Comment fabriquer des biens communs en open source ?

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Il y a aujourd’hui une vraie déferlante selon les secteurs. Voiture, vélo, alimentation / semences /AMAP sont déjà en place, après le logiciel libre. Comment cela peut-il s’élargir en prenant appui sur les vagues du hacking, de la consommation et l'économie collaborative ?

Elinor Ostrom prouve qu'une autre logique économique est possible. Peut-on appliquer ses principes à l'économie de la connaissance ? Pouvons-nous documenter ce qui s'est fait dans le logiciel libre (Wikipedia, RERS, Tela Botanica) et les logiciels de vie (p.ex. les semences paysannes) ? Peut-on généraliser la logique Creative Commons et Open source à l'habitat (Airbnb, couchsurfing), aux véhicules (Zipcar) aux objets (FabLabs, Etsy, Interface, Freecycle) ? Comment transmettre les bonnes pratiques et les codes sources dans ces domaines ? Comment rendre viraux des "objets" tels que des quartiers ou des villes comme Bedzed, Loos en Gohelle, Saint-Etienne ou Mouans Sartoux  ?


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Repères et définitions

Tous publics : En visionnant ces 2 vidéos de Monsieur Bidouille vous devriez rapidement vous faire une idée de quoi nous allons parler dans cette page :




Des biens communs au libre... et inversement !

Alors que la notion de propriété intellectuelle nous a complètement fait oublier la notion du bien commun, est il encore possible d'imaginer, concevoir, créer et développer des produits, des services et des outils qui n'appartiennent qu'à ceux qui les utilisent et les entretiennent ?

C'est en tout cas la question que nous soulevons avec cette page en apportant certaines réflexions et exemples d'actions remarquables qui vont dans ce sens.


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Les biens et services possèdent plusieurs caractéristiques qui permettent d’en spécifier le statut. Les biens et services rivaux sont ainsi des biens/services dont la consommation par certains empêchent leur consommation par d’autres. Dit autrement, la consommation des flux réduit le stock disponible. Un fruit est un exemple de bien rival qui une fois mangé par un consommateur n’est plus disponible pour un autre consommateur. À l'inverse, les biens ou services non rivaux sont ceux qui peuvent être consommés par plusieurs consommateurs simultanément sans entraîner de perte. La consommation de flux n’entraîne pas de réduction de stock. Une chaîne de radio est un service non-rival. Elle peut être simultanément écoutée par un grand nombre d’auditeurs sans qu’aucun ne soit pénalisé.
Les biens et services peuvent également être exclusifs ou non exclusifs. Des biens (ou services) sont dits exclusifs quand on peut empêcher à ceux qui ne les paient pas d’y accéder. Un repas au restaurant est exclusif. Si vous n’avez pas de quoi payer, vous ne pouvez pas y accéder. A l’inverse, un bien ou service est dit non exclusif s’il n’est techniquement pas possible (ou très compliqué) d’empêcher quiconque d’en profiter. Une forêt communale est un « bien » non exclusif.

Sur base de ces distinctions, on peut établir les statuts de biens et services suivants :

Biens/services Exclusifs Non exclusifs
Rivaux Biens privés Biens communs
Non rivaux Biens de club Biens publics


Avec l’arrivée de l’Internet, cette définition du bien commun – un bien rival et non exclusif – est mise à mal. En effet, les biens communs immatériels sont caractérisés par leur non rivalité. La connaissance partagée à travers Wikipédia est non rivale. Pourtant, il ne s’agit pas d’un bien public au sens strict du terme. A contrario, il s’agit de biens produits et gérés dans une dynamique communautaire propre. Ainsi, alors que les biens publics requièrent un rôle important de l’Etat, les biens communs requièrent avant tout des citoyens émancipés. Vivre dans une culture de biens communs implique donc de prendre sa vie en main. En effet, le principe d’une économie fondée sur les biens communs serait : tous les acteurs ont la même influence et peuvent s’investir avec des droits égaux. Dans l’économie capitaliste fondée sur les capitaux, ce principe n’est pas de mise puisque la quantité d’argent détenue impacte directement la capacité d’influence.
Finalement, les biens communs sont hérités. Soit ils représentent des dons de la nature et sont entretenus en tant que tels soit ils ont été produits par des personnes ou des groupes – pas forcément toujours identifiés – et ensuite transmis. Cette transmission peut être un processus de longue durée (un paysage ou une langue p.ex.) ou un processus très court (Wikipedia p.ex.).

