ce que ça nous évoque à nous...

L'artiste fait un écho entre lui même, l'œuvre d art et le public.

Comment mélanger les publics (p.ex.comment l'art moderne peut rencontrer le monde du jeu vidéo ? Comment la musique rencontre le cinéma ? ...) ? Comment faire les liens entre les publics (entrepreneurs, artistes, collectivités publiques, ...)?

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Les moyens

Tout d'abord il faut pouvoir regrouper un public en créant des outils : se réunir autour d'un besoin. C'est-à-dire que nous devons avoir une idée forte, un point commun à partager. Pour cela nous pouvons créer un comité de valeur autour de cette idée qui peut prendre la forme d'ateliers participatifs, collaboratifs. La rencontre sera facilitée et animée par la création de situations informelles. Tout cela dans un but d'apprendre à se connaître, de partager des valeurs qui vont être au centre d'une discussion, d'un sujet, de la présentation d'une idée…à une communauté. Nous parlons ici de communauté de valeurs, d'usages et non de communauté politique, religieuse, ethnique… Il s'agit de communauté au sens large.

Pourquoi?

Cela permet de décloisonner, de s'ouvrir, de s'enrichir, de changer les habitudes, de considérer l'autre comme une ressource…en s'appuyer sur la diversité du public. Mais avant tout nous devons apprendre à connaître notre public, pour cela il est nécessaire d'identifier ses besoins, d'utiliser un langage partagé, d'aller à la rencontre de son public, là où il se trouve donc "d'aller chez lui".

Un lieu

On a besoin également d'un lieu de rencontre, d'échange qui permet de penser à plusieurs, de créer ensemble. Avec une idée "d'Art of hosting" c'est-à-dire l'Art de recevoir qui sous entend l'accueil, la médiation ainsi que l'organisation de l'endroit choisi qui doit répondre aux attentes et besoin du public et du projet mené…

Intéresser un plus grand nombre de personnes :

  • Mélanger les contenus, faire une manifestation en pleins air, gratuite, en partenariat. Par exemple: des ateliers au cœur des expositions, des conférences et une soirée techno…
  • Diffuser l'évènement ou l'atelier, utiliser les outils du net : Streaming, Blog, Documentation, Réseaux sociaux.
  • Utiliser des thématiques qui fédèrent les gens comme les jeux vidéo au sens large (les applications sur Tablette tactile, Smartphone, jeux sur internet, en réseaux…), les Best-sellers…
  • Nous pouvons remarquer qu'un groupe peut s'unir face à un ennemi commun. A nous de trouver un ennemi positif.


Pages Movilab en lien avec la journée

Notes et références

  1. Conférence de 1967 « Des espaces autres », Michel Foucault, Dits et écrits (1984), TIV, « Des espaces autres », n° 360, pp. 752 - 762, Gallimard, Nrf, Paris, 1994 ; (conférence au Cercle d'études architecturales, 14 mars 1967), in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, pp. 46-49. M. Foucault n'autorisa la publication de ce texte écrit en Tunisie en 1967 qu'au printemps 1984