Les biens communs sont constitués de trois briques indissociables les unes des autres :

  • La ressource proprement dite : l’eau de la mer, l’air qu’on respire, la langue qu’on partage, le paysage dont on profite, …
  • La communauté : renvoie aux êtres humains qui usent de ces ressources, se les partagent. Le concept de biens communs est indissociable des communautés utilisant ces ressources dans un contexte et dans un but culturellement donné dans un espace social défini.
  • La régulation et la gouvernance : englobent les règles et les normes qui régissent le rapport aux biens communs.

Les communs ne sont donc pas juste une ressource. C’est une ressource plus une communauté plus ses protocoles sociaux et ses valeurs pour gérer les ressources partagées. Les communs sont un paradigme socio-économique. C’est un système social pour la co-production et la co-gouvernance. Ainsi, un commun est créé aussitôt qu’une communauté décide qu’elle désire gérer une ressource collectivement, en mettant l’accent sur son accès social, son équité et sa soutenabilité. En ce sens, les communs fonctionnent comme une sorte de nouveau modèle pour une nouvelle culture politique et économique. Et les politiques sont questionnées, elles qui cherchent le plus souvent à revenir en terre connue, celle de la rareté, en mobilisant les trois instruments que sont la culpabilité (le partage c’est du vol), des dispositifs techniques (les DRM qui verrouillent les CD et DVD) et surtout la loi (allongement successif des droits d’auteurs, grignotage progressif du domaine public, organisation mondiale de la propriété intellectuelle, adoption de dispositifs nationaux et supranationaux de répression des logiques de partage (p.ex. l’ Intellectual Property Rights Enforcement Directive), …

Nous pouvons donc retenir la définition suivante (rapport Etopia p.51) :
Les biens communs sont des biens (au sens large : matériels, immatériels, services) qui mobilisent une action collective dans un objectif d’intérêt commun, souvent associé à la soutenabilité (au sens large : respect des limites écologiques et justice sociale). Ils incorporent pour la plupart l’idée d’une construction simultanée d’un bien et d’une communauté. Leur mode de production et/ou de gestion (par l’action collective) les distingue des biens privés (produits par des individus pour eux-mêmes ou pour le marché) et des biens publics (produits et/ou gérés par les pouvoirs publics).

Pourquoi des gens sont-ils prêts à s’investir dans la production ou la gestion des communs ?
Les motivations sont aussi différentes que le plaisir à participer à un projet collectif, la reconnaissance reçue en retour, la réponse à un besoin immédiat non satisfait par le marché, l’envie d’investir son temps dans un projet qui fasse sens, participer à une économie collaborative, développer ses connaissances et ses compétences, rencontrer des gens partageant les mêmes centres d’intérêt, développer sa réputation pour la valoriser ensuite dans certains milieux professionnels, …

Tragédie ou gouvernance des communs ?
En 1968, Garrett Hardin publie la « Tragédie des communs ». Pour lui, tout bien commun amène à terme à sa surexploitation. Il prend pour exemple celui d’un pâturage communal sur lequel les fermiers mènent leurs troupeaux. Chaque fermier a individuellement intérêt à laisser brouter son troupeau davantage que celui du voisin. Si chaque fermier agit de la sorte – le bénéfice étant privé mais le coût de l’utilisation de la ressource étant collectif – la ressource ne peut in fine qu’être surconsommée. Pourtant, des années plus tard, Hardin revient lui-même sur son texte, en le retitrant « La tragédie des biens communes non gérés ». Ainsi, bien commun n’est pas synonyme d’absence de gestion.

C’est Elinor Ostrom qui a largement contribué à mieux appréhender la bonne gouvernance des biens communs. Elle propose huit grands principes permettant la mise en œuvre d’une gouvernance efficace des biens communs :

  1. L’existence de limites clairement définies : les individus ou ménages possédant des droits de prélever des unités de ressources d’une ressource commune doivent être clairement définis, ainsi que les limites de la ressource en tant que telle
  2. La concordance entre les règles d’appropriation et de fourniture et les conditions environnementales et sociales locales : les règles qui restreignent, en termes de temps, d’espace, de technologie et/ou quantité l’appropriation des unités de ressources sont liées aux conditions locales et aux obligations en termes de main d’œuvre, de matériel et/ou d’argent ».
  3. Des dispositifs de choix collectif incluant la plupart des personnes concernées : la plupart des individus concernés par les règles opérationnelles peuvent participer à la modification des règles opérationnelles
  4. La surveillance : les surveillants qui examinent les conditions de la ressource commune et le comportement des personnes qui se les approprient rendent compte aux « appropriateurs » ou sont des « appropriateurs » eux-mêmes.
  5. Des sanctions graduelles : les « appropriateurs » qui transgressent les règles s’exposent à des sanctions graduelles (en fonction de la gravité et du contexte de l’infraction) par les autres appropriateurs et/ou agents travaillant pour le compte des appropriateurs.
  6. Des mécanismes de résolution des conflits : les appropriateurs et leurs représentants disposent d’un accès rapide à des arènes locales bon marché pour résoudre les conflits entre appropriateurs ou entre les appropriateurs et leurs représentants et agents.
  7. Une reconnaissance minimale des droits d’organisation : les droits des appropriateurs d’élaborer leurs propres institutions ne sont pas remis en cause par des autorités gouvernementales externes
  8. Des entreprises imbriquées pour les ressources communes appartenant à des systèmes plus grands : les activités d’appropriation, de fourniture et de surveillance, d’application des règles, de résolution de conflits et de gouvernance sont organisés par de multiples niveaux d’entreprises imbriquées » (publiques et privées)


Sous ces huit conditions, les institutions assurant la gouvernance des biens communs sont réputées stables selon Elinor Ostrom. Ainsi, l’auto-gouvernance peut fonctionner de manière efficace si la gestion du bien commun est laissée à celles et ceux qui sont en prise directe avec lui.


Pour aller plus loin :


Ingrédients pour faciliter le développement d'un "commun libre"

source: https://fr.wikibooks.org/wiki/Construire_des_communs/Synthese

Ce tableau liste six ingrédients à prendre en compte pour construire un commun libre, avec pour chaque ingrédient des ressources proposées. Cet outil pourra guider à la réflexion une communauté de contributeurs à un commun ainsi que ses partenaires associés de type public ou privé.

Attention, à chacun de faire sa recette et d'adapter les ingrédients ;-). Il n'est pas question ici d'imposer un cadre aux "communs"

Brique Description Enjeux Ressource/Exemple

Gouvernance

Comment est pensée la gouvernance pour permettre à tous de s'approprier le commun sans pour autant réduire l'initiative individuelle ?


Votre initiative progresse par décisions horizontales collectives. L'organisation est transparente. L'ensemble des informations du projet (économique, humaine, etc...) sont publiques. Il y a des informations en ligne sur le financement du projet et son état. Les discussions, en particulier stratégiques, se font sur des espaces "ouverts" où chacun peut participer. Il y a affichage des membres et contacts possibles, ainsi que des procédures internes. Des espaces pour remonter et prendre en compte les tensions existent, et un mode de prise de décision a été choisi. Une gouvernance bien décrite favorise la confiance, l'inclusion du plus grand nombre. Sans processus de décision clair, la prise de décision collective reste limité et est alors souvent prises par quelques personnes sans que ce soit clair. Si le processus n'a pas été défini, le projet prend le risque, du jour au lendemain, de voir des personnes à la tête de l'initiative ou de nouveaux entrants décider seuls des grands changements de direction. Utiliser une liste de discussion. Avoir une possibilité de remonter des tensions ou d'améliorer le projet avec un processus pour faire des choix (consentement, vote). Par exemple, toutes les décisions importantes sont discutées chez Wikipédia, avec des modes de décision qui varient selon les choix fait par les groupes de personnes.

Contribution

Comment le projet permet il la contribution à tous et sur le long terme ? Quels moyens pour rendre visibles les actions ?

Chacun peut contribuer au projet en nature et financièrement. Les actions à réaliser sont visibles et il est simple de venir proposer des améliorations (par exemple, un lien vers l'information sur comment contribuer, des espaces de discussion). Les outils utilisés sont faciles et accessibles à tous (github, wiki, trello, etc...). Les rôles à jouer pour faire vivre le projet sont clairs. Il peut être intéressant de voir si le collectif a attiré de nouveaux membres ou si le collectif a perdu des membres et pourquoi. Le projet affiche des indicateurs de son évaluation et les met à jour. Les contributions des participants sont protégées (licence libre, etc...) Cela favorise la contribution de tous au projet et donc un développement plus rapide de l'initiative, ainsi qu'une meilleure adaptation aux usages de chacun. Si le projet est appropriable, cela évite d'avoir des projets concurrents qui démarrent car ne pouvant pas s'impliquer dans cette initiative. Mise en place de "Sessions de contribution", Outils Trello, Github, Transifex ou translatewiki pour les langues, etc... Par exemple, Wikipedia favorise la contribution de chacun de manière très simple. Exemple : En affichant les licences utilisées dans le logiciel libre, il est facile de s'impliquer car la licence protège le contributeur.

Partage

Quels sont les "communs" proches ou similaires ? Ont il été contactés pour essayer de mutualiser avec eux ? Comment le "commun" est travaillé pour favoriser sa réplication, sa diffusion ?

Le projet diffuse ses recettes de fonctionnement pour facilement les reproduire. Il est pensé de manière "modulaire" (separation of concerns") de manière à s'appuyer lui-même sur d'autres "communs" ou produire de multiples nouveaux communs appropriables plutôt qu'un seul qui ne pourra pas être réutilisable. Il est pensé pour mutualiser avec d'autres initiatives proches dans le but d'éviter des démarches de compétition et afin de mettre les forces autour d'un même projet. C'est la capacité à unir des personnes autour d'un enjeu qui va permettre de le développer rapidement. Aussi, documenter son fonctionnement permet la réplication du projet par d'autres et facilite l'appropriation du concept par tous. Réussir à mutualiser est une des clés du développement des communs. Partager ses recettes ou "codes-sources" grâce au site http://movilab.org par exemple. Rejoindre des groupes de travail thématiques. Par exemple, Disco Soupe a mis en ligne toutes les informations pour facilement démarrer une discosoupe sur son territoire. Dès qu'une initiative démarre, un travail de veille est à réaliser pour se mettre en lien avec des personnes qui ont un projet similaire, ou rejoindre un projet déjà existant. Il y a par exemple une mutualisation très importante autour de l'encyclopédie wikipédia : Plutôt que des centaines d'encyclopédies concurrentes, le projet a réussi à fédérer un grand nombre d'acteurs. Des initiatives similaires décident parfois de se regrouper pour unir leurs forces.

Juridique

Quels choix juridique pour protéger le caractère "commun" du projet ?

Ce n'est pas la structure qui adapte le projet mais l'inverse. Elle se construit de manière itérative et chaque élément juridique a sa raison d'être par rapport à des usages des commoners. La structure juridique permet à la gouvernance horizontale de réellement se réaliser et aux logiques ouvertes de s'appliquer. Les changements de structure ne peuvent pas se faire sans l'aval de la communauté. Le capital ou la marque sont mis sous une protection juridique qui fait qu'il ne peut pas être revendu ou modifié sans l'accord de la communauté. Le projet développe du logiciel, des briques de fonctionnement ou du contenu sous licence libre. C'est un élément indispensable pour créer la confiance autour du projet et réussir la mutualisation. Les structures juridiques par défaut ont tendance à favoriser des pratiques qui ne sont pas toujours adaptées ou assez mûres au sein d'un projet (ex, avoir besoin d'un conseil d'administration, devoir nommer un président, etc...). Les repenser pour les adapter vraiment au projet permet d'éviter que le choix de structure modifie la direction en "biens communs" du projet. Cela permet aussi de favoriser la contribution sans avoir quelques individus qui profiteraient des contributions une fois que la marque prendrait de la valeur. C'est aussi un outil important pour favoriser la bienveillance et éviter des procès d'intention. Par exemple, Debian met la marque dans l'association SPI, qui n'a aucun pouvoir sur le projet. Cela fait que la marque n'est plus un enjeu et n'a plus de valeur por la communauté. En faisant cela, Debian enlève une des contraintes classique à la contribution (http://www.spi-inc.org/). Autre exemple, Couchsurfing est passé d’une association ouverte à tous à une société appartenant à quelques personnes, alors même que le projet a été développé grâce à des dons et des contributions de nombreuses personnes de la communauté.

Financement

Quelle logique de financement par les usagers et partenaries ainsi que de redistribution financière dans le commun ?

Le projet accepte les dons ou les adhésions de membres. Il a aussi mis en place une solution pour redistribuer ses financements de manière démocratique et transparente. Chaque contributeur doit pouvoir rentrer dans la gouvernance et lui aussi à son tour pouvoir bénéficier des financements du commun (pour éviter toute rente des "premiers arrivés" sur le commun). Si le projet a mis en place un "prix" pour l'accès à son usage, celui-ci a été fixé de manière démocratique, avec une possibilité pour des usagers/contributeurs de participer à la fixation des prix. Le soutien par des acteurs privés en sponsoring, en financement (investissement financier), ou privé classique (publicité, sponsoring) peut être intéressant mais représente aussi parfois des risques pour le "commun" qu'il faut identifier pour savoir les gérer au mieux. L'enjeu est d'éviter des conflits d'intérêt dans le projet, ou tout simplement des procès d'intention qui peuvent nuire au fonctionnement contributif. Par exemple, le don permet à ceux n'ayant pas le temps de contribuer financièrement au projet. La rémunération ouverte et libre permet de trouver une solution à la répartition financière d'un collectif, en évitant de le renfermer sur lui-même. Cela évite par exemple les organisations en silos que l'on retrouve parfois dans le monde associatif, où sont séparés les "salariés" du "conseil d'administration" et des "bénévoles". La plupart des logiciels libres ont aujourd'hui un module de don. Par exemple en utilisant http://gittip.com ou helloasso.com. Diverses méthodes existent pour redistribuer aux contributeurs, comme par exemple la méthode "gratipay" où chaque contributeur décide lui-même de sa rémunération de manière régulière et transparente. Des projets comme LaCoroutine décident collectivement de la fixation des prix et tout utilisateur du lieu peut participer aux décisions sur la fixation des prix. Les financements publics demandent souvent des contreparties qui orientent le projet dans une direction qui n'était pas celle souhaitée au départ. Des financements privés peuvent parfois demander à détenir une partie du projet et influer sur la gouvernance sans logique horizontale. Par exemple, Discosoupe a décidé de ne pas avoir de dons directement des grands magasins mais utilise des associations relais pour recevoir les dons en nourriture, ce qui évite le risque d'une réutilisation marketing des dons faits à Discosoupe.

Partenaires

Quelle manière le commun a t'il de nouer des partenariats avec des acteurs privés et publics ? Quelles approches utilisées ?

Réussir à coopérer avec des partenaires, des acteurs publics et privés pour qu'ils puissent soutenir le commun. Il est intéressant ici de décrire les relations qui sont nouées et quels engagements a pris le commun vis à vis de ces partenaires. Il y a par exemple un enjeu à favoriser le développement de services autour du commun (à l'image des sociétés de service en logiciel libre) tout en protégeant le caractère "commun" de l'initiative. Le service public autour d'un commun doit aussi pouvoir s'organiser pour éviter à l'acteur public de construire en dehors des communs. Nous devons décrire ici comment est rétribué le commun quand il est utilisée par les partenaires. Au vu de ces enjeux, il est question de mettre en place une méthode de développement de services autour des communs. Les partenaires commerciaux et publics ont des objectifs différents et des contraintes différentes du commun (separation of concerns). Par exemple, l'entité commerciale sais ce qu'elle va produire et a un budget pour cela, elle est contrainte, elle prend des risques aussi car elle s'engage. Son image de marque peut être mise en péril si elle n'assure pas une "commande" ou une "prestation". L'acteur public a quand à lui un rôle à jouer dans ce qui est planifiable, là où l'on est relativement sûr du résultat (une route, la fibre optique) car il est mis sous pression par les enjeux électoraux et les réglementations. Son rôle est de mettre en place un service public de qualité. Le commun semble assez différent. Il produit pour lui même, peut ne pas avoir à planifier, va souvent recevoir des dons à posteriori, en dehors de logiques de marché. C'est là qu'il y a un enjeu à bien organiser les rôles afin de permettre à plusieurs entités commerciales de faire du "commercial" et à l'acteur public de faire du service public autour des communs. Mais sans oublier de nourrir le commun. De bonnes approches partenariales permettent le développement des services autour d'un commun (formation, prestation, conseil, accompagnement...), tout en permettant au commun de ne pas se détourner de son objectif. La méthode "prestation autour de communs" peut être un outil à explorer : http://unisson.co/prestation. Des outils sont cours de construction pour présenter les liens économiques ds acteurs publics et privés utilisant les communs : http://encommuns.org/#/economique


Aller plus loin dans la compréhension

Article sur Slate du 26 mai 2015 Fabriquer des produits en open source, une révolution prometteuse
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Matériel libre (Open Hardware)


L'Open Source Hardware expliqué en 2 min


A quoi servent ces biens communs ?

  • à contrôler les externalités du marché : le système de marché a tendance à externaliser les coûts liés à ses impacts directs et indirects. L’approche des biens communs place au contraire les externalités au cœur du processus de leur gestion et de leur gouvernance
  • à éviter la monétisation à outrance des rapports humains en la limitant. Tout n’est pas monétisable, tout ne doit pas passer par le marché. Les communs affirment que la valeur est un concept infiniment plus riche que le prix.
  • à tendre vers une économie à l’équilibre
  • à travailler au bien-être commun et pas seulement au bien-être individuel
  • à reconnecter les gens à la nature et les gens entre eux.
  • à reconceptualiser le développement en repensant la production et la gouvernance dans le cadre d’une plus grande responsabilité des parties prenantes
  • faciliter et accélérer les processus de co-création (Postures)
  • supports éducatifs pour nos étudiants (connaissances)
  • base de connaissance pour nos entrepreneurs (expériences)
  • médiathèque pour nos journalistes citoyens (informations)
  • ressources pour nos territoires (solutions)
  • connaissances pour nos citoyens (cultures)


Comment faire partager vos idées au plus grand nombre


Pourquoi libre et open source ?

Écoutez cet présentation de Jean Pouly sur la radio RCF Saint-Etienne en 2013



Libre

  • utiliser
  • étudier
  • modifier
  • distribuer


Open source

  • être visible, lisible et compréhensible
  • être (ré)utilisable, modifiable, adaptable ou simplement inspirant
  • développer des marchés innovants et durables
  • être solidaire et offrir l'accès libre à la connaissance
  • libérer les idées au profit des actions
  • participer à la contagion des idées
  • contribuer à la production de données libres et ouvertes (OpenData)


Comprendre l'OpenData (les données ouvertes)


Des exemples

Agriculture

  • "AKER propose des kits open source pour l’agriculture urbaine, comme des ruches, poulaillers, boîtes à compostage, et souhaite contribuer au développement d’un grand mouvement d’Open Farming" (source: Makery.info > AKER : fabriquer votre ferme urbaine - 8 avril 2015 par Ewen Chardronnet)
  • L'Atelier Paysan (ex-"ADABio Autoconstruction"), coopérative d'innovation par l'usage et en open source autour des agroéquipements adaptés à l'agriculture biologique. Activité de production de biens communs au travers de processus de R&D participative avec des groupes d'agriculteurs engagés sur une technique agronomique innovante. Formations à l'autoconstruction d'outil agricoles libre et adaptés.
  • FarmHack, un réseau de partage de savoirs et savoir-faire d'agriculteurs autoconstructeurs américains, majoritairement installés en petite surface et en vente directe.
  • Open Source Ecology (OSE) est un réseau d’ingénieurs et de bidouilleurs dont l’objectif est la production du Global Village Construction Set (GVCS). Tel que décrit par Open Source Ecology "le GVCS est une plateforme technologique ouverte qui permet la production aisée des 50 machines industrielles nécessaires pour construire une petite civilisation avec tout le confort moderne." Des groupes à Oberlin, Ohio, Pennsylvania , New York et en Californie développent des plans et construisent des prototypes qui sont ensuite envoyés dans le Missouri. La ferme Factor e Farm est le centre principal, où les machines sont prototypées et testées. La ferme elle-même est un prototype. Les résidents cultivent leur propre nourriture, collectent l’eau de pluie et produisent leur électricité solaire.


Open Source Ecology se développe également en Europe en tant que OSE Europe.


Plus d'information, voir aussi :

Industrie



Énergie

Open Source Energy est un projet qui a pour vocation de développer des solutions de production d’énergie propre sous licences libres et de façon collaborative.

autres exemples :

  • Fairtradeelectronic.org : Le projet Fairtrade Electronic coordonne la mise en place d’un process complet, innovant et responsable, pour la fabrication de LED
  • Youandjerrycan.tumblr.com : Jerry est un serveur open-source composé de matériaux de récupération dont la particularité est qu’il tient dans un jerrycan.


Mobilité et déplacement

  • TABBY, an open source framework for vehicles" - TABBY is the first open source framework for the creation vehicles. It has been defined as the “Ikea Car” and the “Arduino for mobility”. It is a versatile platform that can be used to bootstrap businesses, to create your own vehicle, for education purposes, and much more.



Autres projets autour de la mobilité


Habitat

WikiHouse est un projet de maisons en open source...


autre exemple :

  • Openstructures.net : Openstructures est un projet qui explore la possibilité d’un modèle de construction modulaire où "everyone designs for everyone" sur la base d’une grille géométrique partagée
  • Espace Loggia se lance dans les meubles open-source par Guillaume Champeau, sur Numerama, le 07 Janvier 2014. La société française Espace Loggia, spécialisée dans la conception de meubles personnalisés destinés au gain de place dans l'aménagement intérieur, a décidé de rejoindre un mouvement naissant de meubles open-source.
  • Le site américain OpenDesk propose de partager des plans de meubles placés sous licences libres. Lire Des meubles open-source pour ne plus aller chez Ikea par Aurélia D’Hollander, sur Le Soir, le 20 août 2013.

Science et recherche

Les sciences, la recherche et l'enseignement supérieur peut contribuer à la production de biens communs en open source.

  • HackYourPhD : un bel exemple de l'accès à la science et à la connaissance comme bien commun


itw de François Taddéi



Territoires


Avec l'initiative Villes en Biens Communs, certaines villes en France commence à entrer dans une démarche de mise en biens communs de leurs actions et connaissances.

Exemples :


Rejoignez cette dynamique du 6 au 20 octobre 2013 avec des événements auto-organisés : http://villes.bienscommuns.org/


Vie quotidienne


Licences et droits d'auteurs

Les aspects juridiques de l'open source et encore plus ceux des biens communs restent au cœur des problématiques à traiter. Un certain nombre d'initiatives existantes ou émergentes peuvent vous accompagner sur ces questions.


Les modèles économiques





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